Les «hollandais» en quête de théorie

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François Hollande, qui rechigne à théoriser sa ligne politique, est longtemps resté très éloigné des chercheurs et des intellectuels qui gravitent autour du parti socialiste. Un manque que certains de ses proches essaient aujourd'hui de pallier, au vu de la dégradation de la situation.

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La scène a lieu fin juin, au palais de l’Élysée. Dans quelques jours, François Hollande s’envole pour Tunis où il a prévu de prononcer son premier discours dans le pays précurseur des printemps arabes. Il sait que chacun de ses mots sera scruté. En amont, il réunit une poignée de chercheurs et d’intellectuels spécialistes de la Tunisie pour une conversation à bâtons rompus d’une heure et demie. Autour de la table, Béatrice Hibou, chercheuse au CNRS et auteure d’un ouvrage de référence sur la Tunisie, le Franco-Tunisien Elyès Jouini, vice-président de l’université Paris-Dauphine, Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences-Po qui a passé plusieurs années à Tunis, Jocelyne Dakhlia, historienne et anthropologue à l’EHESS, l’historien Benjamin Stora, proche de François Hollande.