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Mediapart lun. 30 mai 2016 30/5/2016 Dernière édition

Démocratie, état d’alerte

31 mars 2013 | Par christian salmon

De la démission de Cahuzac au « choc de simplification » promis par le chef de l'État en passant par la mise en examen de son prédécesseur ou les crises italienne et chypriote, la « suite intemporelle de chocs » qui a marqué ces jours derniers témoigne de la décomposition du champ politique. Première chronique de Christian Salmon pour Mediapart.

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Lors de son entretien avec David Pujadas, sur France 2, François Hollande a donné de la fonction présidentielle une interprétation personnelle, toute en nuances, composant par petites touches l'autoportrait d’un prince paradoxal, soumis aux injonctions contradictoires de l’austérité et de la croissance, du désendettement et du redressement. Gouverner par gros temps n’est pas chose aisée. Il y faut de la volonté et du tact, de l’énergie et de la patience, des qualités d’imagination et d’administration. On doit fixer un cap tout en naviguant à vue, rassurer les marchés sans désespérer l’opinion. Toutes choses qui exigent d’un chef de l’État de l’autorité et de la modestie et surtout une capacité d’adaptation infinie, une flexibilité à toute épreuve, conformément aux idéaux types du néolibéralisme et aux aléas d'une crise qui ne fait que s’aggraver.