Des effets de la victoire de la gauche au Sénat sur l'affaire Lagarde...

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La victoire de la gauche au Sénat va entraîner des répercussions en cascade, que les socialistes sont tout juste en train de mesurer. Ainsi, dans l'affaire Lagarde, c'est le rapport de force gauche/droite au sein de la Cour de justice de la République (qui juge les crimes commis par les ministres durant leurs fonctions) qui pourrait être bouleversé.

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La victoire de la gauche au Sénat va entraîner des répercussions en cascade, que les socialistes sont tout juste en train de mesurer. Ainsi, dans l'affaire Lagarde, c'est le rapport de force gauche/droite au sein de la Cour de justice de la République (qui juge les crimes commis par les ministres durant leurs fonctions) qui pourrait être bouleversé.

La «formation de jugement» de la CJR, devant laquelle Christine Lagarde risque un jour d'être renvoyée pour «complicité de détournement de fonds publics», est en effet composée pour l'essentiel de parlementaires (6 députés, 6 sénateurs et seulement 3 magistrats).

Dans la formation actuelle de la CJR, 4 députés sur 6 appartiennent à la majorité présidentielle. Idem chez les sénateurs.

Mais le Sénat va renouveler ses représentants en octobre ou novembre prochain, lors d'une élection au scrutin proportionnel. «Et il est clair que les lignes vont bouger», déclare un «sortant» de la CJR. «On peut imaginer que les sénateurs de gauche montent à 4 et que ceux de la majorité redescendent à 2», confirme un second, qui appartient à la majorité présidentielle – tout en estimant que rien n'est joué à 100%.

Sur l'ensemble des parlementaires de la CJR, la gauche reviendrait alors à égalité avec la droite et le centre: six voix contre six! Ce «détail», dans une Cour réputée hyper «politique», n'en est pas un. Surtout si Christine Lagarde devait un jour connaître un procès en bonne et due forme.

Pour rappel: lorsque la CJR a siégé pour la dernière fois (en mai 2010), avec des élus majoritairement de droite, elle a relaxé Charles Pasqua dans deux des dossiers qui lui étaient soumis, et n'a condamné l'ancien ministre qu'à un an de prison avec sursis dans l'affaire de la Sofremi (pour complicité et recel d'abus de biens sociaux), «compte tenu de l'âge de M. Pasqua et de son passé au service de la France». Aucune peine d'inéligibilité n'a été prononcée, permettant à Charles Pasqua d'aller tranquillement au bout de son mandat de sénateur des Hauts-de-Seine (achevé le 25 septembre dernier).

A côté de la CJR, nombre de postes de sénateurs dans des organismes extra-parlementaires, des autorités administratives indépendantes, etc., seront renouvelés dans les prochains mois, au grand bonheur du PS.

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