EDF: l'affaire d'espionnage de Greenpeace menace la direction

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Révélée par Mediapart le 31 mars dernier, l'affaire d'espionnage informatique visant notamment Greenpeace se rapproche dangereusement des instances dirigeantes d'EDF. Suspectée d'avoir commandité des surveillances et autres intrusions illégales, l'entreprise publique, pour le moment témoin assisté dans le dossier du juge Thomas Cassuto, craint maintenant d'être mise en examen. Les deux responsables de la sécurité ont été suspendus de leur fonction. Mais le dirigeant du groupe, Pierre Gadonneix (photo), pouvait-il tout ignorer de ce scandale?
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Révélée par Mediapart le 31 mars dernier, l’affaire d’espionnage informatique visant notamment Greenpeace se rapproche dangereusement des instances dirigeantes d'EDF. Suspectée d’avoir commandité des surveillances et autres intrusions illégales, l’entreprise publique, pour le moment témoin assisté dans le dossier du juge Thomas Cassuto, craint maintenant d’être mise en examen.

 

D’ores et déjà, le magistrat de Nanterre (Hauts-de-Seine) a mis en examen – le 26 mars – le numéro 2 de la sécurité d’EDF, l'ancien commandant de police Pierre François. Embauché par EDF en 1994 après une carrière au sein de la brigade de répression du banditisme (BRB), où il fut chef de groupe, Pierre François est soupçonné par la justice d'avoir missionné une officine privée de renseignement, Kargus Consultants, notamment chargée de surveiller les activités de Yannick Jadot, alors directeur des programmes au sein de Greenpeace France.

 

Pierre François est poursuivi depuis le 26 mars pour «complicité d'intrusion frauduleuse dans un système de traitement automatisé de données». Le même chef de mise en examen avait auparavant été retenu à l'encontre de Thierry Lorho, patron de Kargus et ancien membre des services secrets français.

 

Une troisième personne est mise en examen dans le dossier. Il s'agit d'Alain Quiros, l'informaticien qui a réussi à pirater l'ordinateur de l'ancien directeur de Greenpeace. L’enquête a établi que plusieurs antennes de Greenpeace en Europe auraient pu être surveillées.

 

Ces mises en cause judiciaires successives par le juge d'instruction sont l'aboutissement de plusieurs années d'enquête de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC). Les investigations ont débuté en septembre 2006 après la découverte d'une intrusion dans les systèmes informatiques du Laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD), à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine).

 

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