Le Conseil constitutionnel assiégé par les patrons

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Les groupes économiques les plus puissants abreuvent l’institution de notes et multiplient les rencontres pour protéger leurs intérêts. Une activité souterraine soumise à aucune règle.

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« “Nous attendons beaucoup du Conseil constitutionnel. Nous n’avons pas été déçus par vos décisions précédentes. Ce 21 mai 2014, Pierre Gattaz, alors patron du Medef, déjeune en compagnie du président de l’institution, Jean-Louis Debré, et de son secrétaire général, Marc Guillaume. Il ne se prive pas de mettre la pression sur le maître des lieux pour qu’il censure des réformes qu’il juge défavorables aux entreprises. “L’homme est agréable, réaliste et désireux d’œuvrer intelligemment à la défense de notre économie”, se contente de relever l’ex-président de l’Assemblée nationale, qui raconte l’anecdote dans son livre de souvenirs Ce que je ne pouvais pas dire, publié en 2016 » : ainsi commence une longue enquête du magazine Marianne consacrée au lobbying du monde patronal en direction du Conseil constitutionnel.