Le plan d’austérité sera plus violent que prévu

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Dans un climat social dégradé à cause de la réforme des retraites, Nicolas Sarkozy attend le mois de juillet pour annoncer le détail du plan d'austérité. Il sera violent, d'autant que la reprise sera moins forte que prévu en 2011. «Il va falloir en faire plus que ce que pensent tous les ministres!», prévient Christine Lagarde.
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Au plus fort des turbulences générées par l'affaire Woerth-Bettencourt, dans un climat social très dégradé du fait de la réforme des retraites, Nicolas Sarkozy a donné des consignes strictes à tous les membres du gouvernement: le mot «austérité» est tabou. Interdit de le prononcer, tout comme d'ailleurs celui de «rigueur», pourtant plus elliptique.

Selon des informations confidentielles dont dispose Mediapart, cela ne fait pourtant plus de doute. Le plan d'économies, dont le détail ne commencera à être connu qu'en juillet, sera plus violent encore que prévu. Il règne même un climat de panique au ministère des finances, qui cherche désespérément une dizaine de milliards d'euros d'économies complémentaires ou de recettes nouvelles pour boucler d'ici la fin de l'été le projet de finances pour 2011.

Pour comprendre l'équation économique que le gouvernement doit résoudre, en même temps que le choc social qui attend le pays, il faut se souvenir des engagements que le gouvernement a pris dans le cadre du «programme de stabilité» transmis à Bruxelles en janvier dernier – programme que l'on peut consulter ci-dessous.

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L'objectif est de réduire les déficits publics de -8% du produit intérieur brut (PIB) en 2010 à -6% en 2011, puis -4,6% en 2012 et enfin -3% en 2013.

Seulement voilà ! Quand ces chiffres ont été révélés, nul n'a vraiment compris ce qu'ils signifiaient. La gauche ne s'en est emparée que du bout des lèvres, pour dénoncer un plan d'austérité en préparation. Les médias, eux-mêmes, ne se sont guère montrés curieux. Et surtout le gouvernement n'a pas voulu affoler l'opinion et s'est bien gardé de donner la mesure du violent plan d'économies que cet engagement européen signifiait.

Résultat : en secret, sur les consignes de l'Elysée, le ministère des finances a commencé à travailler les mois suivants à la traduction concrète de ce plan d'austérité, mais sans jamais l'avouer publiquement et surtout sans jamais présenter un panorama complet et détaillé des mesures de rigueur qui allaient voir le jour ou en tout cas qui étaient déjà mises à l'étude.

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