Dossier Notre dossier sur l’antisémitisme en France

Pour le nouveau président de la Licra, «Sarkozy a remis le franchouillard à la mode»

France

Dans un entretien à Mediapart, le nouveau président de la Licra, Alain Jakubowicz, fait l'état des lieuxdes dérives xénophobes en France, entre Eric Zemmour, qui «réhabilite Vichy», et l'identité nationaleversion Sarkozy, qui a libéré la parole extrémiste, selon lui. Il en profite aussi pour marquer une nette rupture avec sonprédécesseur, Patrick Gaubert, et l'attitude de la Licra après la célèbre saillie de Brice Hortefeux sur les... «Auvergnats».

Pourquoi la gauche n’est plus immunisée contre le racisme

France

«Aujourd'hui encore, être blanc en France conserve une signification et une portée sociales.» Pour Laurent Lévy et Michel Dreyfus, auteurs de deux livres parus fin 2009 sur la gauche face au racisme et à l'antisémitisme, le désarroi du PS et de l'extrême gauche devant ces problématiques est aujourd'hui palpable: affaire de la burqa, du voile à l'école, propos de Georges Frêche, malaise autour de la candidature NPA d'Ilham Moussaïd aux régionales... Entretien croisé.

Procès Fofana : «L’avocat général Bilger minimise l'antisémitisme», selon le Crif

France

Une semaine après l’énoncé du jugement dans l’affaire du «gang des barbares», la polémique ne faiblit pas. Dans un entretien à Mediapart, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, affirme au sujet de l’avocat général Philippe Bilger, qui a représenté l'accusation pendant le procès, qu’«il est très dommage d'avoir choisi cet avocat général pour un procès comme celui-là, où il y a de l'antisémistisme. Vous savez, l'antisémitisme, peut-être que certains en voient partout, mais d'autres comme Philippe Bilger le minimisent. Voilà, peut-être que sa façon de voir les choses, c'est de minorer l'antisémitisme. Il y a donc une suspicion, un malaise concernant M. Bilger, oui». M. Prasquier confie également avoir «fait remonter l’émotion de la communauté juive» jusqu’à l’Elysée et avoir écrit à la ministre de la justice, Michèle Alliot-Marie, «avant même le verdict pour (s)’étonner des réquisitions de l’avocat général », qualifiées d’«indulgentes» par le Crif.

Comment l'affiche de Dieudonné illustre la haine antisémite toujours recommencée

Culture-Idées

Il y eut l'affiche de la liste dite « antisioniste » présentée en Île-de-France aux élections européennes de juin 2009 par Dieudonné. Il y eut, en décembre 2008 au Zénith, le barouf antisémite du prétendu « comique » en l'honneur du révisionniste Faurisson. Ces deux manifestations s'inscrivent comme le reflet ténébreux d'une aversion fatale : celui qui la ressent l'attribue à ceux qu'elle vise. Une telle haine, aussi nauséabonde qu'instructive, mérite une visite guidée, qui occupe le XXe siècle et culmine – dans la bassesse – en avril 1944.

Dieudonné, ce pitre qui ne fait pas rire

France

Militant antiraciste devenu propagandiste antisémite, Dieudonné ne fait plus rire. Vendredi 26 décembre 2008, au Zénith, il a atteint des sommets d'ignominie en distinguant par un «prix de l'insolence» le négationniste Robert Faurisson, acharné à nier la réalité du génocide dont ont été victimes les juifs d'Europe. Mais s'indigner face à cette provocation, recherche explicite du scandale, ne suffit pas, pas plus que le recours à la justice. Encore faut-il se donner les moyens véritables de faire reculer cette renaissance d'une idéologie criminelle, sur fond de vide politique, de misère sociale et d'ignorance abyssale. Voici donc un essai d'analyse, de décryptage et de réfutation après cet événement stupéfiant: une salle comble, à Paris, en 2008, acclamant une mise en scène clairement antisémite.