Castaner recadre une députée LaRem à propos de Gabriel Attal

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Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a recadré mercredi la députée La République en marche Agnès Thill après une remarque de cette dernière relative notamment à l'homosexualité du secrétaire d'Etat Gabriel Attal.
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PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a recadré mercredi la députée La République en marche Agnès Thill après une remarque de cette dernière relative notamment à l'homosexualité du secrétaire d'Etat Gabriel Attal.

La députée de l'Oise, connue pour ses positions tranchées sur certains sujets de société, a écopé en février d'un rappel à l'ordre du parti présidentiel pour ses propos relatifs à son opposition à l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA).

"Au moins, la couleur est annoncée. #bioéthique en juin", a écrit Agnès Thill sur Twitter en référence à un article du magazine Têtu dans lequel le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale, Gabriel Attal, évoque son homosexualité et se montre favorable à la gestation pour autrui (GPA) "éthique" si ce procédé était légal en France.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a répondu publiquement à l'élue sur le même réseau social.

"Les mots qui blessent, les paroles qui ostracisent disqualifient - toujours - leurs auteurs et leurs thèses. Chacun de tes tweets t'éloigne de ce que nous sommes, de nous, mais pire, ils t’éloignent des valeurs que tu penses servir", peut-on lire.

A l'image du député Matthieu Orphelin, qui a quitté LaRem en début d'année, nombreux sont ceux qui, sur les réseaux sociaux, ont dit considérer la remarque d'Agnès Thill comme homophobe.

"Dérapage N° 634 123 d'@ThillAgnes. Peut-être le bon pour son exclusion", écrit-il.

PROJET DE LOI SUR LA BIOÉTHIQUE

Des figures de la majorité, dont plusieurs candidats à l'investiture de LaRem en vue des élections municipales de 2020 à Paris, ont appelé à l'exclusion d'Agnès Thill du groupe LaRem.

"Prenez vos responsabilités et quittez notre groupe. Je proposerai à plusieurs de mes collègues de saisir à nouveau le bureau pour demander votre exclusion", a écrit le député Mounir Mahjoubi sur Twitter.

Pour son collègue Cédric Villani, "les propos inacceptables d'Agnès Thill n’ont pas leur place dans un mouvement progressiste. Il y a urgence à ce que nous retrouvions de la cohérence dans les valeurs que nous portons".

"Dans ce cadre, soutien total à mes collègues qui demandent son exclusion", ajoute le député mathématicien.

Même sévérité dans les commentaires de Benjamin Griveaux. "Trop c’est trop", écrit l'ancien porte-parole du gouvernement. "Notre majorité progressiste ne peut plus tolérer les propos insultants et outranciers d’@ThillAgnès. Il faut savoir mettre fin à cette situation contraire à nos engagements et à nos valeurs."

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé pour juin la présentation du projet de loi sur la bioéthique en conseil des ministres, sans s'avancer sur le calendrier parlementaire.

Ce texte doit notamment permettre l'extension de la procréation médicalement assistée aux femmes célibataires et aux couples de femmes comme Emmanuel Macron s'est engagé à le faire pendant la campagne présidentielle.

Le président s'est déclaré opposé à la légalisation de la gestation pour autrui en France mais favorable à la reconnaissance des enfants nés d'une GPA survenue à l’étranger.

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