Outreau : le procureur et l’hypocrisie de la Chancellerie

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Les audiences disciplinaires visant Gérald Lesigne, le procureur de l'affaire d'Outreau poursuivi par le ministère pour sa présumée responsabilité personnelle dans ce fiasco judiciaire, doivent prendre fin ce jeudi 22 mai. Une question est posée: quel est le sens de ces poursuites engagées par la Chancellerie si ce n'est d'accabler un seul homme – aucun de ses supérieurs ne risque de sanction – pour mieux oublier l'égarement de tout un système?

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Une institution entière a failli – la justice – et c'est un homme seul qui est jugé. Voilà l'étonnant paradoxe confinant à l'hypocrisie qui prend place depuis le début de cette semaine sous les lambris dorés de la Cour de cassation. Le procureur de l'affaire d'Outreau, Gérald Lesigne, y comparaît depuis lundi 19 mai devant ses pairs du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), saisi il y a deux ans par le ministre de la justice de l'époque, Pascal Clément (UMP).