Internes en médecine au bord de la crise de nerfs

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Idées suicidaires, pressions hiérarchiques et horaires impossibles : des jeunes étudiants et médecins expliquent pourquoi ils n’en peuvent plus.

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À l'hôpital, ce sont les premières personnes par qui les patients se font examiner. Pendant trois, quatre ou cinq ans selon leur spécialité, les internes enchaînent les consultations, les examens médicaux et les gardes dans le but de se former à leur métier. Mais les horaires à rallonge, la pression inhérente à leur métier et le contact quotidien avec la maladie en poussent certains à bout.

En juin dernier, les syndicats d'étudiants et de jeunes médecins (Anemf, Isnar-IMG, ISNCCA et l'Isni) ont lancé une enquête sur le sujet. Sur les 22 000 internes ayant répondu, 66 % affirment souffrir d'anxiété, 27,7 % de dépression. Près d'un quart d'entre eux (23,7 %) déclarent avoir eu des idées suicidaires. Mais il reste difficile de parler de burn-out autour de soi. Seul un jeune médecin sur deux (49,3 %) dit se sentir soutenu par son supérieur hiérarchique. Il est parfois impossible d'en parler à la médecine du travail, et 54,7 % des personnes interrogées ont précisé n'avoir jamais eu l'occasion de consulter. Pour essayer de préserver ces jeunes internes qui travaillent parfois jusqu'à 110 heures par semaine, un décret du ministère de la santé limite leur travail à 48 heures hebdomadaires. Promulgué en 2015, il n'est aujourd'hui encore que très peu appliqué.