Reprise des discussions entre les USA et les taliban afghans

Par
Des représentants des taliban afghans ont mené de nouvelles discussions avec une délégation américaine mercredi au Qatar, alors que le gouvernement afghan avait réuni une assemblée traditionnelle à Kaboul pour défendre ses intérêts dans un éventuel accord de paix.
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

KABOUL (Reuters) - Des représentants des taliban afghans ont mené de nouvelles discussions avec une délégation américaine mercredi au Qatar, alors que le gouvernement afghan avait réuni une assemblée traditionnelle à Kaboul pour défendre ses intérêts dans un éventuel accord de paix.

Les taliban ont annoncé dans un communiqué que leur principal négociateur, Mullah Abdul Ghani Baradar, s'était entretenu avec l'émissaire américain pour l'Afghanistan, Zalmay Khalilzad.

"Ils ont échangé leurs points de vue sur les principaux aspects d'une résolution pacifique de la question afghane", a déclaré à Reuters le porte-parole du mouvement islamiste, Zabihullah Mujahid.

Il s'agit de la sixième série de pourparlers entre les taliban et les Américains depuis octobre dernier.

Zalmay Khalilzad cherche à obtenir de ses interlocuteurs la proclamation d'un cessez-le-feu susceptible d'ouvrir la voie à un désengagement des Etats-Unis, appelé de ses voeux par Donald Trump.

Les taliban réclament quant à eux le retrait des 14.000 militaires américains toujours présents en Afghanistan dans le cadre de la mission Resolute Support de l'Otan.

"Il est absolument vital que les deux points clés - retrait total des forces étrangères et assurance que l'Afghanistan ne constituera pas une menace pour d'autres - soient finalisés", a insisté Zabihullah Mujahid.

Les discussions ont permis fin janvier l'élaboration d'un projet d'accord qui fixe une échéance pour le retrait des forces étrangères en échange de l'assurance que le territoire afghan ne sera pas utilisé pour commettre des actes terroristes à l'étranger.

Mais les négociations semblent avoir peu progressé depuis, les taliban refusant notamment tout contact avec le gouvernement afghan, qu'ils jugent aux ordres des Etats-Unis.

Pour tenter de s'imposer comme interlocuteur légitime dans les discussions de paix, le président afghan Ashraf Ghani a convoqué cette semaine une Loya Jirga ("grande assemblée") rassemblant 3.200 chefs de tribu, personnalités publiques et dignitaires religieux.

L'opposition et les partisans de l'ancien président Hamid Karzaï boycottent cependant l'événement, qu'ils voient comme un moyen pour Ashraf Ghani d'asseoir son autorité en vue de l'élection présidentielle prévue à l'automne.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale