Les juges explorent les liens entre le roi des yachts et le crime organisé

Par et Geoffrey Livolsi

Le Parquet national financier enquête depuis novembre 2015 sur la faillite du groupe Rodriguez, ancien leader mondial du yachting de luxe, dont le patron est un proche du milieu corso-marseillais. La justice suspecte le port de Golfe-Juan (Alpes-Maritimes) d’avoir servi pendant des années de couverture et de lessiveuse au grand banditisme.

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Un « hold-up judiciaire ». C’est en ces termes que la justice qualifie l’opération par laquelle les dirigeants du groupe Rodriguez, ancien leader mondial du yachting de luxe, ont mis en faillite leur société du même nom pour échapper aux dettes colossales – 200 millions d’euros – accumulées auprès de leurs créanciers. Mediapart a eu accès à des dizaines de documents internes au groupe, qui attestent de l'élaboration d'une vaste opération d’escroquerie. Et mettent au jour les liens étroits qu’entretient le patron du groupe, Alexandre Rodriguez, avec plusieurs figures du grand banditisme corso-marseillais. À commencer par Michel Tomi, le “parrain des parrains”.