Morgues et funérailles sous coronavirus: l’obsession d’une mort sans contact

Par

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Ce samedi après-midi en Alsace, avec trois de ses collègues, Sylvain, 32 ans, est allé porter un cercueil jusqu’à sa tombe. Le défunt était atteint du Covid-19. Tous portaient un costume noir, des gants de Latex mais pas de masque, « parce qu’on n’en a pas », dit Sylvain, à la fois porteur et assistant funéraire, au sens de l’écoute aigu. « Quand son épouse m’a appelé, cinq jours plus tôt, elle a précisé tout de suite qu’il était mort du coronavirus. En discutant, j’ai compris qu’elle n’avait pas vu son mari depuis quatre semaines. Il était parti en cure à une soixantaine de kilomètres et c’est là-bas qu’il est tombé malade et qu’il a été hospitalisé. On a dû aller le chercher à la morgue sans elle, car c’était trop risqué. La mise en bière a été immédiate. On l’a mis directement dans une housse mortuaire puis dans un cercueil fermé. »