Ces collectivités locales piégées par les emprunts toxiques

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Des centaines de communes, hôpitaux, conseils généraux, ont troqué leurs emprunts à taux fixe contre des produits financiers hautement spéculatifs sans flairer le risque. Aujourd'hui, certains taux d'intérêt avoisinent les 30%, alors que l'encours des emprunts toxiques est estimé à 12 milliards d'euros. La faillite guette les collectivités locales. Une commission d'enquête parlementaire s'ouvre aujourd'hui.

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A Unieux, petite commune de 8600 habitants dans la Loire, on respire un peu depuis l'intervention de la banque nationale suisse. Il y a deux semaines, craignant pour ses exportations, la banque helvétique a fixé un plancher pour sa monnaie (1,20 franc pour un euro), devenue avec la crise une véritable valeur refuge. En quoi les agissements de la banque suisse concernent la petite commune française d'Unieux ? Sa dette est truffée d'emprunts structurés, des « emprunts toxiques », dont le taux d'intérêt varie en fonction du taux de change euro/franc suisse. Et quand le franc suisse flambe, sa dette aussi. Alors Christophe Faverjon, le maire PCF, suit en temps réel les soubresauts des marchés. «J'ai installé des icônes sur mon ordinateur mais on est impuissant par rapport au mécanisme des marchés.»