OGM: «Comme si nous étions au Moyen Âge de l’expertise»

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La publication de l'étude du biologiste Gilles-Éric Séralini sur la toxicité supposée du maïs NK603 déclenche une tempête scientifique. Pourquoi la controverse est-elle si vive, vingt ans après le démarrage des premières grandes cultures transgéniques aux États-Unis ? Pour le sociologue et juriste Pierre Lascoumes, « les scientifiques n’ont pas été capables de construire une connaissance crédible ».

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Au début des années 2000, un livre au titre mystérieux, Agir dans un monde incertain, jetait un gros pavé dans la mare des controverses sociales sur les sciences. Pour ses principaux auteurs, Yannick Barthe, Michel Callon et Pierre Lascoumes, la bataille alors virulente sur la vache folle, mais aussi sur le nucléaire et les OGM, était une bonne nouvelle démocratique. La contestation de ces sujets « socio-politiques », loin d’être un facteur de blocage de la recherche, pouvait permettre d’améliorer la connaissance à leur sujet.