Notre-Dame-des-Landes: les gendarmes interviennent, de nouvelles failles sont pointées

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Cinq cents gendarmes tentent d'évacuer la zone occupée par les opposants, ce vendredi matin. L'opération survient alors que plusieurs organismes de protection de la nature pointent de nouvelles failles juridiques dans le projet d'aéroport. Leurs études, que nous publions, révèlent de nouvelles faiblesses du dossier et son impact très important sur l'environnement.

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Les forces de l'ordre ont lancé une vaste opération d'évacuation sur le site du projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes, vendredi 23 novembre. Peu avant 7 heures, près de 500 gendarmes ont pénétré sur la ZAD, zone d'aménagement différé renommée zone à défendre par les opposants au projet qui occupent les lieux. Toutes les routes menant à cette ZAD ont été bloquées pour empêcher d'autres opposants de se joindre aux occupants des terrains. Selon les militants installés sur place, les gendarmes leur ont donné une demi-heure pour quitter les lieux. En milieu de matinée, l'opération se poursuivait.

Ce matin à Notre-Dame-des-Landes © Reuters Ce matin à Notre-Dame-des-Landes © Reuters

Cette opération survient alors que de nouveaux éléments sont rendus publics sur la fragilité juridique du projet d'aéroport. Confirmé pendant le Grenelle de l’environnement, cet aéroport est-il écologique ? C’est bien sûr ce qu'affirme Aéroport du grand ouest (AGO), la filiale de Vinci chargée de le construire et de l’exploiter. Bâtiments à basse consommation et à énergie positive, infrastructures de haute qualité environnementale, plan de gestion agri-environnemental… La liste est longue de ses “qualités vertes”, selon son promoteur (voir ici sa vidéo promotionnelle).

Par ailleurs, en octobre, la commission d’enquête sur le respect de la loi sur l’eau avait émis un avis favorable à la demande d’autorisation de réaliser les travaux, considérant que la méthode de compensation choisie « paraît justifiée » (voir ici tous ses rapports).

Manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, 17/11/12 (JL) Manifestation contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, 17/11/12 (JL)

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Retrouver ici notre dossier complet sur l'aéroport Notre-Dame-des-Landes

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Mais au sein des organismes chargés par l’État de veiller à la protection de la nature, les opinions sont partagées, voire réservées, quand elles ne sont pas franchement critiques. Mediapart s’est procuré une série d’avis d’experts institutionnels qui rompent avec l’unanimisme affiché par la majorité socialiste, nationale comme locale.

Le comité permanent du conseil national de la protection de la nature (CNPN), un organisme rattaché au ministère de l’écologie et chargé de préserver la diversité de la flore ainsi que de la faune sauvage, s’est déchiré en juillet dernier au sujet de Notre-Dame-des-Landes. Saisi des demandes de dérogation à la protection stricte des espèces, déposées par les maîtres d’ouvrage de l’aérogare (AGO) et de sa desserte routière (Dréal, l’échelon régional du ministère), il émet un avis favorable d’une très courte majorité : sept voix pour, cinq voix contre et deux abstentions, comme l’indique le compte-rendu de la séance du 5 juillet 2012 que nous publions ci-dessous.

Avis du conseil national de la protection de la nature, 5 juillet 2012.

Surtout, il assortit son approbation du respect de dix demandes, qu’il souhaite voir figurer dans les arrêtés que la préfecture de Loire-Atlantique s’apprête, selon nos informations, à publier dans les prochains jours. Ces conditions devront être respectées « avec une grande rigueur », exige le conseil.

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