La propagande russe en faveur de Marine Le Pen mise en échec

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Depuis le début de la campagne présidentielle, de forts soupçons d’ingérence se tournent vers Moscou. Les médias d’État russes soutiennent activement Marine Le Pen. Mais au lendemain du premier tour, la déception est palpable. La candidate du FN a assuré qu’elle ne serait « soumise absolument à personne ».

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« Je note qu’on ne reproche jamais aux dirigeants leur proximité avec les États-Unis, en revanche ! » Mardi soir, sur TF1, Marine Le Pen a esquivé la question des soupçons d’ingérence de Moscou dans sa campagne en renvoyant la balle à ses adversaires. « Ce qui est insupportable aujourd’hui, c’est qu’on a eu le sentiment pendant des années que les États-Unis décidaient, que même lorsque l’intérêt de la France n’était pas en jeu, la France était obligée de suivre », a-t-elle ajouté (voir la séquence à 1h 01’45”)La candidate du FN a assuré qu’elle ne serait « soumise absolument à personne ». « La seule question que je me poserai, c’est : est-ce que c’est bon pour la France et les Français ? »

Pourtant, la question de l’ingérence de la Russie dans une élection s’est déjà posée, à l’occasion des élections américaines, à l’automne. Dans leur rapport, rendu public en janvier, les agences de renseignement américaines concluent que le GRU, le renseignement militaire russe, est entré « dans les comptes mails personnels de responsables du parti démocrate » et a « exfiltré de larges volumes de données ». La Russie a également mené des intrusions informatiques chez les républicains, mais « n’a pas mené de campagne identique de divulgation » de ces données.

Leur rapport évoque aussi l’appui de médias russes : « L’appareil de propagande de l’État russe, comprenant ses médias nationaux, ceux visant le public international comme RT et Sputnik, et un réseau quasiment étatique de “trolls” ont contribué à la campagne d’influence en servant de plateforme pour les messages du Kremlin », écrivent-ils. Ils estiment par ailleurs que « Moscou appliquera les leçons » apprises dans la campagne américaine « pour de nouvelles tentatives d’influence dans le monde entier, y compris contre des alliés américains et leurs alliés ».

Interrogée sur le sujet sur TF1, Marine Le Pen s’est offusquée : « Avec quelle preuve Madame ? Moi je ne sais pas. J’ai entendu des thèses complotistes pendant toute la première partie de la campagne présidentielle. La Russie allait venir manipuler les urnes, etc., […] sans le début d’un commencement de preuves. Faut faire attention un peu. Je pense qu’il faut être raisonnable. »

Pourtant, depuis le début de la campagne présidentielle française, de forts soupçons d’ingérence se tournent à nouveau vers Moscou. Une étude menée par la firme britannique Bakamo, publiée quatre jours avant le premier tour, montre que près d’un quart des liens Internet partagés par les utilisateurs français au sujet de la campagne électorale entre le 1er novembre et le 4 avril diffusait des contenus mensongers (« fake news ») et favorisait nettement les candidats anti-UE. Mais aussi qu’au sein de cette catégorie, un lien sur cinq était lié à un média russe d’État, type Sputnik ou Russia Today (RT).

Ces médias ont notamment alimenté la rumeur au sujet de l’homosexualité présumée d’Emmanuel Macron, dont le député LR Nicolas Dhuicq assure, dans un article (en anglais) publié le 4 février sur le site Sputnik, qu’il est soutenu par « un très riche lobby gay ». « L’ancien ministre français de l’économie pourrait être un agent américain pour le compte des intérêts des banques », titre le site russe, prenant les citations du parlementaire pour acquises.

Article paru le 4 février sur le site Sputnik Article paru le 4 février sur le site Sputnik

Cette couverture médiatique complètement biaisée s’est combinée à une entreprise de cyberattaques visant le site d’En Marche!, parti du candidat considéré par Moscou comme pro-UE et pour le maintien des sanctions économiques européennes visant la Russie (bien qu’Emmanuel Macron ait soigneusement évité d’aborder ce sujet pendant la campagne). Le site est tombé brièvement le 14 février après deux premières tentatives infructueuses.

Mais rien ne prouve l’ingérence du Kremlin dans cette affaire, quand bien même le directeur de campagne d’Emmanuel Macron, Richard Ferrand, serait convaincu qu'une influence russe est à la manœuvre. Dans une tribune publiée dans Le Monde, mi-février, il affirme : « Le site internet du mouvement En Marche! et ses infrastructures font l’objet de plusieurs milliers d’attaques mensuelles sous diverses formes. » Selon lui, « l’objectif est de pénétrer dans nos bases de données et nos boîtes mails afin de les pirater. […] Ces attaques proviennent principalement d’Ukraine, pour près de la moitié d’entre elles. Ce qu’indique de manière certaine la nature de ces attaques, c’est qu’elles sont organisées et coordonnées par un groupe structuré, et non par des hackers solitaires ».

Même si l'équipe d'Emmanuel Macron semble avoir surjoué la victime dans le contexte de la campagne électorale, la menace est prise très au sérieux par les services français puisque François Hollande lui-même déclarait, dans un entretien, en mars : « La Russie utilise tous les moyens pour influencer les opinions publiques. Ce n’est plus la même idéologie que du temps de l’URSS, mais ce sont parfois les mêmes procédés, les technologies en plus. Avec une stratégie d’influence, de réseaux, avec des thèses très conservatrices sur le plan des mœurs. » Un mois plus tôt, Le Canard enchaîné révélait que la DGSE se préparait à une cyberattaque visant à favoriser une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle.

Au lendemain du premier tour, un rapport de l’éditeur de sécurité basé au Japon Trend Micro a par ailleurs montré qu’un groupe de hackers, Pawn Storm – également connu sous l’appellation Fancy Bears, APT28 et Sednit –, a mis sur pied quatre faux sites miroirs d’En Marche! afin de récupérer les adresses électroniques des collaborateurs du mouvement (lire les explications de Jérôme Hourdeaux). C’est précisément ce groupe que les autorités américaines ont suspecté dans le hacking des mails du parti démocrate l’année dernière…

Steeve Briois, Robert Ménard ou encore Jacques Sapir dans les médias russes

Moscou, de fait, n’a pas caché son soutien pendant la campagne aux deux candidats pro-russes que sont François Fillon et Marine Le Pen. Déçu par les résultats du FN aux élections régionales, en 2015, le Kremlin a semblé dans un premier temps délaisser le Front national au profit de la droite. D’autant plus après la victoire de François Fillon à la primaire. Mais au printemps, alors que le candidat LR s’enfonçait dans les affaires, Vladimir Poutine a opéré un revirement en recevant la candidate du FN pour la première fois, officiellement. La photo de la poignée de mains, au Kremlin, fait le tour du monde. Lors de cette rencontre, le président russe assure qu’il ne veut pas « influencer les événements en cours [les élections – ndlr] », tout en ajoutant qu’il se « réserve le droit de communiquer avec les représentants de toutes les forces politiques du pays, ainsi que le font nos partenaires en Europe et aux États-Unis ».

La photo officielle de la rencontre sur le site du Kremlin. La photo officielle de la rencontre sur le site du Kremlin.

Certes, depuis l’effondrement de l’URSS, le Front national a toujours été pro-russe. Mais alors que Jean-Marie Le Pen était en relation avec des ultra-nationalistes russes, sa fille s’est rapprochée des cercles du pouvoir poutinien, et ce dès son accession à la tête du parti, en janvier 2011. Au terme de plusieurs mois d’un intense lobbying dans les médias comme au Parlement européen, les Le Pen ont décroché plusieurs prêts russes pour les campagnes frontistes, comme l’a révélé Mediapart.

Lundi, au lendemain du premier tour, le Kremlin a cru nécessaire d’expliquer qu’il « respect[ait] le choix des Français »« Nous sommes partisans de la mise en place de bonnes relations mutuellement bénéfiques » avec la France, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en démentant soutenir Marine Le Pen.

Le traitement des médias russes vient toutefois contredire cette neutralité affichée. Dès dimanche après-midi, alors que l'élection est en cours, la chaîne de TV de l’armée russe fait dans l’explicite, avec un hashtag « #JeVoteMarine » :

Et pendant une grande partie de la soirée, les chaînes russes annoncent Marine Le Pen en tête du premier tour alors que les sondages de sortie des urnes donnent clairement Emmanuel Macron en première place.

Au lendemain du scrutin, plusieurs journaux analysent le score de la candidate FN comme une victoire allant dans le sens de la « désintégration européenne ». Comme elle l'a été tout au long de la campagne, Marine Le Pen est présentée de manière élogieuse, sans aucune distance critique, tandis que la figure d’Emmanuel Macron est connotée de manière négative : les journalistes russes rappellent systématiquement qu’il est l’ancien banquier de chez Rothschild, le candidat des médias et des dirigeants européens.

Les deux candidats n’occupent pas en outre le même espace médiatique. Les reportages de Perviy Kanal – la première chaîne de télévision russe – s’ouvrent au lendemain de l'élection sur Marine Le Pen, alors même que le Front national est arrivé en deuxième position. On le voit notamment dans ce reportage diffusé lundi après-midi, où Emmanuel Macron n’apparaît qu’en deuxième partie et dans ce dîner à La Rotonde dimanche soir qui a fait polémique.

Les principaux quotidiens russes ne cachent pas toutefois leur déception. « Madame la non-présidente », titre ainsi le magazine économique Expert au lendemain du premier tour. On peut lire dans son éditorial : « Contre Marine Le Pen, comme auparavant contre son père, tout l’establishment français et surtout tous les électeurs qui ne la soutiennent pas sont prêts à s’unir. » De son côté, Vedomosti se paye le luxe d’un long reportage à Béziers, avec une interview de Robert Ménard. Le maire biterrois y présente son objectif : prouver que pour Marine Le Pen, la seule voie à la présidence consiste en une union de la droite et de l'extrême droite, comme il l’a lui-même réalisé dans sa ville. « Je pense que la technique que je mets en œuvre à Béziers peut être appliquée dans toute la France », dit-il.

Les médias russes se rassurent en rappelant que la majorité des candidats français étaient favorables à un réchauffement des relations avec Moscou (voir à ce sujet notre comparatif des programmes électoraux). Trois des quatre candidats les plus haut placés au premier tour – soit un total d’environ 60 % des voix exprimées – sont partisans d’un assouplissement des sanctions infligées à la Russie, voire de leur suppression, relève ainsi le quotidien Kommersant, qui parle de « victoire morale de la Russie ».

L'arrivée d'Emmanuel Macron en tête du premier tour donne lieu par ailleurs à toutes sortes de commentaires critiques pour le candidat d'En Marche! Tsargrad, la chaîne de télévision de l’oligarque Konstantin Malofeev – ultraorthodoxe proche du Kremlin et soutien des Le Pen – qualifie ainsi Macron de « faire-valoir de la mondialisation ». Le site Internet Vzgliad est encore plus catégorique : « Les Français devront choisir entre un lent dépérissement et une lutte acharnéeEn votant pour Emmanuel Macron, la France sera condamnée à la soumission vis-à-vis de l’Allemagne et devra suivre docilement sa ligne au sein de l’UE […]. La population française a encore deux semaines pour choisir entre deux scénarios – continuer à subir, en espérant que la situation ne dégénère pas, ou casser le système et tout recommencer à zéro. »

« Casser le système » et en particulier le système européen : c’est bien le crédit que les médias russes accordent à la candidate FN, dans la droite ligne de la politique menée au Kremlin, qui ne cesse de jouer, depuis le début de la crise ukrainienne voilà plus de trois ans, sur les divisions entre États membres de l’UE et de parier sur la fin du modèle européen.

Une partie des articles sur le Front national publiés ces derniers jours sur le site Sputnik. Une partie des articles sur le Front national publiés ces derniers jours sur le site Sputnik.

En France, les médias financés par l’État russe affichent depuis leurs débuts une préférence pour le Front national. Installé dans un immeuble qui appartient à Moscou, le site Sputnik, lancé en 2015, n’a donné la parole au cours de la campagne qu’à des soutiens de la candidate du FN : des frontistes comme le vice-président Steeve Briois, le président du FNJ Gaëtan Dussaussaye, ou des alliés européens ou russes du FN, à l’instar de Norbert Hofer, du FPÖ, le parti d’extrême droite autrichien, Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord, ou encore le sénateur russe Alexeï Pouchkov.

Le site, tout en maintenant une certaine bienveillance à l’égard de François Fillon – il a par exemple publié, début avril, une « étude » fondée sur l’analyse des réseaux sociaux donnant le candidat en tête du premier tour – a aussi tourné en dérision les accusations d’ingérence de Moscou, dans une rubrique intitulée « la main du Kremlin a tremblé ». La preuve, selon Sputnik : « Les candidats pro-Poutine ont échoué. » « Comment les agents du Kremlin entraînés par les meilleurs commandos du KGB ont-ils échoué à voler le vote des Français et laissé gagner Macron au détriment de candidats “pro-Poutine” purs et durs ? », ironise le site.

Mêmes mécanismes que pour le traitement de la crise ukrainienne

Même chose dans la vitrine francophone Russia Today, le média international russe récemment rebaptisé RT, qui n’a cessé de se développer depuis 2014 – son antenne française, créée l’année dernière, compte dans son « comité d’éthique » le député LR pro-russe Thierry Mariani. La chaîne tend régulièrement son micro aux personnalités d’extrême droite et avait présenté Marine Le Pen au lendemain du succès du FN aux élections européennes comme « la présidente du premier parti de France » avant de lui lancer un chaleureux « bonne chance pour la présidentielle et félicitations encore une fois ! ». RT n’y va pas par quatre chemins : « Malgré l’arrogance et le chantage, la désintégration européenne est… en marche »titre le site lundi matin, interprétant le vote de dimanche comme une nouvelle étape vers l’éclatement de l’Union européenne :

Extrait de l'article de Russia Today. Extrait de l'article de Russia Today.

Dans un autre article, RT se félicite du score du FN au premier tour, qu’il voit comme le résultat d’un « pari de longue haleine », passant « du petit parti isolé à la machine électorale broyant le bipartisme ». Il note au passage que la « rhétorique » du Front républicain « s’est essoufflée avec le temps » : « Le “barrage au FN”, comme tout barrage, semble avoir fini par faire monter le niveau du fleuve : depuis 2012, ce n’est qu’à la faveur du mode de scrutin majoritaire à deux tours que le PS et Les Républicains parviennent à éviter l’élection de candidats frontistes dans les élections locales. »

Dans l’ensemble des papiers diffusés depuis dimanche soir sur le site, une seule personnalité politique est interviewée directement : Steeve Briois, le vice-président FN… Côté analystes, c’est Jacques Sapir qui est sollicité. Mardi, l’économiste connu pour ses positions pro-russes et qui est intervenu par une vidéo à la dernière université d’été du FN, se félicite dans une interview de « la victoire culturelle des termes du souverainisme », qui va des programmes des candidats jusqu’aux propos d’Emmanuel Macron, lequel en a appelé dimanche soir aux « électeurs patriotes ».

Comme d’autres médias russes, RT s’attarde enfin sur les dysfonctionnements supposés de la campagne : absence d’affiches Marine Le Pen dans les bureaux de vote à l’étranger, présence d’enveloppes contenant déjà des bulletins Macron à Paris, échauffourées dans la capitale le soir du vote, refoulement de journalistes de RT non accrédités au QG électoral de Macron, actes de vandalisme visant le siège de la CFDT après l’appel du syndicat à voter Macron…

Cet unanimisme observé dans les médias russes – qu’ils soient publics ou privés – relève-t-il d’une manœuvre élaborée par le Kremlin spécifiquement pour le scrutin français ? S’inscrit-il dans une stratégie plus large de « softpower » destinée à faire chanceler le modèle hexagonal ? Ou reflète-t-il, tout simplement, une certaine vision du monde aujourd’hui partagée par une majorité de journalistes en Russie ?

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De fait, explique la spécialiste du monde postsoviétique Cécile Vaissié, tous les rédacteurs en chef des télévisions, radios et journaux russes sont conviés une fois par semaine par les organismes de propagande centraux à Moscou. C’est lors de cette réunion hebdomadaire que les autorités indiquent les thèmes à traiter et ceux à ne pas traiter. « Chacun est dans un corridor, où il sait ce qu’il peut dire, ce qu’il ne peut pas dire. »

L’auteure de l’ouvrage Les Réseaux du Kremlin en France, paru l’an dernier, estime qu’il faut distinguer le traitement de Sputnik et RT, destiné aux lecteurs étrangers et visant « à scandaliser, à ridiculiser et à être le plus possible diffusé sur les réseaux sociaux », de celui des médias nationaux à destination du public russe, « plus nuancé ». Elle relève notamment le 26 avril, dans Kommersant – quotidien très suivi par les élites russes – le point de vue d'un éditorialiste expliquant que l’arrivée à la deuxième place de Marine Le Pen à l’issue de ce premier tour signe l’échec du projet politique ayant consisté à miser sur le FN. « Cet article est assez révélateur du complet désarroi dans lequel se trouve aujourd’hui le pouvoir russe, lequel a déjà dû renoncer à son autre candidat favori, François Fillon, explique la chercheuse. Si Marine Le Pen échoue au second tour, est-ce que le Kremlin va continuer à la soutenir… ou la lâcher ? Il est déstabilisé car il se rend compte qu’il a perdu ce qui lui paraissait être une évidence : cela faisait trois ou quatre ans qu’il pariait sur Marine Le Pen. On peut présumer qu’il y aura une réorientation de la diplomatie russe en cas de victoire d’Emmanuel Macron. »

Le soutien des médias russes à Marine Le Pen pendant cette campagne électorale et l’offensive de Sputnik et RT à grand renfort de fausses informations n’est pas sans rappeler le traitement de la crise ukrainienne, il y a trois ans. « Ce sont les mêmes mécanismes qui sont à l’œuvre, poursuit Cécile Vaissié. De la même manière que l’on décrivait dans les médias russes une Ukraine passée aux mains des fascistes et où l’on crucifiait des enfants, on grossit aujourd’hui une rumeur afin de faire peur aux gens et de déclencher chez eux des mécanismes de défense. Cela dit, tout n’est pas dirigé par le Kremlin. Il y a des journalistes qui finissent par croire à ce qu’ils écrivent. Quant aux réseaux sociaux, il y a une combinaison entre des groupes de trolls payés pour diffuser des messages, des agents russes à l’étranger qui font cela en parallèle d’une autre activité, et des lecteurs sensibles à ces idées qui les diffusent à leur tour et du coup les amplifient. » Ce « mélange des styles » et le « savoir-faire » acquis au moment du soulèvement ukrainien ont donc trouvé, avec la campagne française, un nouveau débouché.

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