Academic pride : la plus grosse manifestation de chercheurs depuis 2004

Par
Prochaine date de mobilisation : le conseil d'administration du CNRS le 19 juin

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Entre 2500 (selon la police) et 5000 (selon Sauvons la recherche) chercheurs ont défilé à Paris mardi 27 mai : organisée à l'appel de Sauvons la recherche (SLR), Sauvons l'université et de l'ensemble des organisations syndicales (NCS, SNESUP, SNTRS-CGT), l'«Academic Pride» est la plus importante mobilisation autour de la recherche depuis 2004, année du pic de mobilisation des scientifiques pour la défense de la recherche publique (10 000 chercheurs avaient manifesté le 19 mars 2004 après la démission des directeurs de laboratoires).
«Cela fait plaisir de voir autant de monde», sourit, sous la pluie, Alain Trautmann, fondateur de SLR. Il brandit une perche surplombée d'un cerveau rose fluo, planté de drapeaux frappé du sigle de marques faisant commerce de leurs innovations technologiques (Bouygues, Dassault...). Jean-Louis Fournel, président de Sauvons l'université, se réjouit d' «une manifestation qui réunit chercheurs des organismes de recherche (CNRS, Inserm, Inra...) et enseignants-chercheurs employés par les universités». Les «Academic Pride» ont rassemblé 600 personnes à Toulouse, 500 à Marseille et 300 à Bordeaux.
Cette «marche de tous les savoirs» avait été organisé sur le modèle de la Gay Pride, pour revendiquer la fierté d'appartenir au service public de la recherche et dénoncer les attaques symboliques dont les chercheurs se sentent victimes de la part du gouvernement. «Le gouvernement laisse penser que nos résultats seraient mauvais, dénonce leur appel, les chercheurs en ont assez que le ministère leur assène ces contre-vérités qui témoignent d'une profonde méconnaissance de la logique scientifique et d'une volonté de contrôle par les politiques sur la communauté scientifique.»