Philippe Vardon, l'embarrassant aiguillon du FN en Paca

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Alors que Jean-Marie Le Pen réfléchit à une candidature dissidente aux régionales en Paca, Marion Maréchal-Le Pen devrait officialiser dans les prochains jours l'arrivée sur sa liste du cofondateur du Bloc identitaire Philippe Vardon. Si ses voix peuvent être un atout important pour la députée, son passé sulfureux et sa ligne radicale risquent de nuire à la stratégie de « dédiabolisation » de Marine Le Pen.

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Les identitaires font un pas de plus au Front national. Après l’arrivée de cadres dans les cabinets de villes FN, puis l’investiture de militants sur les listes frontistes aux municipales et départementales, c’est au tour du cofondateur du Bloc identitaire, groupuscule d'extrême droite régionaliste, de rejoindre la campagne de Marion Maréchal-Le Pen en Paca. L'ancien dirigeant de la branche niçoise, Philippe Vardon, devrait figurer à la cinquième place de la liste FN dans les Alpes-Maritimes. « Il fera partie du dispositif, Marion (Maréchal-Le Pen) l'officialisera dans quelques jours », indique à Mediapart l'entourage de la députée, alors que Jean-Marie Le Pen réfléchit lui à une candidature dissidente contre sa petite-fille.

L'influence croissante des identitaires au FN

Pour le Front national, ils sont une force d'appui non négligeable. « Les cadres du Bloc identitaire apportent leur savoir-faire en termes de communication et servent d’aiguillon sur un certain nombre d’idées, explique le politologue Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques (ORAP) de la Fondation Jean-Jaurès. Ils ont envie de faire de la politique institutionnelle et se sont éloignés de certains fondamentaux de la jeunesse comme l’antisémitisme. Ils étaient déjà collaborateurs d'élus dans les mairies, les voilà désormais élus eux-mêmes, l’intégration est faite. On va vers quelque chose qui est proche d’un accord. »

Que le Bloc identitaire « cherche à influencer la ligne du FN n’est pas nouveau, rappelle l'historien des droites radicales Stéphane François, maître de conférences à l'université de Valenciennes et chercheur associé au CNRS. Aux dernières municipales, Fabrice Robert [président du Bloc – ndlr] s’était félicité de l’élection d’un certain nombre de militants identitaires sur les listes Rassemblement Bleu Marine ». Mais « avec l’accrochage avec Jean-Marie Le Pen et les critiques visant Florian Philippot, les lignes vont bouger et les identitaires sont à l’affût ».

Au Front national, la ligne reste pourtant ambiguë face aux identitaires. En 2012, Marine Le Pen s'est prononcée contre toute alliance avec le Bloc en raison de sa ligne « européiste » et « régionaliste » qui « contest(e) le rôle fondamental de la Nation ». Mais dans le même temps, la présidente du FN n'a pas barré la route aux ralliements de piliers identitaires (lire ici et ). Et dans son entourage, d'anciens mégrétistes – comme le secrétaire général Nicolas Bay ou le vice-président Steeve Briois –, ont maintenu des contacts informels, bien conscients du vivier de cadres chez les identitaires.

Philippe Vardon. © dr Philippe Vardon. © dr

L'équation est plus compliquée pour Philippe Vardon. Malgré son soutien à Marine Le Pen en 2012, et sa présence à plusieurs événements frontistes, le fondateur de Nissa Rebela s'est vu refuser son adhésion au Rassemblement Bleu Marine par la présidente du FN en 2013. « Ce refus tient au fait qu'il avait chahuté Jean-Marie Le Pen lors d’un débat, aux régionales de 2010, mais aussi au positionnement régionaliste des identitaires », analyse Jean-Yves Camus.

Depuis, « il restait un verrou », selon le politologue : « les craintes par rapport à la jeunesse tapageuse de certains passés par Unité radicale », ce groupuscule d’extrême droite dissout en 2002 après la tentative d’assassinat de Jacques Chirac par l’un de ses membres, Maxime Brunerie. Mais début juillet, Marion Maréchal-Le Pen a annoncé sur BFMTV qu’il n'était « pas exclu » qu'il « participe à [sa] campagne ». L'identitaire niçois aurait « beaucoup évolué », assure la députée du Vaucluse, il « représente un poids électoral important » et est « très apprécié des Niçois ».

Philippe Vardon protestant contre un projet de grande mosquée à Nice, en novembre 2009 © Vidéo Nissa Rebela Philippe Vardon protestant contre un projet de grande mosquée à Nice, en novembre 2009 © Vidéo Nissa Rebela
Après avoir affronté le FN pendant des années, Vardon a mis sur la table ses atouts : « une bonne connaissance du tissu local, une certaine notoriété, des gens qui me suivent, une existence sociale dans la ville à travers les associations, des compétences », détaille-t-il à Mediapart (lire notre boîte noire). Mais aussi ses « 5 000 voix recueillies aux dernières municipales » (4,43 %). « Et notre sphère de sympathie est plus large que ces 5 000 électeurs, assure-t-il. La vision qu’on a de moi à Paris est peut-être différente de celle que l’on a de moi ici ». Dans l'équipe de Marion Maréchal-Le Pen, on explique qu'« il apporte une culture militante et de l'agit-prop qui ont disparu au FN, où la moyenne d'âge est plus élevée » et surtout qu'« il embête Estrosi ».

S'il s'avère être un atout électoral pour la campagne de la députée, qui tente d'engranger un maximum de soutiens en Paca, son passé sulfureux et sa défense d'une ligne plus radicale que le FN peuvent « nuire à la stratégie de respectabilité de Marine Le Pen », estime Stéphane François.

Pour l'historien, le cas Vardon renvoie le Front national à ses actuels débats internes, « et au conflit générationnel entre Marine Le Pen et sa nièce ». « C’est encore une façon pour Marion Maréchal-Le Pen de contester l'autorité de sa tante. Elle est beaucoup plus radicale, et l’influence de son attaché parlementaire, un ancien du GRECE [Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne – ndlr], n’est pas négligeable. Beaucoup d’anciens grécistes sont aujourd’hui au Bloc identitaire. »

Le parcours radical de Philippe Vardon

C’est un point sur lequel leur adversaire, Christian Estrosi, aime appuyer. À bientôt 35 ans, Philippe Vardon a derrière lui un parcours de militant aguerri mais aussi une « réputation sulfureuse », qu'il tente de faire oublier. Lorsqu'il évoque ses débuts, il parle pudiquement de ses années chez les « rebelles blancs » et de l'histoire d'un « petit Blanc de cité "sensible" » à Nice. «  Ma mère a galéré socialement, elle avait trois boulots en même temps et faisait la queue aux Restos du cœur pour qu’on vive. À 14 ans j’ai fait le choix dans ma cité de me révolter, probablement avec des maladresses ou une dose de provocation que je regrette bien sûr, mais cela appartient à un contexte. »

 © Reflexes © Reflexes
Les « maladresses », ce sont ses années nationalistes-révolutionnaires et, à partir de 1999, au sein d'un groupe de rock identitaire : Fraction, héritier des radicaux de Fraction Hexagone – dont la chanson « Une balle » (« Une balle pour les sionistes, une balle pour les cosmopolites, une balle pour les yankees ») avait suscité un tollé.

En 1998, Vardon apparaît dans un documentaire d'Arte, micro au poing, sur la scène d'un concert privé, entouré des crânes rasés de Fraction Hexagone. Il n'aime pas que l'on ressorte cette vidéo – disponible sur Internet et exhumée par Le Point –, loin de l'image de « père de famille, chef d’entreprise, responsable politique » assagi qu'il tente d'imprimer.

« C’est une vidéo où je n’ai personnellement rien à me reprocher. J'avais seize ans, je connais les musiciens sur scène (Fraction Hexagone), ils me font monter, je chante le refrain de la chanson “Europe jeunesse révolution”. Ça ne vous est jamais arrivé de vous retrouver avec des abrutis à une soirée ? J'étais mineur et Arte n’avait pas d’autorisation de filmer », justifie-t-il aujourd'hui.

Localement, il cumule rapidement les responsabilités : à l’Union des étudiants nationalistes – l’avatar du GUD à Nice –, chez les jeunes mégretistes, et à Unité radicale. S’il dément aujourd’hui avoir eu une « responsabilité directe » dans ce groupuscule, il est pourtant présenté comme membre du bureau politique dans un livre collectif consacré aux « nouveaux nationalistes », dans lequel il raconte son rôle au sein du mouvement « depuis sa création ».

Après la dissolution d'Unité radicale, Vardon rebondit en créant, avec son comparse Fabrice Robert, le Bloc identitaire et les Jeunesses identitaires (JI), présentées comme un mouvement « radical, populaire et révolutionnaire », défendant « une société basée sur l'identité européenne ». Pour se prémunir d’une éventuelle dissolution, les JI basculent sur des groupes locaux indépendants. Vardon et les JI seront cependant condamnés en 2007 pour « reconstitution de ligue dissoute » et pour « discrimination » après la campagne d'affichage « ni voilée ni violée ! ».

À Nice, il devient une figure incontournable. Il ouvre une boutique de vêtements, « The Firm Casual Shop » – qui lui permet de se présenter comme commerçant –, un lieu de conférences. Sur le plan national, le Bloc identitaire rompt en 2009 avec l’antisémitisme et l’antisionisme, et se constitue en parti politique à part entière. « Le Bloc fait vivre les cadres politiques et noue des contacts avec la droite parlementaire dure, comme la Ligue du Sud de Jacques Bompard. Mais la vraie dynamique d’agit-prop se fait par les groupes de jeunesse, auxquels Vardon donne le “la”. C’est un vrai chef de bande », raconte un fin connaisseur de la mouvance identitaire.

Costaud, partisan de l'autodéfense, et au cœur de plusieurs accrochages – comme en 2011 face à un responsable du FNJ –, Vardon a une réputation de « brute », à laquelle il préfère opposer ses diplômes : des études de droit, un DESS de sciences politiques, et plusieurs livres publiés.

© P_Vardon

Dès le début des années 2000, l'identitaire niçois annonce son ambition de « sortir de la logique groupusculaire ». Après l'ascension du Bloc et ses opérations médiatiques – les apéros saucisson-pinard, les soupes au cochon, l'occupation du toit de la mosquée de Poitiers, les « tournées antiracailles » dans le métro –, Vardon constate que le mouvement n’a pas réussi à passer à l’étape supérieure. « Il se voit un avenir de cadre au FN et constate que pour avancer, il faut abandonner certaines idées – comme l’antisémitisme en 2009 – ou les présenter sous une autre forme », explique ce connaisseur du milieu, qui y voit « plus une adaptation idéologique qu'une véritable évolution ».

Philippe Vardon avec des identitaires bretons, en novembre 2014. © dr Philippe Vardon avec des identitaires bretons, en novembre 2014. © dr

L'intéressé jure pourtant avoir « évolué » : « On n’est pas le même homme à 15 ans, à 25 ans et à 35 ans. Je demande à être jugé sur ce que je suis devenu. » « La vraie évolution, raconte-t-il, c'est la rupture avec une dimension de folklore et de nostalgie qu’on retrouve dans les colonnes de Rivarol [hebdomadaire antisémite et pétainiste – ndlr]. Certains entretiennent la mythologie du dernier carré, enfermés dans le folklore stérile, les nostalgies rances. Les identitaires ont choisi de s'ancrer dans les combats actuels et futurs. »

« Il cherche à se caser, il a clairement évolué, constate l'historien Stéphane François. Il a abandonné la violence et, en privé, il fait le constat que le militantisme violent ne mène à rien. » Pour se rapprocher du Front national, Philippe Vardon a dû se construire une image plus respectable, mettre sous le tapis ses divergences avec les « nationaux-républicains » incarnés par le numéro deux, Florian Philippot, et donner des gages. Il a abandonné toute fonction officielle chez les identitaires, même s'il conserve une influence majeure, et a défendu une ligne « complémentaires et non concurrents » vis-à-vis du FN.

Des divergences avec la ligne officielle du FN

Mais sur le plan des idées, plusieurs points le séparent encore du Front national. Alors que le FN est un parti nationaliste, jacobin, souverainiste, les identitaires défendent « une France des régions » et « une Europe des peuples et des identités ». Marion Maréchal-Le Pen minore l'argument en expliquant que sa nouvelle recrue n’est « pas régionaliste » mais simplement « très attaché à sa région ». Certes, Vardon n'a jamais été séparatiste.

Mais « on constate un glissement sémantique quand il dit qu’il n’est pas “régionaliste” mais “enraciné”, relève Stéphane François. Son régionalisme se cantonne au folklorique, son antijacobinisme tend à disparaître. Il a évolué par rapport à la ligne dure identitaire, celle de Terre et Peuple par exemple
 ». L'intéressé reconnaît « une évolution personnelle » sur la construction européenne : « J'ai pensé que l'on pourrait réorienter l'Union européenne, je crois aujourd'hui qu'elle est devenue l'ennemi de la vraie Europe, entendue comme civilisation. »

Affiches du mouvement Nissa Rebela. Affiches du mouvement Nissa Rebela.
Autre point de divergence avec la ligne officielle du FN : la question de l'islam. Si frontistes et identitaires combattent « l'islamisation » de la France, le Bloc considère l'islam comme incompatible avec la « civilisation européenne », tandis que Marine Le Pen prône l’« assimilation » des musulmans. Une ligne que Vardon juge « impossible » étant donné « les proportions actuelles » d'immigrés. « Quelqu’un peut-il réellement s’imaginer que nous allons "assimiler" la dizaine de millions de musulmans, de plus en plus revendicatifs et radicaux, aujourd’hui présents sur notre sol ? », estimait-il en août dans un entretien au site national-catholique le Rouge et le Noir.

Il affirme ne pas dire autre chose que Marine Le Pen à l'université d'été du FN, à Nice, en 2011. Ce jour-là, la présidente du FN avait livré un discours axé sur les « valeurs de civilisation » et l'« identité » françaises et estimé que l'« arrivée massive » de populations à la « culture très différente de la nôtre » rendait « toute assimilation inopérante, voire impossible ». Elle avait surtout proposé de « favoriser l'inversion des flux » migratoires.

Depuis, Marine Le Pen a montré qu'elle goûtait peu à la théorie du « choc des civilisations » chère aux identitaires. En janvier, elle a démis de ses fonctions son conseiller international, Aymeric Chauprade, après sa vidéo expliquant que la « la France est en guerre avec des musulmans »« L'islam fait planer sur la France une menace très grave », y expliquait le “géopoliticien”, parlant d'« une 5e colonne puissante (qui) vit chez nous. »

Les divergences sont plus nettes encore s'agissant du « Grand Remplacement » – la supposée substitution des Français « de souche » par « des immigrés extra-européens » –, et de la « remigration » – le retour dans leurs pays d’origine des immigrés –, deux concepts portés par les identitaires, mais qui vont au-delà de la ligne officielle du Front national. Jusqu'à présent, Marine Le Pen a repoussé cette théorie, qu'elle qualifie de « complotiste ». Ces idées sont pourtant défendues haut et fort par Philippe Vardon, qui a assisté aux « assises de la remigration » en novembre, et participé à l’élaboration des « 26 mesures » du Bloc pour la « remigration ».

Vardon n'y voit aucune contradiction, pour lui il ne s'agirait que d'une affaire de sémantique et « sur le constat, les patriotes sont d'accord »« Je m’attache à ce qui rassemble. L'urgence immédiate c'est l'arrêt de l'immigration », affirme-t-il. Pourtant, dans le Rouge et le Noir, il expliquait clairement qu'il « ne s’agi(ssait) pas uniquement de stopper l’immigration, mais bien de mettre en place politiquement les conditions d’un grand retour ». Cette thèse de « remigration » doit « se propager » grâce au « combat idéologique et culturel » d'« avant-garde » des identitaires, expliquait-il.

Rien d'étonnant à ce qu'il se félicite aujourd'hui que « le FN propose la déchéance de la nationalité pour les binationaux impliqués dans une entreprise islamiste », une mesure proposée par les identitaires. Il peut aussi se réjouir de voir Marion Maréchal-Le Pen reprendre à son compte la théorie du « Grand Remplacement ». Lors de son lancement de campagne, début juillet, la députée a dénoncé un « basculement démographique inédit », « le remplacement continu d’une population par une autre, qui importe avec elle sa culture, ses valeurs et sa religion ». Et elle a amorcé une campagne radicale contre une « Paca black-blanc-beur », une « Riviera » transformée « en Favela », la « repentance anti-française » et vanté la Provence « terre d’identités et de résistance, résistance des princes provençaux face à l’invasion sarrazine ».

« Marion a toujours eu cette fibre, elle ne s'en est jamais cachée, son discours est clair. Au Pontet, elle l'a dit explicitement. Les thèmes de l'identité sont très porteurs dans le Sud. Sociologiquement, le remplacement de la population traditionnelle est une réalité ici », explique un membre de son équipe de campagne, qui précise qu'elle « ne défend pas le thème de la remigration ».

Philippe Vardon et le mouvemetn qu'il a fondé, Nissa Rebela. © dr Philippe Vardon et le mouvemetn qu'il a fondé, Nissa Rebela. © dr
Philippe Vardon envisage son avenir au cœur du dispositif frontiste en Paca, tout en parlant prudemment de « convergences » plutôt que d'« influences » des identitaires. « On est dans une ville où il y a un espace de porosité évidente, où il n’est pas incroyable qu’un gaulliste puisse parler à un identitaire », dit-il en faisant référence à son nouveau colistier Olivier Bettati, un ancien adjoint d'Estrosi qui, l'année dernière encore, jugeait que les identitaires seraient « une catastrophe majeure » pour Nice.

Prendre sa carte au FN ? « Pourquoi pas », répond-il. Cette arrivée ne va pas sans heurts. Chez les identitaires, certains cadres déplorent que la branche niçoise n'organise plus de « manifestations de terrain », qu'elle se confonde désormais avec le Front national et « se range comme un seul homme » derrière Olivier Bettati, qui « fut le bras droit de l'immigrationniste Copé ». Au FN, Philippot et les « nationaux républicains » ne voient pas d'un bon œil l'entrisme des identitaires et leur « conception racialiste ». « Notre objectif, ce n'est pas de mettre 100 jeunes sur le toit d'une mosquée, mais d'arriver au pouvoir », rétorque un proche de Marion Maréchal-Le Pen.

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Philippe Vardon nous a accordé un entretien d'une heure et quart par téléphone. Il a souhaité relire et amender ses propos, étant donné « la période sensible » de son arrivée dans la campagne frontiste.