Quelle est la boîte à idées du MoDem?

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Un an et demi de tâtonnements. Un fonctionnement encore artisanal. Des cultures différentes.Samedi 27 septembre, la phase de construction s’achève officiellement avec les élections internes au mouvement (conférence nationale, comité départemental, présidents). Cette première phase achevée, le MoDem rentre dans la seconde phase, celle de la reconstruction de ses groupes de travail. Comment le mouvement travaille-t-il au niveau du débat d’idées ?

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«Où se situe le MoDem idéologiquement aujourd’hui ? Comment le mouvement relance-t-il son débat d’idées ?» Les questions ont été posées directement à François Bayrou. En vain : «Franchement, ça intéresse qui ?», nous a répondu le président du Mouvement démocrate, qui a annulé à notre arrivée l’interview calée une semaine plus tôt avec son service de presse (voir notre vidéo-boîte noire). «Ce sont des questions internes, je peux vous orienter vers certaines personnes, moi je n’ai pas que ça à faire de répondre à une question qui n’intéresse pas les gens. Parlez-moi plutôt de la crise financière !».
Le positionnement idéologique, un sujet visiblement sensible dans un parti tout neuf qui oscille entre droite et gauche (comme on l’a vu lors des municipales – lire notre enquête du 24 mai) et dont la ligne se résume encore beaucoup à la parole de son chef.
En juillet, «Valeurs démocrates», un think-tank se réclamant du MoDem, a vu le jour. «On est parti du constat que la bipolarité de la vie politique existait jusque dans les think-tanks, avec Terra Nova côté PS et l’institut Montaigne côté UMP, explique sa fondatrice, Christelle de Crémiers, qui présente une liste à Paris pour les élections internes du MoDEm. On est trois fondateurs au sein du comité éditorial et on a un noyau de 100 contributeurs. On organise des tables rondes mensuelles autour de neuf thèmes, on a un forum de discussion, des tribunes. Notre but n’est pas de faire du volume mais de la qualité.» Tout un programme. Sauf qu’au Mouvement démocrate, personne ne semble au courant. Dans toutes les bouches, la réponse est la même : «Connais pas».
Un flottement qui s’est senti lors des universités d’été du mouvement (lire notre article du 8 septembre). «Au bout de trois heures, le programme avait déjà changé, raconte Julien Fretel, chercheur spécialiste du MoDem. C’est l’improvisation pour l’instant, c’est encore un fonctionnement très artisanal, avec des bricolages et des tâtonnements.»
«Des gens de cultures complètement différentes sont arrivées au MoDem. Pendant un an, on a appris à se parler, c’était dur, on a réglé les problèmes de structure, explique Quitterie Delmas, déléguée nationale du MoDem et membre de la commission "jeunesse". Là on arrive à la dernière étape, on a envie que ça se termine pour relancer le travail de fond.» Un travail qui passe notamment par la douzaine de commissions thématiques mises en place cet été, sous la houlette de Corinne Lepage. Le principe : chaque commission est divisée en pôles se réunissant chaque mois autour d’experts ; les pilotes rédigent ensuite des notes qui remontent jusqu’à François Bayrou. Les adhérents MoDem contribuent en envoyant des textes via Internet.