Nouvelles migrations (1/4) Les allers-retours des émigrés polonais

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Tous les commentaires

Le plombier polonais a cristallisé les angoisses des "nonistes", mais ce n'est ni parce qu'il est plombier, ni parce qu'il est polonais. Il a catalysé le refus de la directive Bolkenstein qui stipulait que pour un travailleur, c'était le droit du travail de son pays d'origine et non celui du pays où il travaillait qui s'appliquait. Donc un maçon roumain payé 150 € en Roumanie pouvait venir concurrencer en France un maçon hexagonal payé 1500 € . Les patrons du bâtiment ne sont ni des imbéciles ni des philanthropes. Je comprends que beaucoup de maçons de chez nous aient voté NON à la "Constitution" européenne giscardo-bolkensteinienne. On peut étendre le raisonnement à d'autres corps de métier... Cela fait du monde pour le camp du NON. Sans compter les autres sujets de mécontentement. On l'a bien vu, fin mai 2005... Les parlementaires, eux, sont contents de leur sort. En outre, il ne risquent pas, eux, d'être concurrencés dans leur fief des deux Palais, Bourbon et du Luxembourg, par des parlementaires roumains. Ils ont donc en majorité voté OUI lors de la seconde manche. Il faudrait qu'il y ait une belle, mais Sarkozy a bien trop peur d'être désavoué par le peuple. Est-on encore en démocratie ?
Philippe Riès Vous n'avez manifestement pas lu la directive européenne sur les services, anciennement dite Bolkestein, puisque vous répétez ici les mêmes contre-vérités grossières qui ont alimenté la campagne des partisans du non (et le délire anti-libéral de Jacques Chirac). La directive prévoyait (et prévoit toujours) qu'au delà d'un détachement de huit jours (pour une mission définie), c'est le droit du travail du pays où opère le prestataire qui s'applique, sous le contrôle des autorités responsables du dit pays. Le principe du pays d'origine, si violemment combattu par toutes les professions protégées en France (avec un soutien politique allant de la droite à la gauche) signifie seulement que celui qui est qualifié pour déboucher un évier à Varsovie peut faire le même travail à Paris (même chose pour les architectes, les notaires, etc.). Elle visait accessoirement à combattre la concurrence déloyale du travail au noir en ouvrant ces marchés à une concurrence organisée et encadrée mais bousculant enfin les rentes de situation d'une litanie de professions ayant échappé depuis la signature du Traité de Rome à la mise en place de ce que j'ai appelé "la quatrième liberté"(au nom d'une prétendue "harmonisation" qui n'est jamais venue). Nous n'avons pas eu la directive Bolkestein, hélàs pour l'immense majorité des consommateurs de services en Europe, mais le plombier polonais était et reste bien présent, dans les conditions que rappelle cruellement le premier volet de l'enquête de Mediapart.
A Philippe Ries Vous avez cent fois raison de rappeler les termes exacts de la directive Bolkestein. Il n'en reste pas moins que le travail au noir va bon train. Le monde peut être décrit suivant Corneille (tel qu'il devrait être) ou suivant Racine (Tel qu'il est). Toutes les directives du monde, aussi précises soient elles, ne servent à rien quand il n'y a ni les moyens, ni l'envie de les faire respecter. Tel est bien le problème du monde actuel. Bien à vous Dominique Gautier
J'avoue : je n'ai pas lu le texte original. J'ai lu de cette directive ce qu'en disaient la plupart des media. Eux non plus ne doivent pas savoir lire dans le texte, ou alors ils ont bien analysé les effets pervers de cette directive (voir plus loin)... Si je comprends bien monsieur Philippe Riès, la majorité qui a dit NON en 2005 ne sait pas non plus lire, elle s'est laissée prendre à de grossières contre-vérités et elle a été victime du délire anti libéral de Chirac. Cette majorité est bête et on devrait lui interdire de voter. Mais je ne mourrai pas idiot. Monsieur Philippe Riès vient de m'apprendre quelque chose. Chirac est anti libéral, c'est un scoop. Moi je veux bien. Mais des affaires récentes de gens sous-payés quoique déclarés, et ce pendant plus de huit jours, sont là pour rappeler que "le contrôle des autorités du pays où opère le prestataire" est une aimable passoire, et que dans bien des cas, ce sont bel et bien les salaires du pays d'origine qui sont pratiqués par des patrons peu scrupuleux. Les "grossières contre-vérités" correspondent alors hélas à ce qui est pratiqué dans bien des entreprises qui emploient des travailleurs étrangers, lesquels n'osent pas se plaindre de peur d'être licenciés. Joël Martin PS - A part politicien, je ne connais pas d'autres "professions protégées" en France. Mais monsieur Philippe Riès est peut-être favorable à la suppression de toutes les protections sociales. Je comprendrais alors mieux qu'il traite Chirac d'anti-libéral. On est toujours le gauchiste de quelqu'un. Quant aux "rentes de situation d'une litanie de professions" etc., que Monsieur Philippe Riès en parle donc aux dizaines de milliers d'entreprises qui ont dû mettre la clé sous la porte pour cause de concurrence sauvage. Qui délire ?
A Philippe Riès La directive dite Bolkestein que vous cité au début est en fait la deuxième version, la première elle allait faire exploser le "dumping social" en Europe de l'Ouest. En fait elle a été modifié voire "vider de sa substance" après les non français et hollandais. http://fr.wikipedia.org/wiki/Directive_Services Enfin n'oublier pas que dans notre société si vous êtes client , vous êtes aussi fournisseur (pour d'autres clients ) et que vous seriez sans doute le premier à criez "au feu!" si on vous remplacez par un polonais qui sera payé 5 ou 6 fois moins que vous auparavant!( dénigrement de la personne et poste)
Pour le royaume uni, je n'en sais rien, quoique je trouve généralement les commentaires et analyses du Wall street journal très "orientés". Mais pourriez vous m'expliquer comment le type qui est venu en France travailler au noir, en amenant, si j'ai bien compris, ses matériaux et ses "employés" de Pologne, a pu, d'une quelconque façon, être profitable à notre économie ? J'y vois plutôt un manque à gagner pour 1) les entreprises, 2) les salariés de ces entreprises (ou les chômeurs qu'elle aurait peut être employés pour ces travaux). 3) les marchands de matériaux. 4) les organismes , Sécu, retraites, etc... enfin, 5) le trésor public. Cette Europe, extraordinaire espoir d'après guerre, n'est devenue, à grands coups d'extensions géographiques qui interdisent toute réforme de fond en termes de droits sociaux (Smic, charges sociales, droit du travail et fiscalités identiques) qu'une machine destinée délibérément à tirer les salaires vers le bas, pour le plus grand profit de quelques uns. La mise à mort d'un immense rêve par les esprits minables de la finance bien servis par leurs valets de politicards qui, eux, comme le dit justement Joêl Martin n'ont rien à craindre de la concurrence. Et on dira que c'est la faute des nonistes...
La directive Bolkestein n'aurait été valable que les huit premiers jours, d'aptès Philippe Ries Les milliers de salariés qui ont manifestés à Bruxelles et à Strasbourg ne savaient donc pas lire ! En tout cas après ces mobilisations, le parlement européen a spprimé "le principe du pays d'origine", le 16 février 2006 et le 4 avril suivant la Commission européenne a entériné le vote du parlement. Toute cette histoire aurait été quelquechose de factice ? A d'autres !
Pour mémoire.
Chroniques d’Europe et de l’autre monde Chronique hebdomadaire de Raoul Marc Jennar dans le Journal du Mardi, reproduite ici avec l’aimable autorisation du journal. Ici est http://wb.attac.be/Bolkenstein-que-reste-t-il-du-P-P.html
Bolkestein : que reste-t-il du P.P.O. ? par Raoul Marc Jennar - publié le 21 février 2006
La proposition de directive européenne sur les services contient de multiples dispositions en vue d’instaurer la « liberté d’établissement et de circulation des services », de telle sorte que se crée un marché unique dans le secteur des services. Pour y parvenir, deux voies possibles : harmoniser les législations dans le domaine des services soumis aux lois de la concurrence (ce qui suppose qu’on identifie ceux qui ne le sont pas, Etat par Etat) ou bien déréguler et instaurer le principe du pays d’origine (PPO). C’est cette dernière voie qui a été retenue par la Commission européen après avoir reçu le feu vert des gouvernements des Etats membres.
La proposition élaborée sous l’autorité de M. Bolkestein, approuvée par la Commission européenne unanime et soutenue, au printemps 2003, par l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement qui demandaient même son examen « dans l’urgence », vient de franchir une étape du long parcours législatif dans le cadre d’une procédure dite de codécision où il y a deux législateurs : le Conseil des Ministres et le Parlement. Ce dernier vient de terminer sa « première lecture » du texte. On examinera la semaine prochaine l’ensemble du texte tel qu’il est issu du Parlement. Pour l’heure voyons ce qu’est devenu l’article 16 : celui qui, dans la proposition de la Commission, instaure le principe du pays d’origine.
Ce principe distingue le siège social d’un fournisseur de service et son siège d’activité. De même, il distingue Etat où est établi le siège social et Etat où le prestataire fournit un service. Et la Commission européenne considère que le prestataire doit être soumis uniquement au droit du pays où il a établi son siège social, quel que soit le pays où il développe des activités. De même, c’est l’Etat du siège social qui contrôle le respect de sa législation dans le pays où l’activité est exercée. Ainsi, une fois identifié le pays qui se présente comme le moins disant fiscal, social, environnemental, il suffirait d’y installer le siège social pour que ce soit le régime de ce pays qui .s’impose au personnel du site d’activité. Non seulement, on organise la compétition entre travailleurs soumis à des régimes différents, mais on incite à la délocalisation des sièges sociaux.
On comprend la colère de tous ceux qui sont attachés à plus de cent ans de conquêtes sociales contournées par une Europe qui n’hamonise plus, qui cesse de favoriser l’égalité et qui organise la concurrence entre Européens. Dans un premier temps - celui pendant lequel en France à en croire le Président de la République, le Premier Ministre et la direction du Parti socialiste, le texte avait été « envoyé aux poubelles de l’Histoire » - la commission compétente du Parlement européen après des mois de débats avait remplacé l’intitulé par « clause du marché intérieur » et confié à l’Etat d’accueil le soin de vérifier le respect sur son sol du droit du pays d’où l’entreprise est originaire. Il eut fallu, dans cette hypothèse, que les inspecteurs du travail maîtrisent les 21 langues officelles de l’Union européenne et le droit des 25 Etats membres (bientôt 27). Une belle manière d’éviter tout contrôle.
Ce jeudi 16 février, une majorité de parlementaires européens ont fait mieux encore : après avoir rebaptisé une nouvelle fois l’article 16 qui désormais s’intitule dans la version parlementaire « liberté de prestation de services », ils ont purement et simplement supprimé toute référence au droit applicable et à l’Etat chargé d’en contrôler le respect. Ce qui permet d’affirmer que le principe du pays d’origine a disparu. Formellement, c’est vrai. Mais la philosophie qui soustend le texte et les exigences qu’un Etat ne pourra plus imposer à un fournisseur de service consacrent la liberté de celui-ci, quelle que soit son origine.
Ainsi, le texte adopté à Strasbourg fait interdiction à un Etat de subordonner l’accès à une activité de service à une exigence portant sur la nationalité. Des restrictions ne peuvent être fondées que sur des raisons d’ordre public, de sécurité publique, de protection de la santé ou de l’environnement (les socialistes qui ont négocié ce compromis avec les conservateurs ont accepté de ne pas ranger parmi les raisons la politique sociale et la protection des consommateurs...). Un Etat ne peut exiger du prestataire de service qu’il ait un établissement sur le territoire, qu’il soit inscrit dans un ordre professionnel, qu’il se dote d’une infrastructure (un bureau ou un cabinet), qu’il applique un régime contractuel dans ses rapports avec le destinataire du service, qu’il possède un document d’identité spécifique, qu’il utilise un matériel spécifique (sauf s’il s’agit de la santé et de la sécurité au travail).
Un Etat pourra néanmoins imposer sa réglementation relative aux conditions d’emploi y compris celles qui sont établies dans les conventions collectives. On s’en rend compte, sur la défensive depuis près de deux ans, les partisans du néolibéralisme le plus sauvage ont dû composer. La résistance très forte qui s’est manifestée notamment à l’occasion de plusieurs rassemblements à Bruxelles, Berlin, Rome ou Strasbourg a mis les partisans de la directive services sur la défensive. Le compromis, qui a recueilli sur l’article 16 le soutien des deux tiers des parlementaires, rend-il le texte inoffensif comme l’ont clamé les médias toujours prompts à démobiliser et à endormir la vigilance citoyenne ? On y répondra la semaine prochaine.
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  • 24/08/2008 19:07
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Ma première déception sérieuse en lisant Médiapart. Ca n'est pas un article, c'est de l'intox indigne du projet Médiapart ! Vous rejoignez ceux qui nous disaient que le ne NON français était raciste anti-polonais... Ce reportage montre bien que l'avenir Sarkozyste est bien en route : travailler au noir "de la main à la main" sans se soucier de l'avenir ; intox continue "l'économie britannique en avait besoin" ou des sous-entendu laissant penser que des catégories modestes profitent de cette main d'œuvre low-cost ; précarisation ; baisse des salaires ; abandon des protections sociales... en sommes la "modernisation" en novlang (retour au moyen-âge). Réveillez-vous ! Depuis le début de l'Humanité les seules évolutions qui profitent à chacun (donc à tous) ont été apportées par le progrès social, le doute, le rejet des dogmes, des croyances et des monopoles. Aujourd'hui le pire est à craindre car l'injustice sociale a toujours été suivie de dictatures : Napoléon, Staline, Mussolini, Pétain, Hitler, Castro et tant d'autres...
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  • 24/08/2008 19:24
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Franchement, je ne vois pas où est l'intox dans cet article, seulement une description neutre de la façon dont un certain nombre de citoyens Polonais ont profité de l'ouverture des frontières. Des éléments vont dans le sens des Oui-istes : * il n'y pas eu de déferlement, de vague d'immigrés envahissants nos belles contrées et venant nous piquer nos femmes et nos boulots * le marché fonctionne plutôt bien, ces personnes allant et venant au gré de leur intéret, des opportunités d'emploi, de salaires. * les plus malins, les plus dynamiques sont les premiers à bouger et à profiter du système D'autres vont dans le sens des Nonistes : * une grande partie du boulot se fait au noir, ne profitant pas vraiment à l'économie française, * il y a bien mise en concurrence des salariés et des entrepreneurs fançais et étrangers Personnellement, j'en tire la même conclusion que Carine Fouteau : aprés 2 ans d'allers et retours de citoyens Polonais entre l'Europe de l'Ouest et la Pologne, il n'y a pas eu de big bang, de déstabilisation massive de nos économies, de hordes de Polonais dépenaillés envahissant nos pays. Au contraire, la flexibilité permet aux familles de rester en Pologne. Appliquer le même principe aux pays d'Afrique permettrait sans doute de dédramatiser l'immigration, et de faciliter la fameuse "immigration de travail" chère à la droite. Mais on s'attaque là à l'irrationnel de la Droite, qui est pour la libre circulation des biens et des capitaux, mais certainement pas celle des hommes (surtout s'ils sont musulmans et basanés) Olivier, 38 ans, vivant à Francfort
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  • 24/08/2008 22:17
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@ Oliv92
Pas eu de déstabilisation massive de nos économies ? Faut-il qu'elle soit massive pour que l'on en tienne compte ? Et qui cela intéresserait-il en Europe de dire et de prouver que nos économies sont éventuellement déstabilisées ? Puisque les paiements se font souvent de la main à la main comme le dit Carine Fouteau : cela ne s'appelle-t-il pas une économie souterraine ? Sans compter la déstabilisation massive des marchés du travail où arrive une main d'oeuvre prête à accepter n'importe quoi dans notre el dorado de sécurité sociale qui pénalise les chômeurs qui travaillent en noir mais qui ne pince jamais aucun maçon polonais ou autre et encore moins la criminalité en col blanc. Il y aurait 30 000 postes de travail non pourvus en Belgique mais les polonais ne se pressent pas au portillon que je sache ! Par contre, dans ma rue - mais pas que là, je ne fais pas statistique d'un cas, mais il confirme ce qui se murmure, y compris par des polonais -, un entrepreneur polonais a acheté et rénové une maison qu'il n'occupe que lors de ses arrivées de Pologne, avec ses camions immatriculés en Pologne, ses matériaux venant de Pologne et ses ouvriers venant de Pologne : je comprends que certains se demandent où ils paient leurs impôts ! C'est pas demain la veille que les Africains pourront faire de même. - je parle des camions et pas des impôts ! Cela m'évoque les plaintes des habitants d'une petite île des Baléares - dans les années soixante-dix - concernant les Allemands qui achetaient des terrains pour construire : ils importaient tout d'Allemagne sous les yeux médusés des autochtones - même les hots-dogs sur la plage venaient d'Allemagne car ils étaient meilleurs !
Personnellement, j'aime bien l'idée d'une Europe de la libre circulation. Mais il me semble que c'est surtout de libre circulation des biens dont il s'agit et la force de travail, c'est un bien aussi, et la sécurité sociale itou mais cette sécurité-là circule-t-elle ? Comment évolue la sécurité sociale en Pologne avec des médecins qui vont faire de la maçonnerie en GB ? J'aimerais bien un article là-dessus, un article qui compare ces données-là dont on ne nous parle jamais. Quelle évolution en Europe de l'Est à ce sujet ? L'évolution en GB, on peut s'en faire une idée ici : http://ecolesdifferentes.info/GBECOLESTRUSTS.htm
@ Philippe Riès Vous avez, paraît-il, écrit un livre très compliqué avec beaucoup de graphiques et de chiffres. Mais les chiffres, cela s'interprète et je ne vous cacherai pas que je ne m'y connais pas du tout. Cependant, votre position sur la directive Bolkestein m'invitera dorénavant à vous lire avec vigilance.
Voici un article que l'on devrait envoyer aux militants FN et à la famille Le Pen, et à tous ceux qui croient toujours qu' "on" vient piquer les emplois aux "Français".
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  • 25/08/2008 09:17
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Comme ce billet n'est que le premier d'une série de quatre, je me permet de contester l'utilisation du terme "migration", "immigration" ou "émigration" dans le cas des Polonais, ou de tout autre ressortissant d'un pays appartenant à l'UE, qui consiste à faire des allers-retour d'un pays à l'autre sans s'y établir durement, cela pour des besoins contextuels bien particuliers, au grès des économies locales. Ou alors vous allez écrire un billet sur d'autres mouvements internes à l'UE: Migration en masse des Anglais vers la France (Achat d'une partie de la Normandie ??) Migration de masse des jeunes Français en Angleterre ?? (Il y a certainement plus de Français établis en Angleterre que de Polonais établis en France !!) Bref vous n'avez pas fini !! Comment allez vous alors appeler les mouvements de masse qui viennent d'Afrique ou d'ailleurs hors UE, qui ne sont pas du tout du même type quant au niveau culturel, social, de richesse, de religion etc ..et de race ?? Bref quitte à faire des billets sur une "immigration", parlez de cette réelle immigration et des réelles problèmes posées par elle à l'UE.
Une anecdote personnelle toute récente : J'ai acheté à une entreprise française quatre fenêtres à double vitrage, livraison et pose comprises. J'ai dû faire deux chèques : l'un à l'entreprise française fournissant les fenêtres, l'autre pour régler la pose à une entreprise sous-traitante étrangère. Au jour prévu, deux messieurs de l'entreprise française me livrent les fenêtres et leur encadrement, embarquent les vieilles fenêtres et me disent que les poseurs arrivent. Je leur règle leur chèque. Ils parlent français sans accent. Une demi-heure après, arrivent deux messieurs dans une autre camionette, qui prennent les fenêtres et me les posent. Je constate qu'il parlent un peu français avec un fort accent genre Europe de l'Est. Une fois la pose faite, je signe un chèque de 437 euros pour ladite pose. Je leur offre le café (comme j'avais fait aux livreurs) et on bavarde. Je leur demande si le chèque est pour eux. L'un d'eux me répond avec un fort soupir : "Non, c'est pour patron. Moi gagne 450 euros par mois". "Pour un travail à temps plein ?", demandé-je. Nouveau soupir : "Oui !" Sans commentaires, si ce n'est qu'en respectant parfaitement la directive "Bolkestein", une entreprise de plomberie poldomoldovaque peut confier "une mission ponctuelle de huit jours" à l'un de ses employés : déboucher des éviers en France. Elle a le droit de le payer en salaire poldomoldovaque. Puis l'employé est renvoyé dans ses foyers et on le remplace par un autre qui débouche les éviers hexagonaux pendant huit autres jours. Et ainsi de suite. Bravo, monsieur Bolkestein !
Philippe Riès Simple précision, Monsieur Martin: Fritz Bolkestein n'est pour rien dans la situation, en effet assez banale, que vous décrivez puisque la directive n'a pas encore été transposée en droit français (elle devra l'être au plus tard en décembre 2009, sauf erreur). Et si je vous ai bien lu, c'est une entreprise bien française (avec un patron "noniste" peut-être? ) qui organise actuellement ce qui sera demain un contournement des dispositions de la directive services (au titre de la directive plus ancienne sur le détachement des travailleurs qui prévoit explicitement l'application du droit du travail du pays d'accueil au delà d'une mission de huit jours). Autre précision sur votre commentaire précédent: il y a en France de très nombreuses professions dites "réglementées" (c'est à dire protégées de la concurrence forcément "sauvage") dont certaines (notaires, pharmaciens, etc.) ont d'ailleurs obtenu, par un lobbying actif, d'être maintenues hors du champs d'application de la directive. Ce qui n'épargnera d'ailleurs pas aux gouvernements qui violent le droit européen d'être traînés devant la Cour de justice européenne de Luxembourg par la Commission, gardienne des Traités, comme c'est le cas pour la France (et quelques autres) à propos des notaires.
Philippe Riès Simple précision, Monsieur Martin: Fritz Bolkestein n'est pour rien dans la situation, en effet assez banale, que vous décrivez puisque la directive n'a pas encore été transposée en droit français (elle devra l'être au plus tard en décembre 2009, sauf erreur). Et si je vous ai bien lu, c'est une entreprise bien française (avec un patron "noniste" peut-être? ) qui organise actuellement ce qui sera demain un contournement des dispositions de la directive services (au titre de la directive plus ancienne sur le détachement des travailleurs qui prévoit explicitement l'application du droit du travail du pays d'accueil au delà d'une mission de huit jours). Autre précision sur votre commentaire précédent: il y a en France de très nombreuses professions dites "réglementées" (c'est à dire protégées de la concurrence forcément "sauvage") dont certaines (notaires, pharmaciens, etc.) ont d'ailleurs obtenu, par un lobbying actif, d'être maintenues hors du champs d'application de la directive. Ce qui n'épargnera d'ailleurs pas aux gouvernements qui violent le droit européen d'être traînés devant la Cour de justice européenne de Luxembourg par la Commission, gardienne des Traités, comme c'est le cas pour la France (et quelques autres) à propos des notaires.
Si je comprends bien monsieur Philipe Riès, certains patrons (qu'il suppute nonistes en toute objectivité, en tous cas il s'agit de patrons français avec la complicité de patrons étrangers) appliquent la directive Bolkestein avnt qu'elle ne soit transposée dans le droit français. Je ne vois pas ce que cela change au constat : des gens travaillent en France en étant payés la moitié du Smic, et même moins. Ces patrons contournent la loi dans une quasi impunité. La "vigilance" des Etats qu'évoque M. Riès est donc bel et bien une aimable passoire. Ce laxisme s'apparente à de la complicité, quand ce n'est pas de l'encouragement. En témoigne le projet sarkoziste de dépénalisation des délits financiers. En témoignent aussi la diminution du nombre des inspecteurs du travail et le changement du rôle de la Répression des fraudes : elle n'aura bientôt plus le pouvoir de fermer une gargote sans hygiène, mais uniquement de lui donner un avertissement. Cela, au détriment de la santé des consommateurs. C'est beau, l'ultra libéralisme ! Et cohérent : la vertu suprême pour un ultra libéral, c'est de faire de l'argent. Peu importe les "menues" entorses à la morale, à l'éthique ou à la loi. Petit à petit, la rentabilité prend insidieusement le pas sur la santé et la sécurité des personnes. On frémit à l'idée d'une privatisation des centrales nucléaires... Mais visiblement, monsieur Philippe Riès en est très satisfait. Dans le meilleur des mondes ultra libéraux possible, bonnes gens, dormez en paix ! Il nous file les boules, Riès, avec ses histoires de paix des castes ! Moël Jartin PS - Un point d'accord sur la protection des notaires, ces modernes fermiers généraux et des pharmaciens d'officine (soyons précis, M. Riès) avec le numerus clausus et le monopole de vente de certains médicaments. Ce deuxième point me paraît toutefois une bonne chose pour les médicaments dangereux qu'il serait irresponsable de mettre en self-service. Toujours cette bête question de sécurité et de santé des personnes...
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