Ils témoignent: travail en pointillé, précarité à temps complet

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Chômage, intérim, petits boulots saisonniers, contrats à durée déterminée ou dérogatoires au droit du travail, les vies professionnelles sont de plus en plus discontinues. Pour des milliers de Français et en particulier les femmes, les jeunes et les « seniors », la précarité est devenue un état permanent. Portraits et témoignages.

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À lire ce seul chiffre, on pourrait croire que rien n’a changé. Au dernier trimestre 2014, seuls 7,6 % des salariés étaient titulaires d’un CDD. Le CDI resterait donc, à première vue, la norme pour l’écrasante majorité des actifs. Autre constat : l’an dernier, 84 % des embauches (hors intérim) étaient des contrats à durée déterminée, alors que cette proportion s’élevait à 73 % en 1999, selon Sophie Robin-Olivier, professeur de droit à la Sorbonne, spécialiste des contrats de travail flexibles. La tendance au travail discontinu est donc solidement installée, sans même parler des missions d’intérim, des CDD d’usages, ou des travailleurs indépendants faisant office de salariés.