Des preuves de la discrimination dans l’accès au crédit bancaire

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La ville de Villeurbanne, avec le soutien du Défenseur des droits, a réalisé une opération de « testing » inédite au sein d’agences bancaires.

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Dans nombre d’agences bancaires, l’obtention d’un crédit n’est pas seulement liée à des critères objectifs tels que votre situation financière ou la solidité de votre projet. L’accueil d’un client et les réponses à ses questions varient, régulièrement, selon son apparence ou son nom, comme l’a révélé jeudi 21 septembre un testing commandé par la ville de Villeurbanne (Rhône), en partenariat avec le Défenseur des droits, Jacques Toubon, et avec le soutien de l’État. Une démarche qui s’inscrit dans la lignée des testings déjà effectués sur l’accès à l’emploi, au logement ou sur l’entrée en boîtes de nuit.
L’opération, conduite par l’institut ISM Corum, a consisté en 90 tests réalisés d’avril à décembre 2016 dans 63 agences de 12 banques, parmi les enseignes les plus connues implantées dans l’agglomération lyonnaise (Banque populaire, BNP Paribas, Caisse d’épargne, CIC, Crédit agricole, Crédit coopératif, LCL, Société générale et, uniquement pour le prêt immobilier, Crédit foncier, Crédit Mutuel, HSBC et La Banque postale). Elle met en scène deux clients aux profils « rigoureusement équivalents », à l’exception de leur origine supposée, afin de mesurer l’influence du critère de l’origine « ethno-raciale » sur l’accès à deux types de crédit : le prêt immobilier et le prêt à la création d’entreprise. Le constat est éloquent.