Au cœur du scandale de l'UIMM (1/5) -107 ans de manœuvres et d'intrigues

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Tous les commentaires

Votre article est très intéressant surtout au regard de votre conclusion.La période que vous décrivez est également celle qui a vu le plus d'avancées sociales et de droit du travail. Serions nous entrés dans une époque où l'esprit UIMN a maintenant conquis carrément la tête de l'Etat face à une population fragilisée, désorientée où le lien social ne sait plus comment s'exprimer et où des millions de travailleurs vont devoir se débrouiller tout seul, individuellement. La récente modification sur le durée du travail qui avait amené syndicats et patronaux a négocier (on leur a longtemps reproché de ne pas savoir le faire en France) a brutalement été contrecarré par le pouvoir exécutif imposant sa loi encore plus dure. UIMN n'a t il pas finalement gagné en étant définitivement représenté par le sommet de l'Etat ? Réforme signifiant plutôt contre réforme, sans doute un objectif de l'UIMN qui devient réalité.
Bonjour
j'aimerais savoir si depuis que la suspicion qui pèse sur les syndicats a poussé certains à déposer plainte pour diffamation.... Comment réagissent les adhérents ? Ils ne demandent pas des comptes aux dirigeants ? Vous parlez de délire collectif à propos d'une autre affaire... Que tout le monde achète tout le monde c'est un phantasme collectif. Or dans ce cas précis le phantasme ressemble beaucoup à la réalité. Comment après ce scandale les syndicats peuvent espérer de gagner en respectabilité ?
La fédération CFDT de la métallurgie m'a assuré avoir réfléchi à une plainte pour diffamation mais elle n'a pas poursuivi, car selon ses responsables, les accusations très évasives de DGS ("fluidification") sont justement trop floues et ne visent personne en particulier , ce qui empêcherait de caractériser la diffamation. c'est d'ailleurs tout le problème de cette affaire. Pour les syndicalistes comme pour les journalistes qui enquêtent sur cette affaire.
Avec un système "pourri" jusqu'à la moelle et par tous les intervenants des relations dites sociales et politiques; Il faut que la justice prenne toutes ses responsabilités afin d'avoir connaissance ne serait ce que pour partie des tenants et des aboutissants. Personne ne parle vraiment, lors des auditions le café et les petits fours sont fournis... Tout le monde en taule avec des droits communs de toutes natures afin qu'il crache le morceau. Guantanamo ferait du bien à tous ces dirigeants.
Bonjour, Je ne crois pas que le juge Le Loire fournisse des petits fours aux personnes qu'il entend. Quant à souhaiter Guantanamo à "tous ces dirigeants" (au passage de qui parlez-vous exactement ? ), je crois que vos paroles ont dépassé votre pensée. Merci, Michel comme les autres, de faire de Mediapart un espace de débat qui nous enrichit tous et qui ne se tourne pas - pardon Michel mais je trouve que c'est de cela qu'il s'agit en l'occurence - au café du commerce. Cordialement Mathieu Magnaudeix
Il fallait le prendre comme une caricature révélatrice du fonds du dossier des"gens bien sous tous rapports"et pourtant ils fraudes.. On parle pourtant de montant considérable. Pour bien moins beaucoup sont aller dormir à "l'ombre" afin de les rendre plus souple. Trouvez vous normal que l'on puisse s'affranchir de ses responsabilités et s'en tirer pour l'instant peut être que par une simple mise en examen? Pour avancer la justice se doit de taper fort. L'avenir nous dira s'il sagit de brèves de comptoir on bien d'un enterrement de première classe. A suivre. Bonnes vacances pour tous.
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  • 29/07/2008 21:03
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La loi exempte les syndicats de tout contrôle. "Cold case". Sans intéret. Sinon de savoir qu'en répugnant au libéralisme, les français se protègent d'abord d'eux-mêmes. Car dès qu'ils ont des libertés...
Merci pour cet article de fond. Je suivrais avec intérêt les 4 épisodes à venir. Je me rappelle avoir rencontré une cliente (je travaille beaucoup avec les particuliers), ancienne juriste salariée du Medef, qui m'avait dit avoir quitter ce job, car elle avait beaucoup de mal à se faire à un certain activisme forcené. Même si je ne me souviens pas de ces mots exacts, je retrouve dans votre article l'ambiance que j'avais ressenti dans son récit.
bonjour a tous les lecteur et aux journalistes, avt tout "en 1901 en pleine révolution industrielle" n'est ce pas un peu erroné historiquement parlant? la révu industrielle désigne en général plutot le début 19ème il me semble... mais c juste une remarque. Merci pr votre article dt la conclusion est très intéressante en tous cas, et dt j'attend la suite avec impatience. j'espère qu'elle ne se cantonera pas aux circonvolutions habituelles de la presse sur le sujet (lorsqu'on a pas d'informations selon moi on se tait et on travaillle...) par contre "l'UIMM a tissé avec FO (scission de la CGT financée dès sa création par la CIA, c'est désormais un fait établi)" je n'ai jamais entendu parler de ca. pourriez vous développer à l'occasion, ou donner un lien svp? merci d'avance Philippe
C’est en effet un "fait établi", mais vu qu’il touche à un point sensible de l’histoire syndicale, on a tendance à ne pas s’y appesantir. Le sujet est abordé par Frédéric Charpier dans "La CIA en France", Le Seuil, 2008 (on peut en consulter des extraits sur le net) mais l’information était connue depuis longtemps, un article de Fabrice Nicolino paru dans Le Monde du 28/06/2001 y faisant déjà référence. Où et quand est-elle sortie pour la première fois ? Mystère. La personnalité centrale dans cette affaire est un certain Irving Brown, représentant de l’AFL (puis de l’AFL-CIO après la réunification du mouvement syndical américain) en Europe après la seconde guerre mondiale, et … agent de la CIA. Le financement des syndicats « libres » européens par la CIA se faisait au travers du Free Trade Union Committee (FTUC), créé en 1944 par l’AFL. Mais il ne faut pas faire une fixation sur la CIA : le Plan Marshall aurait été également mis à contribution... Bravo à l'auteur pour cet article. Vous parlez des archives de l'UIMM ; sont-elles ouvertes aux chercheurs? NB : c'est dommage que le deuxième volet, paru aujourd'hui, soit un peu léger.
Votre question me permet d'aborder un autre élément troublant de cette affaire décidément pleine d'interrogations. Figurez-vous qu'une partie des archives de l'UIMM, notamment tous les documents concernant les archives du personnel ont brûlé dans l'incendie des archives du crédit Lyonnais au Havre en 1997. . la vie interne de l'UIMM restera donc probablement toujours très mystérieuse... Pour le reste, si vous voulez tenter votre chance, allez-y ;-)! mais je pense que vous devrez vous montrer insistant...
Extraordinaire quand même : le CNPF finançait le PS, la CGT et MITERRAND… et n'a jamais donné un sous à l'UMP, ni à SARKOZY… qui depuis lors font si bien la politique du MEDEF et même au delà… Ne croyez-vous pas qu'ils nous prennent pour des billes, avec leurs affirmations stéréotypées et intentionnellement erronées ?
Le CNPF, ou au moins ses officines, a financé la vie politique au grand jour (ou presque, c'était quand même assez discret) jusqu'en 1988 et la loi sur le financement des partis politiques. Ceci n'était pas illégal, c'était un fait connu. Procurez vous chez un bouquiniste les dossiers confidentiels du patronat de Brimo et Angeli dont je parle : c'est en 1978, et tout est dedans! Pour l'UMP et Sarkozy, je vous laisse à vos commentaires. Rien n'indique que dans la période récente des valises ont circulé. Financer de façon occulte un parti politique est aujourd'hui difficile.
L'ironie de l'histoire c'est que plus les ouvriers faisaient grève, plus ils finançaient des organisations syndicales et politiques et des candidats qui leur étaient opposés ou qui étaient plus "accommodants" avec le patronat. Ces faits sont révélés aujourd'hui alors même que ce système de "fluidification sociale" n'a plus guère de raison d'être tant le patronat n'a plus guère d'ennemis et que la lutte des classes semble enterrée En tous les cas, article très stimulant...
Deçu par le scoop de Mediapart concernant l'affaire de l'UIMM, Heureusement que je suis abonné au Canard Enchainé qui m'a encore ouvert les yeux par son étude intelligente du dossier. A tous ceux qui hurle au scandale sur les syndicats et politiques, veuillez vous référer au canard du 30 de ce mois. Si les enquêtes de Médiapart sont aussi nulles comment vais-je pouvoir renouveler mon abonnement. bon courage
Merci de ces encouragements sympathiques. Peut-être qu'un jour, une de nos enquêtes vous paraîtra moins "nulle". Mais de grâce, épargnez-nous le chantage à l'abonnement, d'autant que ce n'est pas exactement ce que nous attendons des commentaires. Pour cela, il y a une adresse contact@mediapart.fr et aussi un numéro de téléphone. Cordialement
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A sa révélation en septembre 2007, l'affaire de la "caisse noire" de l'UIMM a sonné comme un coup de tonnerre dans le ciel économique, social et politique français. Ainsi, la plus puissante fédération patronale du pays -la métallurgie- dont le secteur représente chaque année un chiffre d'affaires de 380 milliards d'euros, a mis en place il y a trente ans un vaste système de retrait d'argent en liquide pour «fluidifier» la vie sociale, selon le mot de Denis Gautier-Sauvgnac, l'ancien président de l'UIMM! Imaginons un instant ces hauts dignitaires patronaux, héritiers directs du très artistocratique Comité des forges, aller retirer des liasses de billets pour "arroser" la vie publique... C'est digne d'un polar aux couleurs sépia. Mediapart, qui enquête depuis plusieurs mois sur l'affaire, a décidé de lui consacrer une série en cinq volets.