Air France: hôtesses et stewards résistent au plan de restructuration

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Plus de 5 000 suppressions de postes, avec remise en cause des acquis salariaux et un plan de désendettement massif à la clé : Air France fait le grand ménage. Depuis son annonce en juillet, le projet de la direction a été accepté par les syndicats. À l'exception d'un volet qui concerne les hôtesses et stewards : ces personnels n’ont pas l’intention de se laisser faire.

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Perte de 10 à 12 jours non travaillés par an, réduction des avantages liés à l’ancienneté, blocage des salaires et plan de départs volontaires : rien ne semble plus faire obstacle au plan de la direction d'Air France, intitulé « Transform 2015 » validé en juillet dernier. La direction a en effet obtenu le soutien de syndicats représentant plus de 30 % des salariés pour appliquer ce plan.

Il n'empêche, la pilule n'est pas passée chez les hôtesses et stewards. Par référendum, les deux principaux syndicats, Unsa et le syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC), se sont prononcés contre le volet hôtesses et stewards de Transform 2015, respectivement à 95 % et à 80 % des votants. En plus de la dégradation des acquis salariaux et de la remise en cause de la plupart des accords d'entreprise, la direction d’Air France souhaite en effet supprimer 900 postes parmi les personnels navigants que la direction juge à présent en « sur-effectif ».

Mais « c’est le fait d’intégrer les conditions de productivité de Transform 2015 qui crée cette situation de sur-effectif », objecte Antoine Santero, délégué syndical du SNPNC. Le syndicat dénonce également la volonté de la direction de diminuer les temps de repos et évoque des risques pour la sécurité des vols. Transform 2015 prévoit en effet d'augmenter fortement le temps de travail en passant de 530 à 655 heures de vol par an sur moyen-courrier et à 730 heures sur long-courrier. « Il faut m’expliquer comment Air France veut faire du ciel le plus bel endroit de la terre en faisant autant d’économies sur le service à bord et en faisant parfois partir des avions avec un ou deux personnels navigant en moins », affirme-t-il.

La direction du groupe semble bien décidée à se passer de l’aval des hôtesses et stewards et affirme, dans un communiqué publié le 26 juillet, que des décisions unilatérales sont en préparation, ce qui pourrait mener à des licenciements secs. « C’est du bluff pour faire plier les syndicats », réagit Antoine Santero, qui n'exclut pas des mouvements de colère dans les semaines qui viennent. « Contrairement aux pilotes, on ne nous a jamais proposé de clause automatique vers Transavia, explique Antoine Santero. Ce qu’on peut juste faire, c’est démissionner d’Air France et aller postuler à Transavia, sans être sûrs d’être repris. »

L’accord conclu avec les pilotes est en effet beaucoup plus avantageux. Outre l'augmentation du temps de vol annuel, les 450 postes en sur-effectif à éliminer seront, sur la base du volontariat, redéployés sur la filiale Transavia. Air France propose des primes qui compensent un peu plus que la perte de salaire pour aller travailler pendant trois ans à Transavia. Les pilotes conserveront aussi leur contrat de travail Air France, et donc leur ancienneté, sans toutefois figurer dans les effectifs de la maison mère.

Le syndicat majoritaire des pilotes, le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), s’est prononcé pour le volet pilotes du plan Transform 2015 le 16 août 2012, emportant l’adhésion de 67 % de ses membres, consultés par vote. Les contestations du deuxième syndicat de pilote, le Syndicat des pilotes d'Air France (SPAF) qui avait fait grève cinq jours en juillet pour dénoncer le plan de redressement, n’y ont rien pu faire.

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