Eric Lapierre nous fait visiter sa tour

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  • 22/06/2008 15:43
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les deux derniers morceaux d'interview sont identiques ! merci de corriger.
Le problème des banlieues ou des quartiers dits difficiles, qu'on se le dise, ce ne sont pas les tours.... mais bien autre chose. Le problème des banlieues a pour nom chômage, discrimination à l'emploi, racisme, communautarisme, extrémisme, individualisme et perte de lien social etc...
A un moment donné, les tours ont été des lieux de vie agréables, neufs et beaux. On l'oublie trop facilement aujourd'hui. Des lieux où il y avait une mixité puisqu'il était agréable d'y vivre pour tous.
Le problème est ailleurs, il est dans cette mixité sociale impossible. Il est dans cette ghettoisation progressive, ce manque de services et de lien entre espaces des tours et reste des centres villes (cela s'appelle penser les voies de communication à une autre échelle, probablement celle du Grand Paris justement et pour ce qui de la province à l'echelle des communautés urbaines -centres villes/quartiers).
Le problème, c'est aussi les lieux de rencontre. Quel belle invention les tours, si on pense à créer - et à les financer dans leur fonctionnement) entre les tours de vrais espaces de lien social.... de rencontre (des maisons de jeunes, des centres sociaux, ds lieux de vie, quelque soit leur nom...). Ce qui manque, c'est l'endroit ou se fait la vie sociale. C'est l'ANIMATION. Car, aujourd'hui, elle ne se fait plus comme avant dans des endroits dédiés. Il faut la penser en même temps qu'on pense l'habitat, sinon, nous allons tout simplement vers une autre société...mais c'est peut-être inévitable?
Je crois qu'il y a là un vrai débat. Que nous pourrions avoir ici, ou ailleurs.
Les idées - par ex sur la densité - et les réalisations d'Eric Lapierre semblent belles et intéressantes. Le problème reste aussi ailleurs, comme l'a dit Christel; ce n'est pas qu'un problème d'architecture. Une discipline segmentée ne peut pas concourir seule à la résolution des problèmes humains car l'humain est global. "Ce qui manque, c'est l'endroit ou se fait la vie sociale. C'est l'ANIMATION. Car, aujourd'hui, elle ne se fait plus comme avant dans des endroits dédiés. Il faut la penser en même temps qu'on pense l'habitat (...)" L'analyse de Christel est tout à fait juste si on pense au sens du mot politique : vie de la cité. La politique ça ne peut pas seulement être comptable (ici, loger des gens). C'est aussi l'art de s'occuper du type de "vie sociale" que l'on veut pour une société. Et quand on ne s'occupe pas des conséquences du "tout comptable" sur la vie sociale d'un quartier, d'une ville ou d'un pays,, c'est qu'on peut, peut-être sans s'en rendre compter, changer de société - peut-être pour le pire.
Donc, pour revenir au sujet précis : l'esthétique d'une tour, pourquoi pas. Mais les gens ne vivent pas que dans leur immeuble ou logement, donc l'insertion de l'ilôt dans le quartier, du quartier dans lal ville, doivent être pensés en même temps.
Je parle en connaissance de cause, Fantie... Ma profession consiste aujourd'hui à faire le lien entre ceux dont le metier est d'aider au lien social, pour beaucoup dans ces espaces urbains dont on parle dans les journaux, jamais comme il faut, à mon avis...
La réalité de ces organisations est terrible, car j'ai de plus de mal à faire le lien justement parce que ces organisations, ont de moins en moins de moyens, et donc de moins en moins de temps pour d'une part faire leur travail, et d'autre part pouvoir faire le lien entre elles.
Il y a une règle que personne, et surtout pas les architectes et les élus ne devraient oublier : quand on anime pas des espaces inanimés et plus ou moins désagréables à vivre, l'animation se fait autrement, et ce n'est jamais positif. Elle passe par des systèmes pour les jeunes de semi bandes organisées peu ou très bien, elle se délocalise pour "animer" ailleurs en cassant ce qui fait symbole. Ou elle n'existe pas et dans ce cas, on assiste pour les adultes et tous à de la depression, de la déprime, des suicides ou du laisser aller morose qui ne fait pas société mais isole encore plus.
Moi-même je connais la réalité que vous décrivez, Christel, mais en tant que bénévole (réseaux d'échanges). Autant j'aime l'architecture, autant j'apprécie els réflexions sur l'environnement de celle-ci, autant j'ai du mal à oublier la question de la mixité sociale et celle du lien social. Je conçois bien que l'habitat dense donc parle Eric Lapierre peut être vivable, peut être même très agréable.
Mais que nous dit d'autre la première génération des habitants des HLM qui, venant d'espaces plus ruraux, de franc eou d'ailleurs, avait à peu près réussi à transposer le lien social qu'elle pratiquait ? Seulement, quelque chose a craqué depuis, et il ne suffit donc pas de régler la question du nombre. Mais bon, on devrait peut-être laisser les futurs habitants rêver sur ces beaux appartements !
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