La scène est sans doute inédite dans les annales judiciaires. Le 14 avril 2008, le juge antiterroriste Marc Trévidic demande à la greffière Isabelle Jamin, chef du service de l'instruction, de dresser un «procès-verbal de constatation» parfaitement surréaliste. Quelques jours plus tôt, le magistrat a découvert que son cabinet était doté d'un coffre-fort, dont il n'avait pas la clef. Et pour cause: celui-ci n'avait été utilisé que par son prédécesseur, le juge Jean-Louis Bruguière – il a pris sa succession mi-2007 –, qui ne lui en avait pas signalé l'existence. Le juge Trévidic obtient de la greffière qu'elle ouvre le fameux coffre, dans lequel il trouve notamment un CD-Rom, une cassette vidéo et deux cassettes audio rangés dans un carton.