Ces «fans» qui harcèlent les rescapés du Bataclan

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Messages ambigus sur les réseaux sociaux, enquêtes sur leurs proches, soutiens insistants… Le Monde s'intéresse à l'empathie compulsive de quelques « harceleuses » qui perturbe des rescapés du Bataclan.

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Dans la nuit du 13  novembre 2015, Jules est passé à la télé. En boucle. Il est le premier à avoir raconté l'enfer du Bataclan, d'où il a réussi à s'enfuir un quart d'heure après l'irruption des trois terroristes qui allaient laisser 89 morts et plusieurs centaines de blessés derrière eux. Son récit, équilibré, nimbé de détails concrets et d'impressions personnelles, résonne dans le monde entier. L'horreur qu'il décrit entre dans tous les foyers, sans filtre. « C'était le premier qui en parlait vraiment. II n'y avait aucun montage, on avait l'impression qu'il racontait ce qu'il s'était passé à des amis », se souvient Audrey, une jeune fille de 18 ans qui a fait de ce témoin son « Justin Bieber à elle ». Depuis, elle veut tout savoir de sa nouvelle idole, tout connaître de ses proches, jusqu'à l'identité de son amoureuse, qu'elle interpelle parfois sur les réseaux sociaux.