Adlène Hicheur: «Il faut mesurer la violence de l'arbitraire»

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En détention provisoire depuis sa mise en examen pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» le 12 octobre 2009, Adlène Hicheur, 34 ans, a répondu à nos questions. L'ancien physicien du Cern, spécialisé dans la physique des particules, dénonce une «vaste opération irrationnelle et disproportionnée de communication».
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En détention provisoire depuis sa mise en examen pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», le 12 octobre 2009, Adlène Hicheur, 34 ans, a accepté de répondre à quelques questions (lire le rappel de cette affaire en cliquant ici). L'ancien physicien du Cern, spécialisé dans la physique des particules et promis à un bel avenir scientifique, dénonce une «vaste opération irrationnelle et disproportionnée de communication». Il est soupçonné, sur la base d'échanges privés sur Internet avec un internaute, présenté par l'antiterrorisme comme un cadre d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), d'avoir projeté un attentat contre le 27e bataillon de chasseurs alpins d'Annecy.

Comment se passe votre détention à Fresnes ?

Adlène Hicheur. Je ne souhaite pas parler de ma santé et de ma détention, mais je vous laisse imaginer le sinistre physique et psychologique occasionné.

Comment réagit votre famille ?

Ma famille se sent prise en otage, tout comme moi. Le dégoût et l'écœurement prévalent chez tous.

Pouvez-vous raconter les circonstances de votre arrestation le 8 octobre 2009 et votre garde à vue ?

Il s'agissait d'une vaste opération irrationnelle et disproportionnée de communication qui a bafoué tous les droits et principes.

Il vous est principalement reproché d'avoir échangé sur Internet avec un interlocuteur algérien, qui appartiendrait à AQMI. Connaissiez-vous l'identité de ce correspondant ?

Comme tout le monde, je ne connais pas l'identité des internautes que l'on peut croiser sur Internet, que ce soit sur les forums ou ailleurs. Par ailleurs, c'est le cadre de l'interaction entre internautes qui détermine les sujets de discussion.

A aucun moment, vous n'avez fait le lien entre votre interlocuteur et AQMI ?

Je n'avais aucune certitude à ce sujet, seulement des rapprochements de points de vue sur certains sujets.

A-t-il depuis été formellement identifié ?

Non.

Il y a pourtant eu une commission rogatoire lancée en Algérie ?

Oui, après 13 mois d'instruction !

Combien de temps ont duré ces échanges et sur quoi portaient-ils?

Sur quelques mois. Ce sont des échanges au gré du surf qui ont porté sur les conflits en cours dans le monde musulman et sur toutes les problématiques connexes.

Qu'attendait cet interlocuteur de vous et comment avez-vous réagi ?

Il s'agissait plus d'une exposition de points de vue que d'une attente sérieuse. Peut-être avec quelques débordements, comme ceux qui peuvent se produire dans des échanges volatils et virtuels mais ça n'est jamais allé plus loin que cela.

Vous évoquez pourtant à un moment des cibles à frapper ?

Présenter les choses comme cela résulte d'une interprétation malhonnête.

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