Une décision de justice attendue sur le plagiat universitaire

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La 17e chambre du TGI de Paris ne se prononcera pas sur le fond de l'affaire Jean-Noël Darde, un chercheur spécialiste de la question du plagiat universitaire, assigné en référé pour diffamation par un enseignant de Paris VIII. Ironie de l'histoire, l'assignation a été déclarée nulle car méconnaissant l'usage des guillemets et de l'italique. Un comble dans une affaire qui a jeté une lumière crue tant sur le plagiat lui-même que sur la réaction pour le moins mesurée des universitaires.

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Difficile de briser le tabou du plagiat universitaire. Dans un monde habitué à laver son linge sale en famille, Jean-Noël Darde, maître de conférences à l'université Paris VIII, est en train de le découvrir à ses dépens. Ce chercheur qui a mis au jour de multiples cas de plagiats, impliquant non seulement des étudiants mais aussi des professeurs reconnus dans leur discipline, a dû plaider sa bonne foi devant les tribunaux. La décision de la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris où il a été assigné en diffamation fin octobre était très attendue. Le tribunal a finalement déclarée nulle l'assignation, mal rédigée, lundi après-midi et débouté le plaignant. Une assignation rejetée, donc, car méconnaissant l'usage des guillemets et des italiques, un comble pour une affaire de plagiat... «Les propos litigieux ne sont pour la plupart d'entre eux ni datés de façon précise, ni mentionnés par des guillemets de sorte que le demandeur reproduit parfois en italique tant les propos tirés du blog litigieux que ses propres commentaires et que les références aux articles poursuivis sont imprécises en mêlant à ses propos, ceux du défenduer qui sont en l'espèce disséminés", a ainsi écrit le président du TGI.