Au lendemain des attentats du 13-Novembre, un djihadiste repenti demande à être entendu par la DGSI. Il veut évoquer deux hommes qui, s’ils sont arrêtés, représenteront « le jackpot » pour le service de renseignement, parce que « vous éviterez des actions terroristes ». Ces deux individus désignés seulement par leurs « kounyas », les surnoms en arabe adoptés par les djihadistes, ne montent pas au front, ne risquent pas de se faire exploser dans une opération kamikaze. Ils sont trop précieux pour l’État islamique. Ce sont « de vrais professionnels pour se fondre dans la masse ». Ils sont chargés d’acheter les armes, et plus généralement d’assurer « l’organisation et la logistique ». « Eux, ils ne vont pas faire une attaque directement, mais ils vont permettre de la réussir », assure le repenti.

Six mois plus tôt, lors de ses premières auditions, révélées alors par Le Parisien, ce même djihadiste avait détaillé le processus de validation des attentats à venir. Chaque volontaire devait présenter son projet à Abdelhamid Abaaoud, alias Abou Omar, ce Belge de 28 ans suspecté d’être impliqué dans les attentats avortés de Verviers, de Villejuif et du Thalys, d'avoir été en contact avec l’auteur de la tuerie du Musée juif de Bruxelles, et surtout d’être le responsable opérationnel et un des auteurs des attaques du 13-Novembre. Un attentat qui lui sera fatal puisqu’il trouvera la mort trois jours plus tard lors de l’assaut du RAID à Saint-Denis.