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Mediapart sam. 13 févr. 2016 13/2/2016 Édition de la mi-journée

UE : le «brixit» pourrait bien être la grande affaire de 2013

2 janvier 2013 | Par Ludovic Lamant

David Cameron veut une « Europe à la carte » et pourrait annoncer la tenue d'un référendum explosif sur le sujet. À Bruxelles, les propos du Britannique passent mal, et Jacques Delors propose à Londres de sortir de l'UE. Cette passe d'armes confirme l'extrême fragmentation de l'Union, en manque de projet politique.

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L'Europe entame 2013 sous un ciel apaisé. L'Irlande prend la présidence tournante pour six mois, une première pour l'un des trois pays « assistés » de la zone euro, qui espère retrouver le chemin des marchés d'ici la fin de l'année. À deux mois du scrutin, le retour du Cavaliere, Silvio Berlusconi, à la tête de l'Italie, semble peu probable, si l'on en croit les premiers sondages de campagne. Quant à l'Espagne, la recapitalisation de ses banques continue de donner des vertiges aux eurocrates bruxellois, mais les marchés financiers paraissent s'y être habitués.

Le tableau est cependant trompeur. Le spectre de la « déconstruction » de l'Union continue de rôder. Les pressions centrifuges sont toujours à l'œuvre. Les crises politiques à l'Est, de la Roumanie à la Hongrie, rappellent à quel point l'Union, incapable de trouver la parade, est en manque d'un projet politique ambitieux. Surtout, le feuilleton du vrai-faux départ britannique, relancé en toute fin d'année 2012, pourrait bien devenir l'une des grandes affaires de 2013.

David Cameron doit prononcer mi-janvier un discours sur l'Europe, dans lequel il pourrait annoncer la tenue d'un référendum. En attendant, le premier ministre britannique a déjà donné le ton, évoquant la nécessité d'un « nouvel accord » avec Bruxelles, qui permettrait une participation à la carte de son pays. Londres pourrait décider de s'extraire de l'Europe dans une batterie de secteurs précis, tout en restant officiellement dans l'UE. Oui, par exemple, aux avantages du marché unique (la Grande-Bretagne dirige près de la moitié de ses exportations vers la zone euro), mais non au renforcement des contrôles bancaires. Et pourquoi pas, au passage, récupérer des compétences dans le contrôle des citoyens aux frontières.

Le président du conseil européen, le terne et d'habitude très diplomatique Herman Van Rompuy, s'est trouvé obligé de sortir de son silence entre les fêtes, dans un entretien au Guardian, pour dire tout le mal qu'il pensait de ce projet britannique : « Si chaque État membre pouvait choisir à sa guise les politiques qu'il préfère, et sortir de celles qu'il aime le moins, l'Union en général, et le marché unique en particulier, se déliterait rapidement », a déclaré « HVR ». Bref, ce serait l'effondrement de l'UE à peu de frais.