Usul. La lutte des classes, parce que c'est notre projet

Par Usul et Rémi Liechti
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Tous les commentaires

le capitalisme,

c'est la captation des richesses universelles par un nombre toujours plus restreint de sujets par la fabrique du consentement, la coercition législative destinée à "névroser" les masses, la force policière, militaire, la guerre, le génocide

l'oppression des plus pauvres, considérés comme les menaces les plus potentielles et afin de creuser les inégalités, marqueurs par excellence de la réussite capitaliste

l'exacerbation des concurrences sociales entre milieux modestes/pauvres, appelés à s'auto-contraindre, s'auto-inhiber, s'auto-annihiler

l'atonie relative des masses populaires qui ont pour excuse d'être acculées à une violence sévère qu'elles n'ont pas désirée

 

Usul, toujours aussi fin analyste comme à l'époque de JVcom !

Il manque clairement la notion de patrimoine !

Sauf au moment où il est dit que le riche est héritier de son père qui avait des manufactures. Mais seulement à ce moment. En effet, c'est avant tout de l'héritage que s'originent les différences sociales. Le "mérite" vient bien après: le riche héritier devient au pire directeur de l'EPAD, au mieux président des Etats Unis. L'enfant pauvre devient au mieux prof des écoles, au pire SDF.

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

Ben non, c'est dit plusieurs fois. Comme dit Puramole, quand il est dit que le perso est aussi héritier, et AUSSI quand il est dit que les plus riches naissent déjà riches. Non, c'est dit et bien dit (faut écouter, aussi). Et je trouve que la violence actuelle est très, très bien mise en lumière, surtout en soulignant qu'on n'a plus ni la solidarité et résilience de l'ancienne classe ouvrière (qu'on s'est bien appliqué à démolir) ni la charité chrétienne (!) qui pouvait parfois en limiter les effets. Non, là, on est dans la violence brute.

Cest exactement ce que je me suis dit.... Les classes sociales ne doivent pas se faire entre salariés mais entre travailleurs et rentiers. 

Il manque pour moi aussi la notion de dispersion dans cet exemple des petits tas et decile de revenus. En effet, une personne qui gagne 3500€ et une personne qui gagne 2000€ par mois ont un niveau de vie tres similaire, et rejoignent la meme classe de par leurs intérêts. Et pourtant vous allez classer la première mathematiquement dans le 80e decile et traiter cela avec " les 20 %  les plus riches"( donc avec les revenus mensuels de 20 000 et les multimilliardaires). Cela ne me parait pas pertinent quant à l'analyse fine des forces en jeux....  Il manque pour moi l'analyse de la distribution statistique qui est loin d'être gaussienne.

Il serait peut plus Interessant de parler en Deviation Standard ou en MoM pour révéler ce qui se cache derriere.

 

Je laisse les statisticiens me corriger ou nous apporter d'autres outils.

 

Pas très convaincue par le test de l'enfant : on flirte sur le cliché du pauvre sale... C'est un cliché d'enfant mendiant qui est représenté, vraiment très loin de la réalité d'un enfant de classe sociale défavorisée.

Non, le cliché de l'enfant mendiant est projeté par celui qui regarde. La gosse ne mendie pas, elle est juste debout sur le trottoir ; tout le reste est fabriqué par les peurs du passant.

vous avez raison, mais la petite fille version "pauvre" ressemble plus à l'image d'un pauvre tout droit tiré d'un roman de Zola, ça aurait pu aussi fonctionner sans forcer autant le trait.

Forcer le trait permet de le rendre plus identifiable. L'enfant représente un personnage, au même titre qu'un personnage de film/série/livre... dont les clichés ou les exagérations lui permettre d'être facilement identifié, ou codifié.

Pas très convaincue par le test de l'enfant : on flirte sur le cliché du pauvre sale... C'est un cliché d'enfant mendiant qui est représenté, vraiment très loin de la réalité d'un enfant de classe sociale défavorisée.

La vidéo est cool, même si évidemment, le patrimoine et tout devraient être mentionnés, mais c'est des questions de temps je suppose.

Par contre, êtes-vous sûrs qu'il n'y a pas d'erreur sur vos calculs de déciles (et si oui, quelle est la source?), les chiffres me paraissent assez hauts  :

  • je crois me souvenir que le 9e décile indique en fait la dernière tranche, et non pas l'avant-dernière, comme vous l'indiquez avec une petite flèche sur la vidéo (en laissant sous-entendre que 3500€/mois sont la barre des 20% les plus riches, et non des 10%)
  • Par ailleurs, l'exemple que vous donnez à 6000 €/mois, est énorme et se rapproche des 2% les plus riches. En fait, je pense que vous manquez (à mon avis) une explication simple du fait que tout le monde se présente "dans la classe moyenne". On assimile la classe supérieure aux plus riches, qui ne représentent même pas 1% de la population, et on ne visualise pas vraiment la pente finale de la courbe des hauts revenus - et des hauts patrimoines (0,1 voire 0,01% des plus riches).

Merci encore pour la vidéo !

Pour la deuxième fois, le patrimoine est mentionné plusieurs fois !

Et les déciles, il y en a dix, obligatoirement, et avec les nouveaux milliardaires qui prolifèrent depuis la crise de 2008, 6000 € par mois, ce n'est pas si ahurissant (je précise que je suis en dessous du revenu médian).

Pour les déciles, justement : non. Il y en a 9 (ce sont les intercalaires, par les groupes). Et c'est pour ça que cette vidéo est à mon avis - de manière involontaire - fausse, ou au moins trompeuse. Cf. définition sur le site de l'INSEE :

"Si on ordonne une distribution de salaires, de revenus, de chiffre d'affaires..., les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales.

Ainsi, pour une distribution de salaires :

  • le premier décile (noté généralement D1) est le salaire au-dessous duquel se situent 10 % des salaires ;
  • le neuvième décile (noté généralement D9) est le salaire au-dessous duquel se situent 90 % des salaires.

Le premier décile est, de manière équivalente, le salaire au-dessus duquel se situent 90 % des salaires ; le neuvième décile est le salaire au-dessus duquel se situent 10 % des salaires."

Par ailleurs, le patrimoine est mentionné, mais pas chiffré.

Merci pour l'explication des déciles (sans ironie). Mais comment voudriez-vous chiffrer le patrimoine ? Il suffit de dire (surtout dans une vidéo de 13') que les riches le naissent déjà, et que le jeune cadre hypothétique qui gagne 6000 € a "hérité de son grand-père" pour indiquer un tableau où les plus "méritants" arrivent le plus souvent avec des billes en poche. Je pense que c'était le propos, pour démonter l'idée que ceux qui "réussissent" le font grâce à leur valeur personnelle et leur travail.

Très drôle: et en effet, tout le monde se sent plus ou moins appartenir à la "classe moyenne", norme fourre-tout destinée justement à prévenir le sentiment de classe réelle.

Quelqu'un l'a lu, pour nous faire un résumé  ? Moi, j'ai pas l'temps... j'ai des haricots à éplucher ! laughing

https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSSCVncqcpTFfj1ApUH6wWeuNiZrIwuXYU724OMe5siKfHPOQU-Ag

D'autant que la majorité des abonnés de Mediapart sont des Bourgeois....

Dégueulasse d'associer la photo de Hamon à celle de Gattaz......

Un peu primaire d'analyse des classes sociales du 21 siècle...;

c'est un message de Hamon qui critique Gattaz.

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  • 22/01/2018 16:41
  • Par

A 10'32'', petit souci de mise au point lors du zoom sur Morbihan.

A part ça, super épisode, comme d'habitude !

Ho là les relous!!!!!!!!!!!!!

 

Ho là les relous!!!!!!!!!!!!!

 

Merci à nouveau Usul pour cette vidéo claire (très drôle le post générique).

C'est le moment de citer Pierre Lemaître "La lutte des classes existent et c'est les plus riches qui sont en train de la gagner!" 

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  • 22/01/2018 17:57
  • Par

alors, c'est les bases, d'accord, mais il manque peut-être la dimension "capital culturel" dans l'analyse, tout résumer au capital économique dans les grandes lignes ça marche mais pas sur que ça suffise. On pense par exemple à une certaine "classe" plutôt précaire économiquement mais avec  des codes sociaux qui ne sont pas ceux des prolétaires, l'intégration dans des réseaux auxquelles n'ont pas accès ces derniers ("élite" culturelle ou intellectuelle par exemple), et qui leur permet concrètement d'en tirer certains avantages matériels et symboliques, et de vivre dans une précarité moindre que quelqu'un a revenu égal qui n'aurait pas accès à ces réseaux. Concrètement, on ne peut pas vraiment dire aujourd'hui que Usul fasse partie du "prolétariat", même si il en vient, même si il n'as pas des gros revenus; parce qu'il tire (au moins) symboliquement des bénéfices de son statut, plus proche d'un journaliste de mediapart qu'un travailleur précaire dans un entrepôt d'amazon, ce que certains appellent la petite bourgeoisie intellectuelle. (je précise que ce n'est pas un jugement de valeur) Cette "classe" un peu transfuge pour faire simple peut choisir de se ranger soit derrière les grands possédants, soit derrière le prolétariat; ce qui n’empêchera pas son "particularisme" de s'exprimer (codes sociaux, gouts, etc...)

par ailleurs il faudrait parler des l'évolution d'une classe à une autre (transclasse, tranfuge) non pas sous l'angle du mérite comme le fait la droite mais dans une perspective aussi déterministe que la reproduction sociale.

cet article en parle par exemple:

http://www.regards.fr/web/transclasses-l-ascension-sociale-n,7871

en contre-exemple à mon post au dessus; quelqu'un comme Tanxxx qui se revendique prolo, et qui est complétement légitime à le faire:

http://tanx.free-h.fr/bloug/archives/8652

(voir la discussion en commentaire:

"Un prolo n’est pas que l’ouvrier dans une usine, c’est quelqu’un qui ne possède que sa force de travail, qui n’a pas de capital. Donc ta petite leçon de l’ouvrier qui serait le seul apte à se dire prolétaire, c’est faux. Et c’est dangereux à une époque où on peine à remettre du discours de classe dans le militantisme."

)

Je sens comme une petite concurrence exacerbée entre Usul & Rémy Letchi, qui m'inquiète..
Bon, à pas ça, Bravo.

Mais pourquoi le prolo s'appelle t-il Larzac (sur ma commune d'habitat...) et l'héritier Morbihan ? C'est quoi cet ostracisme ? Avec un bonnet ridicule en plus ! (mais qui à l'air bien chaud). Vous en connaissez, vous des gonzes qui s'appellent Larzaclaughing

Vous me direz... je ne connais aucun Usul non plus ! Par contre, je connais un prolo turc (avec de magnifiques yeux verts) qui s'appelle Resul. Seriez pas un peu turc sur les bords, vous aussi ? (avec ce poil dru et bien noir)

N'oubliez quand même pas que le lectorat de Mediapart est en majorité, plutôt issu de la bourgeoisie... Bourgeoisie déclinante par ailleurs, au niveau de l'éducation. Ce n'est plus là aussi, ce que c'était...

Signé : Une prolote (propre sur elle), fière de l'être, qui le revendique et qui... wink

https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQWTA0Of88yAAIBVaOFWWNYN9nGG4baK6Muc_cpUcoO90EdHFAz

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  • 23/01/2018 21:26
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Très bon bien que volontairement exagéré, la question de la tenue vestimentaire me rappelle un migrant que j'avais croisé qui m'expliquait porter un costume afin de ne pas de ne pas être contrôlé(et ça marchait).

Après, on peut déplorer une régression du socialisme d'ambition égalitariste, mais même se plaindre de cela de la part des moins nantis est une forme d'embourgeoisement(privilège) made in France.Je ne trouve rien de scandaleux à ce qu'une politique ménage ses meilleurs contribuables, c'est même essentiel pour tous les autres. Plus que de lutte des classes, c'est l'absence de bipolarité idéologique de la mondialisation qui déséquilibre tout.L'économie est de droite, le libéralisme est de droite, et la lutte des classes qui était originellement de gauche est désormais de droite.C'est peut-être l'un des derniers vestiges pré-laïque qui a toujours conçu le côté gauche comme subversif.undecided

 

<<  une politique ménage ses meilleurs contribuables,

                                                              c'est même essentiel pour tous les autres   >>

Doit -on comprendre que l'on doit tolérer la fraude qui permet de réduire ses impôts, en particulier l'usage des refuges fiscaux...et d'autres avantages...??

 

 

Olala non j'ai manqué de précision dans mon commentaire et je vous prie de m'en excuser.frownCe que j'entends par meilleurs contribuables(ou les plus sollicités par l'impôt du moins), c'est le noyau dur de la pérennité du système de répartition et absolument pas les fraudeurs bien sûr.

Je ne parlais pas des très hauts revenus mais bien de la tranche qui est évoquée dans la video et qui est essentielle dans une politique de mutualisation ou de démonstration de la viabilité du système économique.C'était une argumentation d'objectivité par procuration et pas du tout un plaidoyer de la politique libérale.Pour mieux juger sans caricaturer, on se doit d'essayer  de comprendre tous les points de vue, même ceux qui nous sont étrangers.

Et concernant la corrélation (sous-jacente dans la video) entre bourgeoisie et revenus, je pense que cette dernière est davantage liée à une question patrimoniale et culturelle qu'à une simple question de revenus.

 

C’est nul et fatiguant ...

<<  nul et fatiguant ...>>

Je ne veux pas polémiquer,

    mais vu de Genève à la réputation de "paradis fiscal", c'est plutôt drôle !

 

On a donné, depuis Marx, à l'expression "classe sociale" bien des sens différents , en allant jusqu'à en nier l'existence..

Quant à ce qui permettrait de "reconnaître" une classe sociale, là aussi les différences sont multiples.

Un prolétaire peut avoir des idées bourgeoises : j'en ai repéré des centaines...

Un "bourgeois" peut avoir des convictions de nécessité d'une révolution prolétariene (en son temps, Marx était-il un prolétaire?).

Les ressources monétaires ,lorsqu'elles ne se situant pas dans les extrêmes, ne suffisent pas à définir "le prolétaire".Le type d'activité professionnelle, non plus (il y a des gens du spectacle, des "pigistes", des "auto-entrepreneurs", etc, que l'on pourrait qualifier de "prolétaires".

Idem pour "bourgeois". "Participant décideur en activité financière", le détenteur d'un livret A l'est, qu'il en soit conscient ou pas., et même si son "compte" est de moins d'un millier d'euros .Alors, "bourgeois"?

Les mots que nous employons sont de mauvais outils...ou nous savons mal nous en servir...ou les deux.

Splendide. Très efficace. Très bien fait. Le document sur le petite fille de Tbilissi est à lui seul percutant. Les scènes jouées sont extraordinairement "ideal-typiques". La démonstration est conduite avec beaucoup d'à propos. Bravo USUL et RL !

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