Nouveau Magazine littéraire: Perdriel débarque Glucksmann pour anti-macronisme

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Nicolas Domenach est nommé directeur du journal en remplacement de Raphaël Glucksmann, jugé trop peu favorable au chef de l’État.

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L’ancien patron de l’Obs, Claude Perdriel, est décidément coutumier des purges pour raisons politiques : après avoir contribué au licenciement d’Aude Lancelin de l’hebdo dont il avait cédé le contrôle majoritaire au milliardaire Xavier Niel, voici qu’il use de pratiques similaires au sein du Nouveau Magazine littéraire, une publication dont il est encore le principal actionnaire, même si le même Xavier Niel y détient une part minoritaire.

Comme le raconte Le Figaro, c’est en effet une « étrange passation de pouvoir » qui a lieu « entre Nicolas Domenach et Raphaël Glucksmann à la tête du Nouveau Magazine littéraire, édité par le groupe de presse de Claude Perdriel ». Explication du quotidien : « Le jeune philosophe, écarté cette semaine de la direction du magazine, justifie clairement son débarquement dans un papier titré “Explications” à paraître dans les pages du numéro de septembre, en kiosque mercredi prochain. Selon lui, son actionnaire lui reproche une ligne éditoriale clairement anti-macroniste. “Il ne fut jamais question pour nous de faire un magazine pro ou anti Macron. Comme vous avez pu le noter en nous lisant, le président de la République n’était pas au cœur de nos préoccupations. Il était même le cadet de nos soucis. Pourtant c’est bien notre façon de l’aborder qui suscita les désaccords menant aujourd’hui au divorce avec l’actionnaire majoritaire”, explique Raphaël Glucksmann. »

Le Figaro poursuit : « Mis en cause, Claude Perdriel réplique dans un papier publié en face de celui de son ex-employé. “Cher Raphaël Glucksmann. Je suis de gauche, mais pas comme vous”, commence-t-il avant de justifier sa décision. “Nous revendiquons pour ce magazine une indépendance totale vis-à-vis de tous les pouvoirs financiers, politiques ou médiatiques. Nous n’avons que faire des bien-pensants et c’est précisément pour cela qu’il nous fait nous séparer du “vieux monde” (...)” Il serait absurde, cher Raphaël, de croire que nous pouvons être pro-ou anti-Macron », assène-t-il. »

Le quotidien fait encore ces constats : « Le débarquement de Raphaël Glucksmann est, certes idéologique, mais il a aussi des raisons économiques. En décembre dernier, le relancement du Magazine littéraire sous le nom de Nouveau Magazine littéraire avait soulevé un certain enthousiasme. Fortement soutenu par une campagne de promotion, le premier numéro avait été vendu à 31 863 exemplaires. Mais ensuite, les choses se sont rapidement gâtées avec des ventes qui ont chuté à 14 193 exemplaires pour le suivant et 8 105 exemplaires pour le numéro 4, soit tout juste l’étiage des ventes de l’ancien Magazine littéraire. Malgré 760 000 euros de dépenses marketing, le magazine n’avait réussi qu’à recruter 6 144 nouveaux abonnés. Un fiasco financier qui va peser sur les comptes du magazine dans lequel Xavier Niel a pris une participation minoritaire. Ce magazine a été mis à part de l’accord capitalistique conclu en décembre 2017 entre le groupe de presse de Claude Perdriel et le groupe Renault. Mais désormais, Claude Perdriel doit composer avec des actionnaires minoritaires et son groupe doit se plier à une certaine exigence économique et éditoriale. »

L’article du Figaro est à lire ici

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