UIMM : l'ancien patron des patrons mis en cause

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Un salaire occulte et... une villa

 

L'enquête a établi qu'environ 3 millions d'euros avaient été utilisés comme compléments de salaire pour des collaborateurs de DGS, valant à quatre d'entre eux des poursuites pour «recel d'abus de confiance». Par ailleurs, 2,3 millions d'euros ont été retrouvés dans des coffres de l'UIMM lors d'une perquisition.

 

Le 6 octobre dernier, alors que l'affaire dite de l'UIMM commençait à faire grand bruit, François Ceyrac s'était fendu d'un courrier de soutien à l'adresse de DGS, reproduit à l'époque par Le Monde. Rétrospectivement, le ton et la nature des propos de M. Ceyrac ne manquent pas de saveur. «Je voudrais vous témoigner de ma sympathie et de ma solidarité dans ces pénibles circonstances. Je suis bien placé pour savoir que les actions que l'on vous reproche, consistant à donner des aides en espèces à divers partenaires dans la vie sociale, sont dans la continuité historique de l'UIMM dans sa mission de recherche du dialogue social», écrivait M. Ceyrac. Qui concluait : «Vous êtes dans le droit-fil de l'UIMM et je suis fier de vous.»

 

Ce n'est pas la première fois que le nom de M. Ceyrac, qui vient d'être officiellement écarté des instances de l'UIMM où il continuait à siéger soixante-deux ans après son entrée, est cité en marge de l'affaire. Le 10 avril dernier, Le Parisien a notamment raconté comment cette ancienne figure du patronat français est logée gracieusement depuis... 1959 au Vésinet (Yvelines) dans une somptueuse villa avec parc, propriété de l'organisme patronal.

 

M. Ceyrac n'a pas donné suite aux sollicitations de Mediapart. Quant à l'UIMM, elle n'a souhaité faire «aucun commentaire» sur les différentes largesses octroyées à son ancien président.

Pas de mobilisation sans confiance
Pas de confiance sans vérité
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L'affaire de l'UIMM est de celles qui sont très difficiles à appréhender sur un plan journalistique. Depuis la révélation à l'automne dernier de retraits en espèces à hauteur de 19 millions des caisses du syndicat patronal, les informations filtrent au compte-gouttes. Une certaine loi du silence semble entourer ce dossier concernant les destinataires des fonds occultes. Syndicats ? Hommes politiques ? Tout est suggéré. Mais rien n'est vraiment démontré. Ce n'est que pas à pas que ce type d'enquête avance.

 

Dommage que, pour cet article, François Ceyrac, contacté le 21 avril en début d'après-midi par le biais de l'UIMM, n'ait pas donné suite à notre demande d'entretien. De même que Jean-Yves Le Borgne, l'avocat de DGS, que nous tentons de joindre depuis plusieurs semaines. En vain.