Licenciements: qui veut gagner des millions?

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  • 29/12/2009 10:31
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Le titre de votre article est honteux;

Vous semblez croire que l'on va aux Prud'hommes comme on joue au Loto.

Je vous ai écrit sur mon cas exemplaire d'un licenciement économique sous- traité par l'Etat à une boite privée dans des conditions rocambolesques.

Mais manifestement si l'on n'est pas affilié à la CGT , on peut crever. Il faut le dire.

Tout comme les petits accomodements entre amis des Conseillers Prud'hommes salariés avec les Conseillers Prud'hommes patrons. Je te donne cette affaire là tu me donnes celle-là surtout si le mec n'est pas syndiqué.De toute façon on est dans un état de droit, comme ils disent et vous avec..

14 ans de vaine procédure, sans jugement en appel, ça vous parait normal .

A moi non, surtout quand des noms connus apparaisent ?Mais tout le monde a peur . Vous aussi .

Je regrette mon abonnement à Mediapart;

Peur? De quoi? De qui?

Vous aurez bien compris que cet article traite de licenciements économiques collectifs, et pas de votre cas personnel.

Bien cordialement,

Mathieu Magnaudeix

Il n'y a pas que le titre qui est honteux, mais votre analyse. Vous voulez culpabiliser les salariés licenciés qui reclament justice ? Ou vous voulez preparer les opinions aux nouvelles lois qui se preparent à ce sujet ?

Vous avez raison de preciser qu'il s'agit de licenciements collectifs: ainsi il faut expliquer que par exemple, les 46 licenciés de chez Olympia se sont partagés 2 250 000 euros, en enlevant les 10% de l'avocat. Ce qui fait en gros 48 000 euros par personne. Ils ont étè licenciés en 2006 il ont donc obtenu environ 12000 par an de chomage. Nous sommes tres loin des parachutes dorés de certains chefs d'entreprises....... Vous transformez un jugement des Prudhommes, en somme toute, très prudent et realiste, en jackpot du siècle. Et avec ce même slogan, vous justifiéz les nouveaux licenciements qui se preparent dans la même entreprise, sous pretexte d'avoir trop payé les licenciements precedents.

Votre article est une honte pure et simple !!

Il n'est même pas neutre, ni objectif , c'est une fausse information.

Avec mes cordiales salutations

 

 

 

Ce qui est marrant c'est que dans la presse gauchiste le "guichet-départ", si possible financé par un milliardaire "de gauche", est considéré comme un dû. Par contre des prolos qui font une procédure, ça s'assimile à un jeu télévisé ("qui veut gagner des millions"...). Toutes les classes sociales ne sont pas censées pouvoir toucher plus que le minimum lors d'un licenciement, que des ouvriers l'obtiennent c'est facteur de désorganisation, ça trouble la CFDT (qui trouvera ça normal en revanche s'il s'agit de cadres)...
C'est quoi votre "guichet-départ financé par un milliardaire de gauche considéré comme un dû dans la presse gauchiste" ? Je suis peut-être lent, mais je ne saisis pas bien...

Le titre permet de montrer l'ampleur des sommes en jeu, je l'assume tout à fait.

 

Après, vous m'avez mal lu, je ne condamne nullement ce genre de démarche, ni ne souhaite "culpabiliser" les salariés qui réclament justice. Je cherchais simplement à expliquer comment cela se passe, la CGT, les avocats liés à elle etc, et les désaccords avec les autres syndicats.

 

Par ailleurs, l'écriture web a cela d'original qu'elle permet de faire des liens hypertexte. En l'occurence, il suffit de cliquer dessus pour découvrir d'autres articles. J'ai fait un lien hypertexte sur un article de l'Est-Eclair ou Maurad Rabhi démonte l'argumentation de la direction d'Omympia qui dit que cette ardoise plombe gravement sa trésorerie.

 

Pour finir, vous auriez pu aussi bien lire mon article comme une invitation à attaquer le patron quand le licenciement a été mal ficelé. C'est souvent le cas, et pourtant les attaques aux prud'hommes restent relativement peu nombreuses.

 

Bien à vous

MM

Vous parlez peut-être de Libération? Je décrypte pour les autres abonnés. Donc, Libération. Oui, et alors? Moi je n'ai rien à voir avec Libération, ni avec le guichet départ ni avec quoi que ce soit.

Par ailleurs, je tiens à rappeller que Mediapart n'a pas manqué de rappeller le sort des salariés qui se retrouvent sans rien une fois qu'ils sont licenciés, rien ou presque puisqu'il s'agit du minimum légal.

Jade l'a fait en parlant des ouvrières de Dandy en Bretagne, j'en ai également parlé dans un autre article. On pourrait en faire plus, peut-être,; mais c'est tout de même plus que dans le reste de la presse où toutes les personnes concernées, pour lesquelles j'ai le plus grand respect contrairement à ce que "ex-Beber 999" laisse entendre, restent dans les angles morts.

Ceci dit, votre titre prête quand même à confusion : si je comprends bien, seuls certains avocats "gagnent des millions", or l'article n'est pas centré sur les avocats. Et des employeurs / des entreprises peuvent en perdre : vous auriez pu l'intituler "qui veut perdre des millions" d'une façon qui pourrait être perçue comme un tout petit peu moins provocatrice par les salariés....

Merci en tous cas pour l'article. Parfois le droit reste une arme, pas seulement pour les plus puissants.

Vous dites « vous m'avez mal lu » et donc il faudrait qu'on relise mieux. Il y a quelques temps, nous avions mal voté pour le traité européen. Résultat, on ne nous a pas demandé notre avis. Les irlandais ont eu plus de chance, même si on se doutait qu'on allait leur faire relire l'élection jusqu'il qu'ils votent correctement.

Vous allez nous proposer cet article jusqu'à ce que nous le votions bien ? Ou alors vous allez comprendre qu'on lit toujours aussi bien qu'on vote, c'set-à-dire avec notre esprit ? J'affirme que, à l'instar de ces foutus éditorialistes dont la seule qualité est de pouvoir écrire plus fort que tout le monde vous devriez considérer que le lecteur a toujours raison. Même si ce n'est pas vrai. Et si vous pensez le contraire, faites comme si.

Sauf cette phrase d'éditorialiste-oui-ouiste, l'article est digne de ce que j'attends chez Médiapart. Il guide ma réflexion et contribue à construire mes idées. En gros, prenez tout ce qu'on vous dit de positif, je pense pareil.

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  • 29/12/2009 10:38
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au fait ... s'ils gagnaient ....

qu'ils ne commettent pas l'erreur de Johnny et de son exil en suisse, il le regrette...

http://www.lematin.ch/actu/suisse/johnny-hallyday-bientot-fin-exil-suisse-211037

 

Il va partir pour St Bart....
Le pote à Sarko L'UMP n'est pas tenté par notre bouclier fiscal qui devait sauvers la France?????

Une question aurait mérité d'être creusée plus. Quels arguments pour affirmer que le licemenciement des 101 employé d'Olympia est dû à l'action menée par les salariés licenciés précédemment et la C.G.T. On aurait bien aimé entendre d'autres voix discordantes qu'une remarques, finalement assez douce, de la CFDT. Éventuellement aussi ce que pensent les directions. Cela éclairerait peut-être aussi sous un autre jour les décisions de certaines entreprises de proposer des postes en Roumanie ou en Inde. Y a-t-il des employeurs qui l'ont proposé pour des raisons purement légales et non, comme on l'a dit, dans une seule logique de délocalisation. Qu'en pensent d'autres syndicats qui n'approuvent pas forcément les méthodes de la CGT sans être proche du patronat, comme SUD ?

Quand je pense que les gauchistes jouent les indignés quand une entreprise propose de reclasser des salariés en Roumanie ou au Maroc, dans le cadre d'un plan social...

cet article met à jour une vraie propagande à la Goebbels de la part des medias gauchistes dès lors qu'une entreprise cherche à respecter toutes les obligations qui lui sont imparties dans le cadre d'un plan social.

Quant aux avocats, et pour une fois la CGT, ils font leur boulot.

"cet article met à jour une vraie propagande à la Goebbels de la part des medias gauchistes"

Extase, Babarsatva, vous avez atteint le point G ! G comme Goodyear. Non Goodrich. Non plus. Ah zut je l'ai sur le bout de la langue. Bref, vraiment vous nous distrayez, Babar, continuez.

Tant mieux si les salariés peuvent toucher de l'argent. Rien à voir avec les parachutes dorés. Quant à l'avocat, sa connaissance du code du travail permet à ceux qui ont été mis au chômage, bien souvent sans pouvoir retrouver un emploi, il n'usurpe pas son fric. Curieux papier qui montre que son auteur n'a sans doute pas connu les affres d'être sans emploi. Ce que je ne lui souhaite pas .

Ou alors l'auteur de l'article considère qu'en tant que journaliste si un jour il devait être licencié il faudrait que le patron passe à la caisse...alors qu'un ouvrier c'est censé la fermer et voter à gauche, point barre, et s'il se retrouve dans la misère ça fera un sujet de reportage.

Ce type de condescendance est compréhensible à "Libération", moins à "Mediapart" dont les mécènes ne financeront certainement pas un "guichet-départ".

@ beaulieu : Il ne me semble pas avoir condamné ce que fait la CGT et ses avocats, ni parler d'"usurpation de fric", ni évoqué les "parachutes dorés", autant d'intentions ou d'éléments que vous lisez dans cet article sans qu'ils n'y figurent.

J'ai simplement cherché à raconter comment s'organise cette "guerilla juridique" que je ne condamne ni ne réprouve. Ca me paraissait intéressant, mais cela ne l'est peut-être pas pour vous.

Bien à vous

Au contraire c'est passionnant. Et d'ailleurs le titre imbécile n'est peut-être même pas de vous, auquel cas je vous présente mes excuses.
Vous nous rassurez... Je n'avais pas perçu votre intérêt "passionné" pour cet article dans vos précédents commentaires. J'avais du mal comprendre. Et je réalise maintenant, éberlué que j'en suis, que vos innombrables commentaires sur tous ces fils étaient donc des éloges passionnés. C'est fou comme on peut se tromper... Je vous présente aussi mes excuses.
;-) bonne réponse d'artman

Excuses bien entendu acceptées, Artman.

 

Bonne fin d'année.

Babar, votre "double", TO, est arrivé !
Ah vous êtes resté cramponné au truc de la "gauche caviar" et aux "gauchistes" ? Vous qui aimez le vintage, dîtes aussi "socialo-communistes", c'est du collector... Mais vous critiquez quoi dans vos commentaires en fait ? C'est extrêmement nébuleux. Je ne vois pas le rapport entre l'article d'un journaliste et votre concept fumeux de "guichet-départ" financé par des mécènes. Vous m'étonnerez toujours Babarsatva, toujours rien côté relents biliaires, vous êtes sûr ?

Le titre de votre article me laisse pantois.

Est-ce une comdamnation des pratiques de la CGT? la crainte d'un bloquage de la situation comme semble le dénoncer la CFDT ?

Les sommes obtenues me semblent dérisoires vis à vis de la rémunération des dirigeants et des actionnaires, faut-il aussi refuser cela à ceux qui seront de toute façon licenciés ?

Est-ce le fait que ces sommes soient soustraites à l'entreprise plutôt qu'à la solidarité du régime d'assurance chômage à laquelle ces employés ont cotisés ?

Est-ce le fait que des avocats profitent de la situation ?

Dans la situation actuelle, toute forme de lutte sociale qui ne passe pas par des actions violentes ou terroristes me semble la bienvenue, encore mieux si elle passe par des décisions de justice.

Je ne vous félicite pas pour la facilité d'accrocher un titre à sensation sur un article dont je ne comprends pas où vous voulez en venir.

Vous avez raison : j'aurais sans doute faire un titre très long et incompréhensible comme ça personne n'aurait lu l'article.

 

Encore une fois, j'ai essayé de faire l'article le plus factuel possible, afin que chacun se fasse son avis. Il ne s'agissait pas d'une condamnation, ce que vous avez voulu y voir. Certains penseront que la CGT a raison, d'autres qu'elle a tort. D'autres que l'avocat fait son beurre là-dessus, d'autres qu'il défend une cause juste et qu'il est normalement rémunéré là-dessus. Ce n'est pas mon travail de vous dire ce que vous devez penser.

 

Par ailleurs, cela me semble passionant de raconter comment ces procès aux prud'hommes s'organisent, comment cela se passe exactement, et aussi les contradictions du droit, qui sont réelles en l'espèce. De fait, oui, du point de vue du droit, je trouve qu' il est étonnant qu'une entreprise puisse être condamnée parce qu'elle n'a pas proposé d'offres en Roumanie alors que si elle le fait, elle se fait épingler illico dans les médias, et c'est bien normal d'ailleurs. Ce sont des questions qui me semblent tout à fait intéressantes, et dignes d'être débattues.

 

Je vous propose le titre suivant :

"Licenciement : Comment la CGT fait cracher les patrons"

si ça ne vous semble pas trop long et suffisement compréhensible.

Ça aurait au moins l'avantage de ne pas donner à penser dès le titre que les employés licenciés touchent un pactole. Les seuls qui le touchent sont les dirigeants, et ils n'ont pas besoin d'entreprendre d'actions en justice, c'est inscrit dans leur contrat.

Vous n'avez pas à me dire ce que je doit penser mais vous pouvez peut-être essayer de penser à l'effet que votre titre fait à ceux qui ont été licenciés ou qui vont l'être.

Encore un effort, Vieux têtard, votre titre n'est pas méprisant envers les salariés concernés et ne peut donc convenir sur un site "de référence".
Cassééééééé... Persiflage cinglant. Impressionnant.
L'expression"certains penseront que, d'autres le contraire" est devenue aussi classique que "de droite comme de gauche". A mon avis, le boulot d'un journaliste n'est pas cette fausse neutralité mais de dominer son sujet de façon à ce qu'il n'amène pas la confusion dans la tête des lecteurs. Or là vous donnez le sentiment que ce qu'obiennent les salariés grâce à leur avocat est combine et compagnie alors que c'est seulement l'application de la loi.
Il existe une autre mine d'or inexploitée : celle de la requalification des CDD, en particulier ceux prétenduement conclus pour une surcharge d'activité.... Requalification en CDI et rupture abusive...ça peut rapporter entre deux et dix mois de salaires... mais les gens n'osent pas.

Quand on parle de 2,5 millions pour 47 salariés, on parle de 53 000 euros par personnes, ce qui fait en moyenne 32mois de salaire. C'est beaucoup, mais pas tant que ca au regarde du Droit du travail et de l'incapacité de reclassement de beaucoup de ces salariés. Et c'est très loin du gros lot.

 

Ensuite, plus spécifiquement sur le cas Olympia, il faut faire attention entre le lien de ces 2,5 millions et la mise en redressement judiciaire. Le défaut de paiement de la société s'élève à plus de 5millions d'euros et concerne de la dettes fiscales et sociales, des dettes judiciaires et des dettes à des fournisseurs. Ces 2,5 millions ne viennent que souligner les problèmes financiers déjà importants de cette société.

 

Enfin, on peut aussi contester les choix stratégiques et les méthodes de management de l'ancienne équipe qui avait procédé aux plans sociaux de 2000, 2003 et 2005. Ou à la nouvelle équipe en place aujourd'hui, qui, bien que travailleuse, ne mène pas bien large.

 

Olympia, c'est 'histoire d'une société qui n'a pas su faire les choix nécessaires dès les premières difficultés en 2000 et qui n'a pas eu le courage d'agir. Elle a préféré préserver sa réputation et jouer sur le terrain politique ce qui l'amène à sa mort annoncée en 2010/11. Les responsables sont donc bien les actionnaires et les dirigeants. Ils auront au final tout perdu par leur incompétence.

 

11ans pour sacrifier une marque, une histoires, une ville et 900 familles de salariés c'est beaucoup, mais pas tant que ça au regard de l'Histoire.

le problème, avec les Prud'hommes c'est d'abord que la forme prime le fond : une lettre mal rédigée, un jour de retard et c'est la condamnation aux 6 mois de salaires minimum prévus par le Code, après quoi seulement on regarde le fond.

Le Code du Travail a été écrit à l'époque où le rapport de force était totalement en faveur de l'employeur. Il était donc juste qu'il rétablisse l'équilibre, et que, par exemple, le doute profite toujours au salarié, réputé plus faible. Mais aujourd'hui le salarié est protégé par des syndicat, des avocats qu'il n'a pas à rémunérer, la procédure est gratuite et du coup, très souvent, c'est le petit artisan ou patron de PME qui est le pot de terre. Nous connaissons tous des abus manifestes, et les dénoncer, comme dire ici qu'il n'est pas normal de reprocher à cette direction de ne pas avoir proposé l'inacceptable (je ne me prononce pas sur d'autres torts qu'elle pourrait avoir) ce n'est pas aller contre le droit des salariés : c'est demander une vraie justice.

Chaque fois qu'un patron commet un abus, il doit être sanctionné. Mais chaque fois qu'un salarié commet un abus il doit l'être aussi. Comment s'étonner, si ce n'est pas le cas, que les employeurs fassent tout pour ne pas embaucher ? A terme tout le monde est perdant.

Il y a du vrai dans ce que vous dîtes, Christian. Il est normal que la législation soit stricte pour défendre le faible, le salarié donc. Mais il arrive que cela se retourne contre l'employeur, parfois peut-être à son corps défendant. Tout cela est le résultat du déséquilibre grandissant entre le pouvoir et l'assujetissement.

 

Il est du coup assez difficile, au vu des positions exacerbées et du politiquement correct, de décrire ce paradoxe inévitable: proposer un emploi dans un pays émergeant pour un salaire dérisoire résonne comme une insulte et un mépris du salarié. Ne pas le faire est lourdement condamnable par la loi.

+1000 pour Christian78 !!

Vous ne pouvez pas savoir comme ça me fait plaisir de vous lire, moi qui suis responsable RH dans une PME d'une petite centaine de personnes.

Que n'aurait-on pas entendu ici même si cette entreprise avait proposé un reclassement en Roumanie ?! "Inadmissible !" "parfaitement indigne !"

Par ailleurs, j'aimerai vraiment que les lecteurs de Médiapart se rendent compte de la difficulté et de l'incertitude juridique dans laquelle évolue les PME.

Oui, bien sûr qu'il y a des patrons qui abusent, des actionnaires qui se gavent sur le travail des salariés et il faut dénoncer ces comportements, les sanctionner, taxer fortement ces "plus-values".

Mais pas d'angélisme ! de l'autre côté aussi, on a des salariés intéressés et qui se servent des prud'hommes pour "battre monnaie", dans l'espoir de trouver la "petite" faille de la procédure (le mot de trop dans la lettre de licenciement, le jour de retard, l'offre de reclassement pas assez explicite) pour toucher le jackpot !

Et personne n'est gagnant ! Dans une PME "essorée" par par ce type de pratique, ça se traduit par l'arrêt des embauches (souvent net et brutal), bien souvent par l'arrêt des augmentations de salaires et des primes (pas de sous et puis à quoi bon ! les gens ne sont jamais contents), par la perte de confiance dans les rapports avec les salariés, la rigidification de ces rapports (lettre d'avertissement au moindre retard ou absence, recours aux avocats sitôt qu'il y a doute d'où une spirale infernale où le salarié se sentira fliqué et harcelé)...

"Mais aujourd'hui le salarié est protégé par des syndicat, des avocats qu'il n'a pas à rémunérer, la procédure est gratuite..."

 

Ce que vous affirmez est faux : si vous me trouvez un avocat que l'on ne rémunère pas, envoyez moi son adresse !

Il ne faut pas faire d'amalgame entre frais de justice et frais d'avocat : en effet, les frais de justice peuvent être payés par la partie "perdante" (il arrive aussi parfois que la procédure aux prud'hommes soient perdu par les salariés qui doivent donc payer les frais de justice !). Mais surtout, et c'est là où je ne suis pas d'accord du tout, les frais d'avocat n'ont jamais (et j'insiste !) été gratuit !

 

Dans le cas où le salarié gagne son procès (et en retire des indemnités), l'avocat qui est en charge du dossier se payera (grassement) avec ces indemnités (et les frais de justice seront en général payés par l'employeur). Mais dans le cas contraire, les frais d'avocat seront à payer comme dans toute procédure de justice !

 

En bref, affirmer que les salariés n'ont pas à rémunerer un avocat et que la procédure est gratuite est totalement faux !

 

en attendant la flexisecurité sociale professionnelle ,il faut protéger les salariés qui sont des humains et non pas des " cleanex " que l'on prend et que l'on jette .

Anna Dubois

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  • 29/12/2009 13:11
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Ville ouvrière qui a perdu plus de 20% de ses habitants en 35 ans, de vieille tradition communiste puis assimilée socialiste jusqu'en 2008. Une piscine payée dans les années 70 en grande partie sur ses propres deniers (donc ceux de ses habitants modestes), pour cause de blocage de subventions. Piscine maintenant fermée pour cause de vétusté. Un centre ville dont les devantures ont peu changé depuis 30 ans, 17% de la population active au chômage.

 

La désespérance ordinaire. Les clandestins mis à part, cet épisode est un peu l'illustration du propos de Ken Loach dans "It's a free world" : le militantisme et la lutte pour des idéaux communs ont laissé place au "chacun pour soi". C'est sans doute tout ce qu'il reste.

 

47 licenciés gagnent, tant mieux pour eux, tant pis pour ceux qui restent. Il n'y a pas de jugement à porter là-dessus, juste un triste constat et des rancoeurs chez les intéressés. Chronique ordinaire de la France qui se lève tôt. Certains se consoleront peut-être même en écoutant les chansons de Johnny.

Bonjour à tous,

Par le biais des commentaires des lecteurs et des précisions données par son auteur, l'article prend une tout autre dimension du fait des multiples interprétations, réactions, témoignages ou procès d'intention : c'est d'une très grande richesse !

 

Je tenais juste à remercier Mathieu Magnaudeix pour cet article qui m'éclaire entre autres, sur le fait que certaines entreprises proposent des postes de reclassement en Roumanie ou en Tunisie. Ce n'était donc pas forcément une marque de cynisme ou de mépris (du moins à ce niveau là) : elles y étaient obligées par le code du travail. Et moi qui m'offusquais quand j'entendais de telles propositions...

Mais alors pourquoi ces"patrons" avec leurs propositions indécentes ne se défendent-ils pas mieux en arguant de cette obligation de reclassement ? Est-ce parce qu'en terme d'image, ce type de propositions coûte plus cher que d'éventuels procès, ou bien est-ce plutôt parce qu'en révélant cette faille au grand jour, on risque de voir se multiplier les poursuites contre des amis du MEDEF ? J'ai du mal à comprendre à moins que tout simplement leurs juristes n'aient pas été à la hauteur...

 

Finalement, ce qui est regrettable c'est que les salariés doivent se battre sur la forme des licenciements (vices de procédure) et non pas sur le fond (justifications économiques infondées) pour qu'ils puissent espérer avoir une forme de justice. Et dans ce sens, je trouve que le titre de l'article est plutôt bien choisi : il s'agit malheureusement d'une loterie. Et c'est ce qui m'indigne dans l'article.

 

En tout cas merci pour cet article et les commentaires qui m'ont permis d'avoir des éléments pour essayer de me forger ma propre opinion : c'est justement cela que j'attends de Médiapart.
Cordialement à tous,

Effectivement, la plupart des avocats (et donc des procédures aux prud'hommes) axent leur plaidoirie sur la forme et non sur le fond.

 

En revanche, il y a de nombreux cas où c'est bien le fond qui a été contesté : l'absence de justification économique. Mais il est très difficile de pouvoir mettre à jour cette absence de justifications économiques dans la mesure où les entreprises ne permettent pas l'accès aux "livres de comptes" aux salariés...(d'autant plus dans les PME et les très petites entreprises. Pour les grandes entreprises, le CE a un droit de regard assez limité sur la santé financière de l'entreprise dans la mesure où les patrons se gardent bien de communiquer l'ensemble des chiffres qui "fâchent"... J'en parle car je connais très bien ce volet car je suis un ancien salarié de Molex : malgré une décision de justice qui ordonnait à Molex de nous communiquer l'ensemble des documents comptables pour justifier le licenciement économique et donc la fermeture du site, nous n'avons jamais eu ces fameux documents : et pour cause puisque la rentabilité du site a été largement démontré malgré l'absence de l'ensemble des documents comptables ...

Mais personne dans ce pays (gouvernement ?) n'a obligé Molex à obtempérer à une décision de justice!!! Et ce à 4 reprises !!! La justice n'est pas la même pour tous...)

Au delà du titre, il me semble justifié que les salariés jouent de toutes les cordes qui restent à leur arc pour obtenir réparation de sociétés qui n'ont pour objectif que la maximisation de leur profit au mépris des hommes et femmes salariés qui la constituait.

Mais le véritable problème à plus long terme demeure. Si les conditions de survie des entreprises impliquent le respect de règles mondiales à bas coût salariaux, que vont devenir les conditions d'emploi, ici et demain?

 

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  • 29/12/2009 14:44
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Ceux qui veulent rester en France sont mis au chômage pendant que le gouvernement se plaint de voir les Français aller travailler à l'étranger. Le double langage...

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Le gouvernement français n'a pratiquement signé aucune convention importante de l'OIT quand son président est allé tenir un discours, sans aucune portée politique ni engagement. Les salariés pauvent s'inspirer de la Charte sociale européenne (ratifiée par la France) et du droit communautaire (d'application directe). Ces principes sont opposables devant le juge français, qui peut solliciter l'avis de la Cour de justice de l'Union européenne (Wikipédia) dès le premier degré de juridiction par la voie de la question préjudicielle depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.

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La jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne fait l'objet d'un bulletin d'information rapide dont la consultation gratuite et en ligne est à conseiller à toutes les organisations de défense (consommateurs, travailleurs, familles). Ce sont les plaideurs qui font évoluer le droit en l'utilisant. Ignorer le droit européen est l'abandonner aux puissants.

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Il existe plsuieurs voies de recours. Il est possible de saisir les députés européens de l'Union. Un citoyen européen peut s'adresser à n'importe lequel, les Français dorment. Il est également possible de déposer plainte auprès de la Commission européenne en cas de violation du droit communautaire en France. Ce ne sont donc pas les outils qui manquent mais la volonté de s'en servir.

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Au delà de la condition salariale, le gouvernement français n'a toujours pas signé le protocole additionnel N°12 de la Convention européenne des droits de l'homme relatif à la prohibition générale de la discrimination. Cela finit d'établir l'absence d'humanisme des politiques qui se sont succédés à la tête du pays depuis le 27 juin 2000, date à laquelle ce protocole à été soumis à la ratification des Etats membres à la Convention européenne. Cela démontre que la France est le pays des droits de l'homme seulement quand il s'agit de donner des leçons aux autres.

 

Certains patrons se moquent du sort de la salariés occupés qu'ils sont à presser le jus des profits . C'est normal c'est même une tactique systématique qui devrait être employée les tacler au maximum au porte monnaie pour que les licenciements bidons et boursiers uniquement sur le toujours plus au détriment des petits deviennent tellement exhorbitants qu'il y renoncent . Et oui certains crieront au loup avec les délocalisations, il n'y a plus qu'à taxer les délocalisations en imposant des droits de douanes prohibitifs sur les conditions sociales de production , mais nos politiques trop trouillard n'en veulent pas , eux ce qu'ils veulent c'est le cumul les petits arrangements la retraite de député ou de sénateur , le gras le bout de gras payés par le contribuable toujours plus pauvre grace à leur inéfficacité .La vraie délinquance aujourd'hui c'est d'abandonner les gens brutalement sans aucune formation sans les préparer aux changements . Nos patrons et super managers incapables de former les salariés et qui imposent le harcèlement des actionnaires ras le bol , alors salariés foncez , faites vous de l'argent sur la bête , décomplexez vous , certains patrons qui gagnent 100 1000 fois plus que vous le font sans complexe pour continuer à se gaver quand vous êtes au bord de la faillite ...

Votre commentaire est l'exemple même de l'amalgame et du raccourci schématique. Il n'y a pas que du faux mais il n'y a pas que du vrai. La vie se résume à autre chose que "salauds de patrons" et "fainéants d'employés". Les nuances sont heureusement plus nombreuses.

 

Je pense depuis des années que le conflit n'est plus frontal chefs d'entreprise/salariés. Il est bien plus complexe que ça. C'est un problème en strates. Salariés, chômeurs, artisans, commerçants, indépendants, PME sont tous, à des degrés divers évidemment, dans le même sac. Au-dessus, les systèmes financiers, les grands groupes énergétiques, bancaires, de communication, de distribution et autres, mènent la danse avec l'aimable concours du monde politique. Nous sommes enserrés dans un asservissement multiple. Je pense que le combat à mener est d'un autre ordre que celui que nous connaissons depuis des décennies, de même que l'opposition systématique droite/gauche me semble aujourd'hui désuète et inadaptée. Sauf à regarder encore longtemps à nos dépens la partie de ping pong et de compter les points... qui risquent fort de tomber dans la même escarcelle.

@ artman

La loi des grands nombres fait qu'il y a des personnes peu scrupuleuses un peu partout. L'absence d'ambition intellectuelle d'une société et l'inertie de la médicorité permettent à ces personnes de prospérer et d'être influentes. J'adhère assez à l'analyse sur l'existence d'une classe dirigeant adminsitrativo-politique - le colbertisme - dont l'absence d'humanité et la déconnection au réel expliquent assez bien la panne démocratique et le mépris ressentis actuellement.

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Ce n'est pas la littérature qui manque sur le sujet et la prise de conscience du problème n'est pas récente. C'est à se demander si la politique est animée par les principes qu'elle prétend promouvoir ? La classe politique n'est peut être pas à la hauteur de ses idées. D'où la perte de distinction entre droite et gauche, la confusion propos de l'action syndicale, l'inversion des normes, le discours discriminatoire, etc.

Artman : Je pense depuis des années que le conflit n'est plus frontal chefs d'entreprise/salariés.

il l'est d'autant moins que lorsqu'il s'agit d'un licenciement individuel pour des motifs autres que économique, il résulte le plus souvent d'un conflit entre salariés. L'employeur se voit mis en demeure de choisir entre deux personnes qui ne s'entendent plus, et il se sépare -parfois à regret - de celle qui lui semble la moins utile à l'entreprise, ou la plus rejetée par le groupe. Ce qu'il paye alors -en cas de condamnation Prud'hommale - ce n'est pas sa volonté d'avoir mis fin à une relation professionnelle , c'est son incapacité à avoir su imposer la paix dans l'équipe. On peut trouver cela normal, mais il faut en avoir conscience.

Il faut rappeler aussi que les conflits sociaux existent aussi bien dans les entreprises publiques que privées, et même les partis politiques, ou les syndicats. Toute relation professionnelle peut passer par les mêmes stades qu'une vie de couple, de la lune de miel au divorce. Et il me semble sain que dans les deux domaines le législateur ait introduit la possibilité de séparation par accord amiable, même s'il y aura toujours un perdant.

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  • 29/12/2009 16:50
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Merci pour cet article.

L'ambiance dans les rues de Romilly entre ceux qui vont recevoir leur lettre de licenciement et ceux qui vont recevoir leur chèque va être bonne, en cette fin d'année.

D'après la presse locale, l'entreprise Olympia était en passe d'être sauvée, avec préservation d'emplois sur le secteur de Romilly. Les efforts entrepris par Catherine Rambaud semblaient porter leurs fruits. Cela peut sans doute se discuter, au niveau économique, mais l'hypothèse mérite d'être retenue, ne serait-ce que pour la discussion. Les choses n'auraient pas été différentes dans le cas d'un "chantage à l'emploi".

Les salariés précédemment licenciés (les 47) n'avaient rien à perdre. Ils ont défendu leur bifteck. Logique. Mais terriblement dans la mentalité néo-libérale.

Plus inquiétante est l'apparition d'avocats, pendant "salariés" de nos fameux "avocats d'affaires". Ils agissent comme des "prédateurs", aux dépens du lien social.

Assisterait-on à une mutation de certains syndicats, préférant les "coups" au maintien de l'emploi ? Je retiens ces mots d'Alain Minc "Je dis chapeau bas aux syndicats! (…) ils ont cogéré cette crise avec l'Etat. Le patronat, en tant qu'acteur social, a été aux abonnés absents. (…) S'il y avait un dixième du talent de l'Etat-major de la CGT au Medef, les choses iraient mieux ». "

Quels sont les véritables enjeux à défendre au niveau des salariés? Faut-il sauver les emplois ou accepter les suppressions de postes, contre un gros chèque ?

Lors de conflits sociaux récents, il est apparu que les négociations portaient davantage sur le montant de chèque que sur la préservation des effectifs et la défense des conditions de travail. Comme si, de fait, les salariés et les syndicats s'avouaient vaincus d'avance et n'avaient plus le goût de se battre pour sauver leur entreprise, ou n'y croyaient plus. Comme un ultime divorce avec l'entreprise, et la désespérance pour l'avenir, l'abandon de la lutte. Avec ce virage de la CGT, peut-on le signe de la soumission aux ultra-libéraux ? Ou une radicalisation des positions, le "perdant-perdant" pour amener au "grand soir" ?

 

 

 

 

 

 

Ouf enfin un commentaire interessant sur cette article tout aussi interessant un informatif . Cet article pose aussi la question de la protection de l'emploi qui est aujourd'hui fortement décriée par les libéraux et présentée- peut être avec juste raison?- comme un frein à la création de l'emploi???

Il n'est pas incompatible de lutter sur le terrain pour que chaque salarié viré parte avec le maximum, et au plan national d'essayer de faire avancer les idées d'extrême gauche d'interdiction des licenciements. Dire que seules les revendications gauchistes seraient légitimes, ce serait abandonner les salariés de base, alors que déjà ils n'adhérent que marginalement aux syndicats.

Pourquoi seuls les riches pourraient-ils utiliser les ressources du Code du Travail ? Quelle jouissance les gauchistes tirent-ils de voir des gens encore plus dans la misère qu'ils ne pourraient l'être s'ils étaient correctement défendus (ce qui est le cas des affaires décrites dans l'article, du fait d'un texte de loi qu'on veut mettre à égalité avec un jeu télévisé pour bien infantiliser cette insolence ouvrière de vouloir être traité à égalité avec le patron devant le juge).

Il est assez intéressant de constater qu'une entreprise licenciant à tour de bras mais respectant scrupuleusement les procédures même les plus indécentes comme des propositions de reclassement en Roumanie ou en Inde (ça s'est vu) ne se verra pas condamnée !!!

Comme quoi, il arrive au droit de ne pas être décent !!!

Le fond du problème est là et je trouve que Mathieu Magnaudeix l'a plutôt bien mis en avant...

Après le titre... Raccoleur ou pas ? Bof !!!

Quant aux différentes stratégies des avocats, ma foi, dans ce genre de drames sociaux et humains, il faut savoir faire flèche de tous bois et ne pas trop s'inquiéter de l'aspect moral ou décent de ces mêmes stratégies.

S'il y a une faille juridique, pas de problème, on l'emprunte avant qu'elle ne se referme, ce qui risque de ne pas tarder...

Surtout si c'est au profit des salariés licenciés...

Quant aux entreprises concernées et au fond de garantie, ben je m'excuse mais je vais pas trop les plaindre...

Surtout que je doute un peu de leur sincérité lorsqu'ils nous affirment la main sur le coeur que s'ils n'on pas fait de propositions de reclassement, c'est par respect de la dignité humaine...

Faudrait se renseigner sur le sort des DRH de l'époque...

 

"Il est assez intéressant de constater qu'une entreprise licenciant à tour de bras mais respectant scrupuleusement les procédures même les plus indécentes comme des propositions de reclassement en Roumanie ou en Inde (ça s'est vu) ne se verra pas condamnée !!!

Comme quoi, il arrive au droit de ne pas être décent !!!"

 

C'est le discours habituel du patronat contre le Code du Travail : on prend un exemple caricatural, et on sous-entend que par le biais d'"avocats" des gueux s'en mettraient injustement des "millions" dans la poche.

Pour qui connait un peu les prud'hommes ce n'est pas effectivement pourri que du côté patronal, mais ils restent quand même un garde-fou salutaire.

Au départ la loi se voulait protectrice avec l'obligation de proposition de reclassement.

J'ai bien envie de répondre au DRH de PME qui est intervenu pour indiquer la souffrance des petites boites face au droit du travail que c'est quand même plus facile pour elles de trouver un bon avocat, et qu'en plus ses honoraires sont déductibles et la TVA récupérable, ce qui n'est pas le cas pour l'avocat du salarié ou du groupe de salariés pour les licenciements collectifs.

Ouaip... pas rare non plus que l'avocat du groupe de salariés propose de prendre un pourcentage sur les gains plutôt que des honoraires classiques. Par ailleurs, si vous avez l'aide juridictionnelle, vous ne payez pas forcément l'avocat. Alors qu'une entreprise paye de sa poche les honoraires...

Quant aux entreprises, toutes ne peuvent pas récupérer la TVA (tout dépend de leur régime fiscal).

Ensuite, un bon avocat ne règle pas le problème de l'incertitude juridique "au jour le jour" que je soulignais. Je suis sûre que les salariés de ma boîte adoreraient que je leur dise "une minute, j'appelle mon avocat" à tout bout de champs ! Je me ferai pendre avant la fin de la journée, je suis sûre .

Enfin... ou est-ce que vous avez vu qu'il est plus facile pour une entreprise de trouver "un bon avocat" ? Croyez-vous qu'on a notre répertoire téléphonique bourré de numéro de téléphone de juristes ? Je ne sais pas à quel secteur vous faites référence mais c'est pas le cas dans le secteur agricole, croyez-moi !Faut pas croire... les patrons sont des humains comme les autres. Tant qu'ils peuvent éviter d'avoir affaires à ces gens-là...

La seule chose que je dis, c'est que le droit du travail est une matière complexe où un faux pas peut couter très cher à une entreprise (au fait : une entreprise n'est pas forcément une entité monstrueuse de plusieurs milliers de salariés... c'est bien plus souvent une poignée de gus - quelques dizaines tout au plus - dans un local).

Désolé Mathieu Magnaudeix, votre titre est trompeur, "licenciement qui veut gagner des millions". 47 salariés ont été licenciés dans le cadre d'un plan social, ils ont obtenu en Justice une somme de 2,5 millons d'€, soit 53.000 € par salariés licenciés. Rien à voir à voir avec les millions des rémunérations de nos grands patrons, les Proglio et autres, bonus, parachutes dorés et stocks options scandaleux. Mais cette décision de justice est à l'origine d'un nouveau plan social. Mais je ne vois pas en quoi les bénéficiaires des indemnité devraient être rendu responsables de cette situation. S'il existe un fond patronal qui prend en charge les salaires et indemnités des entreprises en liquidation judicaire, bonne occasion de se retourner contre ce fond, au lieu de culpabiliser les victimes d'un précédent plan social qui n'ont obtenu que 53.000 €. J'avais gardé le souvenir, que c'est la CFDT, qui avait choisi d'aller systématiquement en Justice, je ne comprends pas qu'elle puisse, maibntenant, venir le reprocher à la CGT, qui doit défendre les intérêts matériels et moraux de ses syndiqués. Alors, on repoche aux salariés d'abuser des vices de formes des plans sociaux, Mais en Justice, c'est la règle, c'est sur sur un vice de forme que le plus souvent on gagne ou on perd un procès. Je ne connais pas le texte concernant le reclassement, s'il prévoit explicitement en France ou à l'étranger, mais il me semble que certains abus ont été commis dans l'offre d'un reclassement à bas salaire dans les pays étrangers. Si la formule se retourne aujourd'hui contre une entreprise, un Projet ou une proposition de Loi de l'UMP ne tardera pas à venir au secours des patrons voyoux ou pas. Finalement, c'est bien les victimes de licenciements qui paieront les pots cassés et pas le Patronat qui use et abuse du Droit contre les salariés, les consommateurs en bénéficiant de multiples exonérations fiscales et sociales. S'il faut prendre en compte la diversité de situation entre une TPE,PME, multinationale. Le rapport de force entre petit patrons et salariés jouent le plus souvent en faveur des patrons. Ce sont les experts comptables qui préparent le licenciements des salariés. Ils sont parfois menacés s'ils vont aux prud'hommes de ne plus retrouver d'emplois dans les zones rurales. Il ne faut pas perdre de vue qu'un salarié est en situation de subordonné par rapport à son employeur et qu'il a la charge de la preuve, ce qui n'est pas facile d'obtenir de la part de ses collègues de travail, alors que le patron trouve souvent des attestations de complaisance. Sincèrement, "comment gagner des millions" ne concerne pas les salariés bénéficaires d'un plan social.

Je suis moi aussi choquée par cet article et ne rajouterai pas mes commentaires, vous (tous) l'avez fait pour moi : globalement je trouve cette analyse faussée car très incomplète .

Ma question : n'y a t'il pas de comité éditorial / rédac chef à Médiapart ? quelqu'un qui a relu et accepté cet article et pourrait nous expliquer pourquoi ? et aussi comment il s'inscrit dans ce journal ?

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Pour gagner des Millions d'euros, voir SARKOZY-TAPIE. J'achète ADIDAS avec un prêt du Crédit Lyonnais. je ne rembourse par le prêt à l'échéance et je ne paye pas les intérêts. Usant de son nantissement la filiale du Crédit Lyonnais créditrice obtient un mandat de vente à un prix détrminé. Tapie accepte la vente. Une procédure en liquidaton judiciaire et même en banqueroute est engagée. Arrive Sarkozy, la Justice est dessaisie au profit d'un arbitrage privé prévoyant une indemnité de 50 millions pour préjudice moral. Et finalement c'est le contribuable qui paye 390 millions d'euros à Tapie, dont 45 millions de préjudice moral. 53.000 € d'indemnité pour un licenciement, 390 millions d'€, sans avoir apporté un centime, c'est du grand art. Merci Sarkozy, ou comment gagner plus sans travailler.... Je crois, que la majorité des commentaires ne comprennent pas, Mathieu Magnaudeix, le sens de votre titre "Licenciement, comment gagner des millions".

les soquettes Olympia à Mathieu

 

31307_350_A.jpgRésumé de l’affaire : « En 2005, Catherine Rambaud P-DG des chaussettes Olympia supprimait près d'un emploi sur deux dans l'usine de Romilly, dans l'Aube, et délocalisait la production en Roumanie. Aujourd'hui, la ville est divisée entre ceux qui ont sauvé leur emploi et ceux qui l'ont perdu. Ces derniers ont attaqué Catherine Rambaud en justice et ont gagné »

 

 

Alors, content de vous, Mathieu Magnaudeix ?

Ca y est, vous avez trouvé une réponse à votre question « Licenciements : qui veut gagner des millions ? » En tout cas, on sait qui a gagné la queue du mickey…

Pas encore convoqué par votre employeur, Mathieu Magnaudeix ? C’est quoi la procédure à Médiapart, quand Edwy n’est pas content ? Il y a des textes ? Des jurisprudences journalistiques ? Je sais, oui, il y a votre convention collective des journalistes, (art. 44, 47 et suivants, conciliation, arbitrage sans avoir à passer par la case Prud'hommes) en béton armé, mais elle n’endiguera pas la colère…

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Puisque vous parlez de journalistes, personne n'a été choqué lors du départ de certaines vedettes de "Libération" au moment du départ de Serge July, avec des indemnités extrêmement confortables. Et ce alors que le journal pouvait déposer le bilan à tout moment.

Il est vrai qu'il s'agissait de journalistes et non de prolos.

Sinon je suis en désaccord quand vous réclamez des sanctions contre Mathieu Magnaudeix (quoique je suppose que c'est de l'humour ?), qui s'est contenté de faire ce que fait souvent la rédaction en chef : affubler un article intéressant d'un titre nul.

Et quand on voit que dans la première version de l'article du journaliste vedette Gérard Desportes d'hier, juifs et musulmans étaient dépeints comme "étrangers" je pense que Mathieu Magnaudeix a encore de la marge.

 

Bonne fin d'année.

"... vous réclamez des sanctions... je suppose que c'est de l'humour...", dites vous ! ben oui, je déconne, Boddisatva...! je me moque aussi de nous, au départ !!!

je vais tenir compte de votre lecture et modifier un peu.

bonne journée à vous !

R.

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  • 30/12/2009 09:36
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A premiere vue j'ai tiqué sur le titre, il m'a gèné et me gène toujours aprés avoir lu l'ensemble des commentaires.

Il ne s'agit pas de gagner des millions, on est loins des parachutes dorés garantis aux dirigeants, il s'agit d'indemnités compensatices que la loi prévoit pour lesquelles il faut se battre pied a pied, combat qui n'est jamais gagné d'avance et qui est perdu si l'on ne combat pas.

Le licencié n'est pas complètement désarmé, c'est le sujet de l'article.

Donc il perd beaucoup,il peut perdre moins mais l'indemnisation qu'il peut espèrer obtenir ne remplacera jamais un emploi stable, une vie sereine et un équilibre familal.

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  • 30/12/2009 11:08
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Contrairement à de nombreux autres lecteurs, je trouve cet article très intéressant sur le fond et sur la forme. Pour moi, il montre que rien n'est tout blanc ou tout noir, avec la bonne dose d'humour en plus.

Évidemment les employés licenciés ont raison de demander des indemnités, surtout s'ils peuvent les obtenir. Mais qu'attaquent-ils au fond ? Un vice de procédure, et non pas la légitimité du "plan social"... Contrairement à ce qu'espère la CGT, ces procès ne changeront rien sur l'envie des entreprises de délocaliser. La preuve : la procédure de licenciement est en train d'être modifiée.

Finalement, il apparaît bien que les salariés qui engagent ces procès profitent d'une "manne" qui ne durera que quelques années. Et leurs avocats se remplissent le poches, sans doute tout en étant fiers de contribuer à une cause socialement juste.

Beaucoup de lecteurs ont trouvé cet article intéressant - comme moi - mais sont choqués par le titre - et moi aussi. Je trouve dommage que Mathieu Magnaudeix n'ait pas le bon sens de reconnaitre son erreur au lieu de s'enferrer sous prétexte d'"assumer". Espérons que ce "quotidien de référence" ne va pas se prendre au jeu des titres sensationnalistes et mal adaptés au contenu de l'article, c'est déja arrivé à d'autres "quotidiens de référence".

Permettez-moi de trouver cet article excellent !

Je trouve excellent cet article de Mathieu MAGNAUDEIX : " Licenciements : qui veut gagner des millions ? " Je le trouve très bien documenté, très factuel, très précis. Je pensais que les thèmes abordés : les Salariés, les Avocats, la Justice, les Syndicats, allaient provoquer des débats sérieux et constructifs sur MEDIAPART.

La lecture des commentaires m'a terriblement déçu. J'ai observé que de nombreux lecteurs se sont polarisés sur le titre : " qui veut gagner des millions ? " Ce titre " accrocheur " n'est certes pas extra mais il n'a qu'un but, inciter les lecteurs à lire l'article. C'est très souvent le cas des titres mais, à mon avis, c'est assez secondaire !

Je pense que si les commentateurs avaient lu posément l'article, ils auraient noté que les millions d'euros d'indemnités obtenus ou réclamés à la Justice par ces pauvres Salariés, jetés comme des Kleenex, sont à répartir entre des dizaines d'individus. Les quelques milliers d'euros, touchés par chaque Salarié pour réparer leur vie professionnelle brisée, représentent bien peu. Il faut en effet comparer ces quelques milliers d'euros aux centaines de millions d'euros qu'un Tribunal Arbitral nous a demandé de verser à Bernard TAPIE. Il faut comparer ces quelques milliers d'euros aux parachutes dorés de centaines de millions d'euros versés à des dirigeants incompétents de grosses Sociétés.

Je pense que si les commentateurs avaient lu posément l'article, ils auraient noté que les millions d'euros vont dans la poche des Avocats qui, très habilement, exploitent le système. Doit-on les critiquer ? Ces Avocats ont apparemment défendu correctement leurs Clients. Il est donc normal qu'ils en soient récompensés. Ont-ils trop touché par rapport au travail qu'ils ont effectué ? A chacun d'en juger. Par contre, puisque l'on aborde la déontologie de cette profession, j'en profite pour signaler que certains Avocats font le jeu de la partie adverse. C'est absolument scandaleux et difficilement croyable mais c'est ce que j'ai malheureusement constaté dans le procès que j'ai engagé contre mon ancien Employeur. Voir mon blog sur MEDIAPART :

http://www.mediapart.fr/club/blog/jacques-lecoq/051109/mon-proces-contre-la-societe-x

Il semblerait que " le procédé " soit assez courant lorsqu'une victime attaque une grosse Société !

Je pense que si les commentateurs avaient lu posément l'article, ils auraient noté également que, ces derniers temps, la Justice n'évolue pas dans le sens de l'intérêt des victimes. Comme l'indique Mathieu MAGNAUDEIX dans son article, la prescription en matière de reclassement, a été ramenée de 30 ans à 5 ans. Ce n'est pas rien ! La réduction de la durée de la prescription, très défavorable aux citoyens, a été décrétée dans de très nombreux autres domaines juridiques. Les médias " classiques " vous en ont-ils parlé ? N'êtes-vous pas inquiets de l'état de notre Justice ? Les Magistrats sont inquiets. Voir leur communiqué du 14 décembre 2009 :

http://www.syndicat-magistrature.org/spip.php?article993

Ces sujets ouvrent quelques idées de discussions. Dans cet excellent article, il y a certainement beaucoup d'autres sujets intéressants, comme le comportement des Syndicats. C'est la raison pour laquelle, je pense qu'au lieu de longs commentaires sur le titre et d'attaques du Journaliste, il aurait été préférable de proposer de beaux débats constructifs sur des sujets importants de Société, suggérés par cet article.

Bonne année 2010 à tous les lecteurs de MEDIAPART.

Jacques LECOQ

 

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Cet article est né un peu par hasard, d'une conversation avec Maurad Rabhi, croisé récemment dans les couloirs de la CGT à Montreuil. Prêt depuis un certain temps déjà, il semblait judicieux de le publier alors que 101 salariés d'Olympia s'apprêtent à recevoir leurs lettres de licenciement.