L’affaire Taubira ou la rencontre de l’impensé colonial et du néolibéralisme

Par

Si Christiane Taubira est attaquée, c’est qu’elle résiste à la crise de souveraineté qui mine la politique. C'est aussi parce qu'elle trace une diagonale audacieuse entre les deux blocs qui arraisonnent le débat public, le souverainisme xénophobe nourri au racisme colonial et le mondialisme néolibéral.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

«Pourquoi Christiane Taubira cristallise les haines », titrait presque innocemment Le Monde du 8 novembre 2013 sur une pleine page. Oui, c’est vrai : pourquoi Taubira cristallise-t-elle la haine d'Anne-Sophie Leclere ? Cette candidate FN affirmait sur son site internet qu’elle préférait la voir avec ses semblables « dans les branches de son arbre plutôt que de la voir au gouvernement ». Pourquoi la garde des Sceaux cristallise-t-elle les haines des catholiques de l’institut Civitas, opposants à la loi sur le mariage pour tous, qui manifestent dans les rues de Paris aux cris de : « Y a bon Banania, Y a pas bon Taubira » ?