Dossier : Quartiers populaires et politique de la ville

Depuis 2005 et les révoltes dans les banlieues, la politique de la ville a-t-elle changé ? Les quartiers populaires ont-ils gagné en visibilité ? Un nouveau militantisme a-t-il émergé ? Notre dossier et toutes les vidéos de notre émission exceptionnelle « En direct de Mediapart » du jeudi 22 octobre.

Les écoles de police tournent à plein régime

Par

La police nationale a lancé mardi 22 décembre un « recrutement exceptionnel » de gardiens de la paix. Comment leur formation est-elle conduite ? Depuis 2014, les écoles de police se sont ouvertes à des intervenants extérieurs, comme le Défenseur des droits, mais la philosophie policière n'a pas changé et le déni des contrôles au faciès ou le refus de se justifier perdurent. 

L’université réfléchit sur «la colonialité du pouvoir» en France

Par

Un colloque s’est tenu en décembre 2015 à la faculté du Havre, durant lequel chercheurs et militants se sont interrogés sur les sources, la réalité et la continuité coloniale des institutions françaises, tout en soulignant la difficulté de se mobiliser contre elles.

Du social au racial, les mutations du «militantisme des quartiers»

Par

Dix ans après les révoltes urbaines, la marche de la dignité de ce samedi 31 octobre marquera-t-elle l’émergence d’un mouvement social des banlieues, radicalement éloigné de l’essentiel des partis de gauche ? Pour cela, ses acteurs devront surmonter divisions stratégiques et marginalisation médiatique.

Discriminations : le combat se gagne au tribunal

Par

Manuel Valls a annoncé lundi 26 octobre, aux Mureaux, le retour du testing. Mais, depuis 10 ans, c’est dans les tribunaux et non au Parlement que le combat contre les discriminations raciales se joue.

Pourquoi les émeutiers s'attaquent aux équipements publics

Par

Lors des émeutes de 2005, des gymnases, des crèches et des bibliothèques avaient été incendiés, suscitant la perplexité. Avec du recul, le sociologue Denis Merklen explique ces gestes comme la conséquence d'une désindustrialisation qui a laissé les habitants face à un interlocuteur exclusif : l'État.

Malgré Sarkozy, la droite se requinque dans les quartiers

Par

Profitant de la démobilisation de l’électorat de gauche, les élus locaux jouent la carte des valeurs, en insistant sur la famille et la responsabilité individuelle. Mais la droite reste encore lourdement handicapée par Nicolas Sarkozy, son Kärcher et ses obsessions identitaires.

2005-2015, la révolte des quartiers

Dès la mort de Zyed et Bouna, le 27 octobre 2005, les quatre rappeurs du groupe Gen Zu sont descendus dans la rue. Comme tant d’autres habitants du quartier des Bosquets à Clichy-Montfermeil, ils ont affronté CRS et police pendant des jours et des nuits. Grâce aux liens tissés avec les reporters Louise Oligny et Patrick Artinian, ils racontent le racisme, les tensions avec la police, l'exclusion et leur itinéraire depuis dix ans. Dernier volet de notre documentaire : l'école et le travail.

Contrôles au faciès: l'Etat jusqu'au-boutiste se pourvoit en cassation

La justice avait ouvert en juin une voie d'action aux personnes discriminées en condamnant l'État pour « faute lourde » dans cinq contrôles d’identité présentant « un caractère discriminatoire qui engage la responsabilité de l’État ». Mais le gouvernement a décidé de contester cette décision devant la Cour de cassation.

Contrôles au faciès: l'Etat est condamné pour «faute lourde»

Par

C'est une belle victoire pour les citoyens. La cour d’appel de Paris a condamné mercredi 24 juin l’État pour « faute lourde » dans cinq cas de contrôle au faciès présentant « un caractère discriminatoire qui engage la responsabilité de l’État ». Les juges déplorent au passage l'absence « d’obligation de traçabilité » des contrôles d'identité qui « constitue une entrave au contrôle juridictionnel ».

Quartiers populaires : 10 ans après Clichy-sous-Bois

2005-2015, la révolte des quartiers populaires. C'était le thème d'une émission exceptionnelle de « En direct de Mediapart », jeudi 22 octobre, retransmise en streaming sur notre site. À cette occasion, nous nous sommes associés à l'équipe du Bondy Blog pour raconter ce qui s'est passé en 2005 et débattre de la situation des quartiers dix ans après les émeutes urbaines parties de Clichy.

2005-2015 : Zyed et Bouna sont-ils morts pour rien ?

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, et Bouna Traoré, sont morts électrocutés dans le transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés pour échapper aux policiers qui les poursuivaient. Retour sur ce drame, les trois semaines de révolte qui s'ensuivirent et les dix années de procédure judiciaire avec Gwenael Bourdon, journaliste, Adel Benna, frère de Zyed, Siyakha Traoré, frère de Bouna, et Emmanuel Tordjman, avocat des familles des deux victimes.

A Saint-Denis, les « racisé-e-s » lancent leur « marche de la dignité »

Par

Vendredi soir, à la bourse du travail de la cité dionysienne, le collectif de « la marche des femmes pour la dignité » et ses soutiens ont tenu meeting pour mobiliser en vue du 31 octobre. Un rassemblement qu’ils aimeraient voir résonner comme « une déclaration d’indépendance ».

Ce que disent les jeunes de Saint-Étienne après les émeutes de 2009

Par

Trois nuits d'émeutes ont enflammé la banlieue de Saint-Étienne en juillet 2009. Quelques mois plus tard, une vingtaine de jeunes habitants ont raconté à des chercheurs comment ils avaient vécu ces événements. Certains justifient les violences, d'autres au contraire les désapprouvent. Mediapart publie trois verbatims d'entretiens témoignant de rapports contrastés à la citoyenneté, à la police et au cadre de vie.

Banlieues : les leçons étrangères de la politique de la ville

Par
Vidéo dans l'article Vidéo dans l'article

La politique de la ville est un échec en France depuis 30 ans. Gauche et droite adoptent les mêmes recettes, qui ne débouchent que sur peu de résultats concrets. Mais comment font les pays étrangers ? N'y a-t-il pas des solutions à aller y chercher ? Entretien avec Thomas Kirszbaum, sociologue qui a dirigé l'ouvrage En finir avec les banlieues.

Fabien Truong : « Les jeunes banlieusards sont des cumulards »

Par

Le sociologue Fabien Truong accompagne ses anciens lycéens de banlieue dans leurs années post-bac. Une enquête au long cours, qui dévoile l’identité foisonnante de ces jeunes Français issus des quartiers populaires et de l’immigration.

Que nous apprennent les émeutes urbaines à l'étranger?

Par

Que peuvent nous dire les événements de Ferguson l’an dernier, de Londres en 2013, de Los Angeles en 1992, sur ce qui s’est produit dans les banlieues françaises en 2005 ? Pas grand-chose, si l’on est en quête d’une comparaison terme à terme. Beaucoup, si on considère certains points, comme le rôle de la police ou la réponse de l'État et de la justice.

Démocratie citoyenne : les “Pas sans nous” ne lâchent pas l’affaire

Par

Après une fructueuse conférence de consensus, la coordination des quartiers populaires continue de mobiliser autour de l’idée d’un “fonds pour la démocratie d’initiative citoyenne” abondé par un prélèvement sur le financement de la vie politique. Et mise sur la présidentielle de 2017 pour se faire entendre.

Les « Pas sans nous » entendent peser sur la démocratie de quartier

Par

La coordination « Pas sans nous », sorte de « syndicat des banlieues », veut profiter de sa reconnaissance par le ministère de la ville pour corriger les défauts entourant la création de conseils citoyens et convaincre les députés de céder une part de la réserve parlementaire.

Politique de la ville: des acteurs des quartiers populaires lancent «Pas sans nous»

Par
Les débats ont été vifs pour accorder les 150 associations. © TSC/MP Les débats ont été vifs pour accorder les 150 associations. © TSC/MP

Cent cinquante associations de quartier se sont officiellement unies ce week-end à Nantes pour former « Pas sans nous », une coordination citoyenne ambitionnant de devenir un véritable « syndicat des banlieues ». Objectif: refonder la politique de la ville en misant sur la démocratie participative.

Acteurs des quartiers populaires et universitaires tentent une alliance inédite

Par

Ce samedi à Paris, représentants associatifs et chercheurs spécialisés en démocratie participative se sont réunis pour entériner leur « coalition », et préparer la naissance d'une « plateforme des quartiers populaires ».

Inquiets de « l’après-Charlie », des militants antidiscrimination font cause commune

Par

Les responsables de diverses associations  de la Quadrature du net à La voix des Rroms en passant par Stop le contrôle au faciès, Urgence notre police assassine et le Collectif contre l’islamophobie – ont décidé de « faire cause commune », pour dire leur volonté de « ne pas céder au repli sur soi ». Et aussi leur intention de rester offensifs.

Les militants musulmans savent ce qu'ils ont à faire, merci pour eux

« Désolidarisez-vous ! » ; « Manifestez ! » ; « Indignez-vous ! ». Les responsables associatifs musulmans ou de quartiers sensibles en ont assez des injonctions. Aujourd'hui, c'est une autre parole publique qu'ils aimeraient porter.

Les acteurs de la lutte contre l'islamophobie redoutent les répercussions des attentats

Par

À la suite des attentats de Paris, la lutte contre l'islamophobie, qui commençait à gagner en légitimité, est montrée du doigt, accusée par différentes personnalités d'avoir rendu possible l'horreur. Au sein de la gauche, les divisions resurgissent.

La politique de la ville s'éloigne de la banlieue

Le ministre François Lamy présente son projet de loi qui redéfinit les quartiers aidés par la politique de la ville. Nouveau et unique critère retenu : la pauvreté, qui permet de faire figurer Guéret et Auch sur la même liste que Clichy-sous-Bois. Une démarche qui laisse la plupart des experts sceptiques.

La gauche s'éloigne un peu plus encore des quartiers populaires

Par

Les événements de Trappes ne font qu'entériner une évolution débutée avec la loi anti-niqab de 2010, alors votée avec le consentement du PS. Tandis que la droite se complaît dans les amalgames, la gauche se réfugie derrière la défense de l'ordre et d'une laïcité de fer.

Gouvernement: les «minorés visibles» préfèrent en rire

Par

Une quarantaine d'associations de lutte anti-discriminations ont choisi de se « coaliser », pour proposer au pouvoir d'« arrêter d'être » ce qu'ils sont. Une façon de dénoncer par l'absurde l'inertie de la gauche.

Des crèches aux universités, vingt-cinq ans de fixation contre le voile

Par

Depuis la fin des années 1980, la tolérance à ce signe religieux musulman diminue en France. En témoignent les débats incessants pour en restreindre la visibilité. Écoles, crèches, universités, entreprises : les interdictions ou les projets d'interdiction se multiplient. 

Relation police-habitants : rien n'a changé depuis 2005

Par

Près de dix ans après la mort de Zyed et Bouna et les émeutes de 2005, les relations entre police et population sont toujours aussi mauvaises. Mais contrairement à ce qui se passe outre-Atlantique, rien ne bouge. Le gouvernement socialiste a manifestement d'autres priorités. Un rapport sur le sujet, remis en juillet 2014 au ministre de l'intérieur PS Bernard Cazeneuve, sommeille toujours sur son bureau.

«La Gâchette facile», retour sur un crime policier qui allait susciter la marche de 1983

Par

Le 18 octobre 1980, cité des Flamants à Marseille, Lahouari Ben Mohamed, 17 ans, est tué par un CRS lors d’un banal contrôle. Dans le livre La Gâchette facile qui vient de paraître, son petit frère, devenu policier, revient sur cette histoire, qui sera, avec une série de violences policières et de crimes racistes, à l'origine de la marche pour l'égalité et contre le racisme partie de Marseille en 1983.

Abdellali Hajjat: «La Marche pour l'égalité est méconnue des jeunes issus de l'immigration»

Par
Vidéo dans le corps de l'article. Vidéo dans le corps de l'article.

La Marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983 fête ses trente ans. Dans un livre à paraître aux éditions Amsterdam, le sociologue Abdellali Hajjat rappelle le contexte d'années marquées par les violences à l'encontre des Maghrébins et la montée du Front national.

A Saint-Denis, la lutte contre l'islamophobie fait le plein

Par

Près de cinq cents personnes ont écouté, trois heures durant, témoignages et appels. Les organisateurs espèrent continuer à faire converger militants associatifs des quartiers, citoyens musulmans et gauche plus traditionnelle.

Le racisme a changé de visage, les militants antiracistes aussi

Par

Les divers événements organisés ces jours-ci pour dénoncer le racisme et commémorer la Marche pour l'égalité sèment le doute sur le combat antiraciste. Est-il moribond ou déjà mort ? N'a-t-il pas oublié de se réactualiser ? Grosses structures et partis politiques patinent, mais sur le terrain des milliers de militants, anonymes, s'activent.

Politique de la ville: «ne plus décider sans l’avis des habitants»

Trente ans après la Marche des beurs, les habitants des quartiers populaires restent à l’écart des décisions politiques. La sociologue Marie-Hélène Bacqué et Mohamed Mechmache, le fondateur d'ACLEFEU, viennent de transmettre au ministre délégué à la ville des propositions pour leur redonner du pouvoir.

L’empowerment expliqué par des femmes du Blanc-Mesnil

Par

Un quartier pauvre de la banlieue parisienne raconté par des habitantes qui en ont assez que d’autres parlent à leur place : tout juste sorti en librairies, Femmes des quartiers populaires, en résistance contre les discriminations (Le Temps des cerises) fait le pari de l’intelligence collective et participative, à un moment où le gouvernement, cherchant à réformer la politique de la ville, découvre les vertus de l’empowerment.

À Amiens, Valls demande «l'ordre républicain» et les habitants une police moins «provocatrice»

Par
 © LF © LF

Disant n'être pas venu « passer au Kärcher le quartier », le ministre s'est refusé à tout « procès de la police », que des riverains jugent « odieuse » et « provocatrice ».

Contre les violences policières, la mobilisation s'organise

Par

En France, diverses associations et collectifs entendent s'appuyer sur les événements de Ferguson (États-Unis) et sur la mort du militant écologiste Rémi Fraisse pour imposer la question des violences policières dans le débat public. Avec l'objectif de faire converger diverses luttes, et d'être davantage écoutés par les acteurs politiques.

Contrôle au faciès: couleur de peau et vêtements sont des déclencheurs

Par

Une étude menée au printemps 2012 auprès d’étudiants d’Île-de-France confirme que les contrôles d’identité ciblent davantage les étudiants « non-blancs ». Certains marqueurs vestimentaires – casquette, jogging et capuche – ont un impact tout aussi important.

Récépissé de contrôle d’identité : bataille en coulisses pour éviter l'enterrement

Par et

Alors que Marie-George Buffet et le collectif Stop contrôle au faciès ont présenté mercredi une proposition de loi sur le sujet, l’application de la promesse n°30 de François Hollande fait l’objet d’une lutte au sein du gouvernement. Des voix sont nombreuses qui veulent imposer une réforme à Manuel Valls.

« La rénovation urbaine, une occasion ratée »

Par

Alors que les banlieues sont réapparues dans la campagne présidentielle, le sociologue Renaud Epstein dresse un bilan critique de la rénovation urbaine et de la politique de la ville, notamment en raison du manque de participation des habitants et de l'accroissement de la ségrégation.

« Les banlieues ne sont pas un réservoir de coupables ! »

Par

Mohamed Mechmache est le président de l’association AC LE FEU, qui s’est créée à Clichy-sous-Bois à la suite des révoltes urbaines de 2005. Pour Mediapart, il fait le point sur l’usage des banlieues par les candidats pendant cette campagne présidentielle. « La République, à force d’ostraciser et d’exclure, ne contribue-t-elle pas à créer du pétage de plomb, de la manipulation, du mal-être ? » demande-t-il.

Patrick Braouezec : « Sortir les quartiers de l’état d’exception »

Par et

Député de Seine-Saint-Denis, Patrick Braouezec est de nouveau candidat, sous les couleurs du Front de gauche, aux élections législatives de 2012. Entretien à l’occasion de la publication de Mais où va la ville populaire ? où il est question de l’avenir de la politique de la ville, des effets de la rénovation urbaine sur les quartiers populaires et de la responsabilité du PCF dans le manque de renouvellement des élus.

Pour les banlieues, Hollande veut créer un grand ministère de l'égalité

Par

En définissant un projet de politique de la ville, l'équipe de Hollande veut en finir avec les dispositifs dérogatoires et les annonces de plans Marshall jamais appliqués. Un vaste ministère pouvant peser face à Bercy serait créé.

Un nouveau parti pour les quartiers populaires ?

Par

Des années de négociations, de disputes et de désillusions n’auront pas eu raison de leur détermination. Le week-end dernier, les militants associatifs du Forum social des quartiers populaires (FSQP) ont présenté le FCP (Force citoyenne populaire).

Un médecin de Saint-Denis : « Le monde actuel, c'est le tiers-monde »

Par

Depuis une trentaine d’années, Didier Ménard est généraliste à la cité des Francs-Moisins. Rencontre avec ce docteur hors norme, qui dresse un tableau accablant de l'accès aux soins dans les quartiers populaires.

Les quartiers populaires font bloc contre les «politiques paternalistes»

Par

Après deux jours de débats passionnés, les associations du Forum social des quartiers populaires (FSQP) ont acté la création d'un mouvement collectif.

Banlieues: quand une génération associative franchit le cap politique

Par

Ce week-end à Montpellier, la troisième édition du Forum social des quartiers populaires marque peut-être l'avènement d'un nouveau parti dans le champ de la gauche. Ce passage à l'acte politique, vers la création d'un «parti des banlieues», marque aussi le souhait de «laisser une trace» pour toute une génération militante aujourd'hui quasi-cinquantenaire et écœurée par les récupérations de la gauche. Entretien sonore avec trois intervenants.

Vingt-cinq ans après la Marche pour l'égalité, un bilan amer

Par
DOUCE FRANCE La Saga du Mouvement Beur © Agence_Im-media

Le 3 décembre 1983, la Marche pour l'égalité recevait un accueil triomphal lors de son arrivée à Paris. Des dizaines de milliers de personnes fêtaient l'avènement de la «génération beur». Né après les émeutes des Minguettes, le mouvement de liesse est de courte durée. Quelques semaines après, les grévistes immigrés de l'usine de Talbot-Poissy sont conspués par les non-grévistes français. Retour, avec Mogniss H. Abdallah, sur cet événement.

Tous les articles