Coronavirus en prison: des détenus prennent la parole

Dans notre émission À l’air libre, des détenus ont fait parvenir à Mediapart des vidéos pour exprimer leur peur face au coronavirus et dénoncer leurs conditions de détention. Des débuts d’émeutes éclatent par endroits.

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La promiscuité, le manque de soins médicaux, de douches, d’activités, de promenades et de contacts avec l’extérieur sont le lot de la plupart des détenus en France. Avec 70 651 prisonniers pour 61 080 places au 1er janvier, la surpopulation est insupportable, certaines maisons d’arrêt affichant des taux d’occupation de 150 %, avec des détenus à trois par cellule et des matelas au sol. Ces derniers jours, l’épidémie galopante de coronavirus et la suppression des parloirs ont fait monter la peur et l’inquiétude.

À la maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), un détenu malade a dû être hospitalisé et est mort du coronavirus, et plusieurs cas de contamination sont signalés parmi le personnel. À la prison de la Santé, à Paris, des sources dignes de foi font état d’un gardien infecté et de trois en quatorzaine, trois détenus étant pour leur part confinés.

Neuf personnels pénitentiaires ont été testés positifs au coronavirus en France et environ 230 détenus ont été placés en confinement sanitaire, a annoncé vendredi la direction de l’administration pénitentiaire. Environ un tiers des 230 détenus ayant été placés en confinement sont incarcérés en région parisienne. « Dès que nous avons des suspicions, les personnes sont évidemment confinées : nous veillons à ce qu’il n’y ait pas d’extension du virus », a déclaré vendredi matin la garde des Sceaux Nicole Belloubet sur FranceTV Info.

Alors que des mutineries et des débuts d’émeutes ont explosé dans plusieurs établissements, des détenus ont fait parvenir à Mediapart des vidéos pour dire leur peur et leur colère face à la situation actuelle, potentiellement dramatique. Plusieurs organisations, comme le Syndicat des avocats de France (SAF), le Syndicat de la magistrature (SM) ou l’Observatoire international des prisons (OIP), expriment également leur grande inquiétude. Elles demandent qu’on incarcère moins de personnes en détention provisoire ou pour de courtes peines, et que l’on libère plus rapidement les détenus condamnés en fin de peine.

Notre document est à voir ci-dessous.

Les détenus sont-ils protégés du risque sanitaire ? © Mediapart

Mediapart invite tous les détenus qui peuvent apporter un éclairage sur la situation en prison à nous faire parvenir leurs témoignages et leurs coordonnées sur covid@mediapart.fr, ou de la manière qu’ils estimeront la plus sécurisée.

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