La bataille autour du gaz de schiste reprend dans le bassin d’Alès

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Officiellement, la porte est fermée aux gaz de schiste. En réalité, des permis de forage initialement demandés pour rechercher des hydrocarbures non conventionnels (gaz et huile de schiste, gaz de houille, schismes bitumineux) sont toujours valides. Dans le bassin d’Alès, des recherches sont sur le point de débuter, malgré l'opposition des maires.

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Officiellement, depuis le discours de François Hollande en ouverture de la Conférence environnementale, c’est clair comme de l’eau de roche : la porte est fermée aux gaz de schiste en France. Le chef de l’Etat demande le rejet de sept demandes de permis et ajoute : « s'agissant de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels, telle sera ma position durant le quinquennat. » En réalité, sur le terrain apparaissent des signaux contradictoires avec la doctrine présidentielle. Au point qu’on ne peut dire aujourd'hui que la recherche de ces énergies fossiles est a priori interdite. Concrètement, dans un pays où gaz et pétroles sont difficiles d'accès, la frontière entre fossiles conventionnels et non conventionnels s'estompe, au point de parfois devenir invisible. C'est ce que révèle la série de documents techniques que Mediapart a pu se procurer.

Le 18 septembre, quatre jours après l’allocution du président de la République, la préfecture du Gard convoque neuf maires du département. Objet de la réunion : l’ouverture de travaux de recherche de pétrole par la société suisse MouvOil, détentrice depuis 2010 du permis exclusif de recherches du « bassin d’Alès » (voir ici), à cheval sur le Gard et l’Ardèche. Le pétrolier souhaite débuter en octobre une campagne de recherche « sismique » afin de sonder par ondes accoustiques la nature du sous-sol, avant de lancer son premier forage d’exploration. Mais il a besoin de l’autorisation des communes pour envoyer ses camions vibreurs.