Les expulsés maliens racontent l’enfer des prisons libyennes

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A Bamako, des migrants maliens expulsés de Tripoli témoignent des conditions de détention dégradantes et arbitraires en Libye. Frappés et assoiffés par leurs geôliers, enfermés plusieurs mois, ils n'ont vu ni avocat, ni association. Aucun d'entre eux n'avait l'intention de traverser la Méditerranée pour aller en Europe. Mais Kadhafi joue le rôle de garde-frontière assigné par l'UE.

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Expérience radiophonique mémorable dans les locaux dépouillés de l'Association malienne des expulsés (AME). D'un coup, la connexion est établie. Un prisonnier malien parle en direct des geôles libyennes sur deux radios locales de Bamako, Kayira et Djekafo. Enfermé depuis novembre 2009, il raconte les coups, les diarrhées, l'absence totale de droits, l'humiliation. En ligne sur son téléphone portable, à l'écart des gardiens, il s'exprime en bambara, une femme me traduit à l'oreille, ça grésille.