Comment Airbnb squatte la France

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Un géographe, une anthropologue et un chercheur en informatique ont transmis à Mediapart leur étude exhaustive sur le phénomène « Airbnb » en France. Nous présentons leurs données ville par ville et rue par rue à Paris. Résultat ? Nouveaux marchands de sommeil, fraude aux impôts, multipropriétaires qui s’enrichissent grassement et font flamber les prix des loyers : les pouvoirs publics sont à la peine.

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Renaud dispose d’un appartement rue Oberkampf, dans le 11e arrondissement de Paris. Une chambre, une salle de bains : a priori, pas de quoi faire fortune. Sauf que dans cette piaule rebaptisée « dortoir », il a installé 10 lits, qu’il loue chaque soir via Airbnb à 10 personnes différentes, au prix de 22 euros chacun. Une opération financière visiblement très confortable, puisqu’en dépit de nos diverses demandes, nous n’avons jamais réussi à dormir sur place. À moins que ce ne soit notre qualité de journaliste qui ait refroidi le propriétaire ? Quoi qu’il en soit, nous ne saurons ni comment cette sorte d'auberge de jeunesse respecte les normes de sécurité, ni ce qu’elle déclare aux impôts (6 000 euros de revenus potentiels par mois quand même), ni même si Renaud s’appelle bien Renaud.