Réforme de l'Université: il n'y a pas que la France qui résiste

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Pensées par leurs opposants comme des projets sarkozystes, les réformes en cours à l'université et dans les organismes de recherche trouvent leur origine dans des stratégies ébauchées par l'Union européenne. Et, en Italie comme en Finlande, grèves et manifestations se succèdent. Alors que se tient jusqu'au 29 avril en Belgique un contre-sommet européen de l'université et de la recherche, voici une analyse, avec Isabelle Bruno, des effets de l'importation d'outils managériaux venus du privé.

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C'est un angle mort du conflit autour des universités: la dimension européenne du débat. Pourtant, universitaires et chercheurs italiens étaient en grève mercredi, les Finlandais ont manifesté le 13 mars, l'équivalent de la LRU a été voté au Danemark en 2003, et des réformes semblables se retrouvent en Espagne, en Allemangne, au Royaume-Uni et en Grèce. A quelques semaines des élections européennes, une mobilisation prend corps au sein de l'Union pour dénoncer la création d'un «marché de la connaissance»: un contre-sommet européen de l'université et de la recherche se tient en Belgique jusqu'au 29 avril. Comment expliquer la similarité de réformes touchant des systèmes d'éducation et de recherche encore très disparates d'un pays à l'autre? Analyse critique avec Isabelle Bruno, maître de conférences en sciences politiques à l'université de Lille 2 et auteur en 2008 de A vos marques, prêts... cherchez! (éditions du Croquant).