La gestion Hollande ou le «syndrome de Dijon»

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Souvent le président est accusé par ses propres camarades socialistes de gérer le pays comme il a géré le parti. L’anniversaire de son élection est aussi celui des dix ans du congrès de Dijon. Un congrès où il devint le vrai patron du PS, mais qui est aussi le péché originel du hollandisme en responsabilité. Décryptage.

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Il y a un an, l’Élysée. Il y a dix ans, Dijon. Depuis que le hollandisme est à l’épreuve du pouvoir, chez de nombreux socialistes, l’antienne est récurrente, souvent désolée et accompagnée d’un soupir : « Hollande gère le pays comme il gérait le parti. » Les similitudes entre les deux expériences de gouvernance n’ont cessé d’accompagner les analyses des socialistes interrogés tout au long de cette première année de pouvoir.

À chaque renoncement, volte-face et temporisation ; à chaque fois que l’Élysée a fait savoir son refus systématique de la bataille idéologique ; à chaque fois qu’il a été jugé prioritaire d’apaiser la situation, l’allusion au PS d’après le congrès de Dijon revient. Le constat est très souvent le même : dans l’exercice du pouvoir à la sauce hollandaise, l’habileté se mue en immobilisme. On peut même retrouver dans les conditions de l’accession réelle du futur président à la tête du PS les raisons et les conséquences de son appréhension du pouvoir.

En patron des socialistes, Hollande a effectué deux quinquennats. Le premier en cohabitation avec Lionel Jospin (1997-2002), “à la Harlem Désir”, en chef d’un “parti-courroie de transmission”, rangé derrière le chef d’État socialiste. Son bilan est alors bien moins critiqué que ne l’est d'ores et déjà celui de Désir. Il était sans doute plus aisé de diriger un PS sans opposition interne d’importance dans la gauche plurielle. Quant au bilan du 21-avril ? Il est celui de Jospin, en aucun cas le sien.

C’est au congrès de Dijon (16-18 mai 2003) que Hollande entame son deuxième quinquennat solférinien, désormais en première ligne, en chef de l’opposition. Et c’est ce congrès, où les socialistes sont censés tirer les leçons de leur élimination au premier tour de la présidentielle, qui va constituer le “péché originel” du hollandisme en responsabilité. Comme si cette prise de pouvoir avait déterminé une orientation et un style que Hollande paye aujourd’hui à l’Élysée, tour d’ivoire imperméable au mouvement social, comme l’était Solférino au terme de son mandat.

Décryptage des sept symptômes, comme autant de péchés capitaux, du « syndrome de Dijon » au fondement de la pratique hollandiste du pouvoir.

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