Pourquoi la corruption ne gêne pas les électeurs

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Paradoxe de la démocratie, les électeurs qui rejettent par principe la corruption s'empressent généralement de réélire un dirigeant condamné pour corruption. Des chercheurs menés par Pierre Lascoumes publient une vaste enquête sur «le favoritisme et la corruption à la française». Compte-rendu.

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Lors de la récente élection municipale de Corbeil-Essonnes, la victoire de l'équipe sortante, qui avait été invalidée pour fraude, est venue confirmer à quel point les règles politiques pratiques s'avèrent souvent plus puissantes que les principes de la morale démocratique et même, parfois, que les normes de droit. Comment comprendre autrement la remarque en forme d'aveu d'impuissance formulée par la sociologue Dominique Schnapper dans son livre d'observation-participation au sein du Conseil Constitutionnel dont elle fut neuf ans membre: «A quoi bon annuler une élection, avancent les conseillers, lorsque le candidat invalidé va être triomphalement réélu?».