Quotas dans le foot: la FFF se déshonore

F. Duchaussoy. © (Reuters) F. Duchaussoy. © (Reuters)
Après avoir nié, après avoir menti puis promis des sanctions, voici donc la fin du scandale des quotas discriminatoires: un simple avertissement pour le directeur technique national François Blaquart. Une mise à pied de six jours pour André Prévosto, le bras droit du président de la Fédération française de football (photo). Et puis c'est tout. Les hommes qui voulaient discriminer des enfants de 12 ans parce qu'ils avaient une origine étrangère s'en sortent sans dommages. Incompréhensible. Parti pris.

Braouezec sur l'affaire des quotas: «Une responsabilité du politique»

Ce week-end, Laurent Blanc présente ses «excuses» à la France entière, pour son rôle dans l'affaire des quotas. Dans un entretien à Mediapart, Patrick Braouezec, qui a piloté la commission d'enquête interne à la Fédération française de football, estime que les phrases les plus «terribles» ont été prononcées par le sélectionneur.

Laurent Blanc: ce que la ministre ne veut pas entendre

La ministre des sports a pris grand soin, mardi, de dédouaner le sélectionneur de l'équipe de France. Selon elle, «aucun fait ne permet de dire que Laurent Blanc cautionnerait des orientations discriminatoires». C'est pourtant tout le contraire qui apparaît à entendre la réunion du 8 novembre 2010. Mediapart a choisi de publier des extraits sonores de cette réunion qui viennent démentir les arguments de Chantal Jouanno.

(Erick Mombaerts, Laurent Blanc, François Blaquart)

Le rapport de la FFF en intégralité: la confirmation des informations de Mediapart

Le rapport intégral de la commission d'enquête de la Fédération française de football, révélé par leparisien.fr, valide l'ensemble des informations de Mediapart: le principe d'une mise en place de quotas discriminatoires dans les centres de formation de la FFF , sur des critères d'origine et d'apparence physique, a bien été approuvé par plusieurs responsables.

Quotas dans le foot: la vérité au mot près

L. Blanc © Reuters L. Blanc © Reuters

Le sélectionneur Laurent Blanc dément en bloc avoir évoqué avec d'autres responsables du foot français la mise en place de politiques discriminatoires et de quotas dans la formation et la sélection des joueurs.Voilà pourtant ce que lui et ses collègues disaient lors d'une réunion officielle, le 8 novembre 2010:

Laurent Blanc: Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks (...) Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture (...) Les Espagnols, ils m'ont dit: “Nous, on n'a pas de problème. Nous, des blacks, on n'en a pas”.»

Erick Mombaerts: Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité?

Laurent Blanc: Moi j'y suis tout à fait favorable.

François Blaquart: On peut s'organiser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit.

Erick Mombaerts: Donc il faut 30% ? (...) Il y a bien des clubs comme Lyon qui le font dans leur centre de formation.

Francis Smerecki: Je dis: première chose, c'est discriminatoire.

Discrimination dans le football: ce que Mediapart a dit à la commission d'enquête

Par Edwy Plenel
P. Braouezec. © Reuters P. Braouezec. © Reuters
Mediapart a été auditionné, dimanche 8 mai à la mi-journée, par la commission d'enquête de la Fédération française de football (FFF), mise en place dès nos premières révélations dans l'affaire des quotas. Nos informations étant à l'origine de ses investigations, nous lui avons expliqué à la fois nos intentions éditoriales et nos méthodes professionnelles, tout en respectant le secret des sources.

Les petits calculs de la DTN sur l'origine des joueurs

 © DTN © DTN

A la veille des révélations de Mediapart, un travail d'étiquetage avait déjà démarré à la Fédération française de football. Pour étayer leur théorie sur le trop-plein de gamins dits «binationaux», des cadres de la direction technique nationale avaient commencé à bricoler, dans leur coin, des statistiques sur l'origine étrangère présumée des principaux jeunes joueurs français.

Après Blanc et Blaquart, les mensonges de Duchaussoy

Fernand Duchaussoy s'enfonce tout seul. Lors de sa conférence de presse du 29 avril, il déclarait n'être au courant de rien. Il nous apprend à présent, au détour d'un communiqué, qu'il avait été informé, dès la veille, du contenu de cette réunion par son plus proche conseiller. Un mensonge qui ne peut que faire douter de sa sincérité.

Quotas: la FFF avait été alertée

Mohamed Belkacemi, l'homme qui a enregistré la réunion du 8 novembre 2010 de la Direction technique nationale (DTN) de la Fédération française de football (FFF), au cœur de l'affaire des quotas discriminatoires révélée par Mediapart, avait confié une copie de l'enregistrement dans les jours qui ont suivi à un haut responsable de la FFF, selon des informations recueillies de sources concordantes. Révélations.

Après Blanc et Blaquart, les mensonges de Duchaussoy

Fernand Duchaussoy s'enfonce tout seul. Lors de sa conférence de presse du 29 avril, il déclarait n'être au courant de rien. Il nous apprend à présent, au détour d'un communiqué, qu'il avait été informé, dès la veille, du contenu de cette réunion par son plus proche conseiller. Un mensonge qui ne peut que faire douter de sa sincérité.

Quotas: la FFF avait été alertée

Mohamed Belkacemi, l'homme qui a enregistré la réunion du 8 novembre 2010 de la Direction technique nationale (DTN) de la Fédération française de football (FFF), au cœur de l'affaire des quotas discriminatoires révélée par Mediapart, avait confié une copie de l'enregistrement dans les jours qui ont suivi à un haut responsable de la FFF, selon des informations recueillies de sources concordantes. Révélations.

La binationalité: vrai phénomène, faux problème

Laurent Blanc et des dirigeants du football n'ont qu'un mot à la bouche: la binationalité. C'est pour contrer la règle internationale de libre choix que la Direction technique nationale a voulu mettre en place des quotas discriminatoires envers certains Français. Pour la ministre Chantal Jouanno ou les joueurs Lilian Thuram et Vikash Dhorasso, cet argument ne tient pas. Explications.

Foot français: les dirigeants veulent moins de noirs et d'arabes

Laurent Blanc. © (Reuters) Laurent Blanc. © (Reuters)
Moins de noirs et moins d'arabes sur les terrains de foot ! Plusieurs dirigeants de la Direction technique nationale de la Fédération française de football, dont le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, ont approuvé dans le plus grand secret, fin 2010, le principe de quotas discriminatoires officieux dans les centres de formation et les écoles de foot du pays. Objectif: limiter le nombre de joueurs français de type africains et nord-africains. Notre enquête.

Chantal Jouanno décide d'ouvrir une enquête

Par Michel Deléan
La ministre des sports réagit promptement aux révélations de Mediapart. Elle lance une inspection sur les pratiques discriminatoires au sein des équipes de France de football.

Foot et politique : quinze années d'instrumentalisation et de dérapages

Par stéphane alliès

La parenthèse de la France «black-blanc-beur» de 1998 semble bel et bien refermée. Dès 1996 avec Jean-Marie Le Pen, et jusqu'en 2010 avec Roselyne Bachelot, la composition des Bleus a subi un détournement politique plus que limite.

Les sportistes sont-ils racifs?

Par Antoine Perraud
Sans être le stade suprême du racisme, le sport moderne est perclus de préjugés originels. Pierre de Coubertin, aveuglément glorifié, incarne une vision «racialiste» des jeux du stade, censés magnifier les nations supérieures. Parti pris en forme de retour aux sources et à leurs miasmes...

Un premier dossier pour le nouveau Défenseur des droits

Par Carine Fouteau
Les discriminations dans le foot devraient faire l'objet d'une des premières enquêtes du nouveau Défenseur des droits. C'est ce qu'a avancé Éric Molinié, le président de la Halde, lors de la remise de son dernier rapport. La LDH, la Licra et le Cran dénoncent la «gravité» des faits.

Foot: réactions indignées et défense bancale

Par Ellen Salvi
Les réactions se sont multipliées ce vendredi après les révélations de Mediapart. Le président de la Fédération française de football (FFF), Fernand Duchaussoy, a décidé d'ouvrir une enquête interne avec le soutien du ministère des sports.

Discrimination dans le football: pour Lilian Thuram, «il faut dire "stop"»

L. Thuram © Reuters L. Thuram © Reuters
Lilian Thuram, recordman des sélections en équipe de France, livre un verdict sans appel après nos révélations. La «binationalité est un alibi», selon lui. Les participants de la réunion du 8 novembre «savaient qu'ils faisaient quelque chose d'illégal». L'ancien international tranche: «Nous sommes dans une situation claire et nette de discrimination. Il faut dire “stop”. Et peu importe les personnes concernées.» Entretien.

André Mérelle: «On me reprochait de prendre autant de blacks et de beurs»

Par Mathilde Mathieu
Ancien joueur et entraîneur, André Mérelle a dirigé le principal centre de formation du foot français, l'Institut national de Clairefontaine (INF), de 2004 à septembre 2010. Il raconte qu'au printemps dernier, lors d'une réunion de la direction technique nationale, «quelqu'un a parlé de “caractéristiques ethniques”». Et dénonce des relents racistes.

Roger Bambuck: «le sport français est en très grand danger»

Par stéphane alliès
Ancien recordman du monde du 100 mètres, et ministre des Sports de 1988 à 1991, Roger Bambuck réagit aux révélations de Mediapart sur le principe de quotas discriminatoires officieux approuvés par certains dirigeants du football français.

Luc Sonor: «Quand ça va mal, les noirs et les arabes sont les boucs émissaires»

Par Marine Turchi

Ancien joueur de l'équipe de France, aujourd'hui adhérent de l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), Luc Sonor explique être «choqué» des propos «indécents» tenus par certains dirigeants du football. «Si la France avait fait une bonne coupe de monde, on n'aurait jamais parlé de ça. Quand ça va mal, on est les boucs émissaires», estime-t-il.

Marie-George Buffet: «C'est contraire à toute l'éthique du sport»

Par Lénaïg Bredoux

Marie-George Buffet a été ministre des sports de 1997 à 2002 dans le gouvernement Jospin. Elle réagit à l'enquête de Mediapart sur le principe de quotas discriminatoires officieux.

Yannick Noah: «C'est toujours les sportifs de couleur qui réagissent»

Le dernier vainqueur français de Roland-Garros juge «hallucinants» les propos de Laurent Blanc. Il souhaite que les participants à la réunion du 8 novembre reconnaissent avoir «déliré». Mais il se sent seul: «C'est toujours pareil: il n'y a que les sportifs de couleur qui réagissent.» Entretien et vidéos

Le signal d'alarme du football français

Par Edwy Plenel
Aucune autorité de ce pays, aucun tribunal ne pourrait admettre qu'on se livre, sous quelque prétexte que ce soit, à un tri entre Français selon leur origine étrangère, la couleur de leur peau ou la religion qu'ils pratiquent. Il suffit de l'avoir à l'esprit pour comprendre l'enjeu décisif de l'enquête menée par Mediapart au cœur du football français. Analyse.

Pascal Blanchard : «Le foot est un monde de vieux mecs blancs»

Par Jade Lindgaard

Longtemps champion de l'intégration des minorités visibles, le foot français semble aujourd'hui mal à l'aise face à ses joueurs noirs et maghrébins. Pour l'historien Pascal Blanchard, ce paradoxe est le cruel reflet de décennies de déni de la diversité de ses athlètes. Entretien.

Patrick Weil: «Derrière la binationalité, ce sont les “Franco-Africains” qui sont visés»

Par Carine Fouteau
Que révèle l'utilisation par certains dirigeants du football français de la référence à la binationalité? Historien, spécialiste des questions de nationalité et d'immigration, Patrick Weil, qui est en train de terminer une étude sur la double nationalité, estime que Nicolas Sarkozy a rendu possibles les glissements de la nationalité à l'origine en distinguant, dans son discours de Grenoble de juillet 2010, les Français d'origine étrangère et les autres.

Laurent Blanc, François Blaquart, Erick Mombaerts, biographies

Laurent Blanc: Cet ancien très grand joueur, champion du monde en 1998, champion d'Europe en 2000, est devenu sélectionneur de l'équipe de France après la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Il a succédé à ce poste à Raymond Domenech.

Très vite, dans différentes interviews, il prend position sur des questions d'identité et d'immigration. Lors d'un tchat sur LePoint.fr, à la question de savoir ce qu'il pense de l'expulsion des Roms, il répond: «Les Français assument le fait que leur pays soit une terre d'asile, une terre d' accueil, mais la société change, notre histoire change. Mais les Roms ne sont qu'un élément déclencheur qui a fait resurgir des problèmes liés à l'immigration en France. En France, il y a un gros problème d'identification. Peut-être plus qu'ailleurs en Europe. Quand on choisit la nationalité française, il faut en être digne et fier.

Tous les articles