Pour les gens du voyage, la «trouille de la dette» rejoint celle du virus

Par Pierre-Yves Bulteau

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Quand on lui demande comment elle fait pour s'en sortir, Nelly Debart marque un léger silence, avant de lancer, bravache : « On jongle. Avant le Covid, on était des forains. Aujourd’hui, nous voilà devenus circassiens. » Installée avec le clan familial sur un terrain près d’Avignon, la quadragénaire fait tout pour détendre l’atmosphère. Pourtant, au fil de la discussion, elle raconte un quotidien de galères venant clairement de basculer dans la misère. « J’ai fait les simulations d’aides aux autoentrepreneurs. Si je touche 30 à 50 euros sur mai, ce sera bien le maximum, témoigne la commerçante, qui n’a plus « rien fait entrer en caisse depuis les marchés de Noël » et doit s’occuper de parents « cochant toutes les cases » des facteurs de comorbidité liés au coronavirus.