La polémique enfle entre Trump et la famille d'un soldat mort en Irak

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La polémique s'est poursuivie ce week-end aux Etats-Unis entre Donald Trump et les parents d'un soldat américain mort en Irak qui ont déclaré lors de la convention démocrate qu'il « n'avait jamais sacrifié quoi que ce soit », le candidat républicain suscitant une forme de malaise jusque dans les rangs de son propre parti.

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WASHINGTON, 31 juillet (Reuters) - La polémique s'est poursuivie ce week-end aux Etats-Unis entre Donald Trump et les parents d'un soldat américain mort en Irak qui ont déclaré lors de la convention démocrate qu'il « n'avait jamais sacrifié quoi que ce soit », le candidat républicain suscitant une forme de malaise jusque dans les rangs de son propre parti.

Khizr Khan, un citoyen américain d'origine pakistanaise et de confession musulmane, a ému les délégués démocrates et les téléspectateurs lorsqu'il s'est exprimé jeudi à la tribune de la convention de Philadelphie, évoquant son fils, le capitaine Humayun Khan, tué en Irak en 2004 par l'explosion d'une bombe.

Il a ensuite attaqué Donald Trump sur sa proposition d'interdire temporairement aux musulmans d'entrer sur le sol américain et a demandé si l'homme d'affaire avait jamais lu la constitution avant d'en brandir un exemplaire de proposer de lui prêter.

Le magnat de l'immobilier a répliqué samedi en réfutant les accusations portées contre lui par le père et en s'interrogeant sur le silence de la mère. « Je pense que j'ai fait beaucoup de sacrifices », a déclaré Donald Trump sur ABC News. « J'ai travaillé très, très dur. »

« L'équipe de campagne d'Hillary lui a-t-elle écrit son discours », s'est-il interrogé, avant d'ajouter qu'il avait consenti d'énormes sacrifices en employant des milliers de personnes et en levant des « millions de dollars » pour les anciens combattants.

Khizr Khan a été « très émouvant et c'est sans doute un chic type », a ajouté le candidat républicain avant de s'interroger sur le silence de l'épouse du père du soldat américain, présente à ses côtés à la tribune. « Elle se tenait là, elle n'avait rien n'à dire, peut-être que... peut-être qu'elle n'était pas autorisée à dire quoi que ce soit, me direz-vous », a dit Donald Trump.

Ghazala Khan avait déclaré vendredi sur MSNBC qu'elle avait décidé de ne pas prendre la parole parce qu'elle ne pouvait toujours pas accepter de voir la moindre photo de son fils.

Dans une tribune publiée dimanche par le Washington Post, elle a directement répondu à Trump en expliquant qu'elle ne s'était pas exprimée devant la convention démocratique parce que la perte de son fils était encore trop douloureuse. « Donald Trump a dit que je n'avais peut-être pas été autorisée à dire quoi que ce soit. C'est faux », écrit-elle. « Lorsque Donald Trump parle de l'islam, c'est un ignorant », ajoute-t-elle.

Son mari a de son côté expliqué au New York Times que l'équipe de campagne de Clinton lui avait proposé de l'aide et du soutien pour son discours. « J'ai répondu: “je n'en ai vraiment pas besoin. J'ai tout en tête. (...) Laissez-moi dire ce que je veux. Je parlerai avec mon cœur”. »

Dans le camp républicain, la décision de Trump de répliquer à la famille de ce soldat mort en Irak ne fait pas l'unanimité. Mitch McConnell, le chef de file de la majorité républicaine au Sénat, a qualifié dimanche le défunt capitaine Khan de « héros de l'Amérique » et a ajouté que la proposition de Trump d'interdire provisoirement le territoire des Etats-Unis aux musulmans ne correspondaient pas aux valeurs américaines. « Je conviens avec les (Khan) et des familles de tout le pays qu'une interdiction de voyager à tous les membres d'une religion est tout simplement contraire aux valeurs de l'Amérique »écrit-il dans un communiqué.

Paul Ryan, le président républicain de la Chambre des représentants, a réaffirmé lui qu' « un test religieux pourpouvoir entrer dans notre pays ne reflétait pas les valeurs fondamentales » des Etats-Unis. « De nombreux Américains musulmans ont servi vaillamment dans les rangs de notre armée et ont fait le sacrifice ultime. Le capitaine Khan était l'un de ces exemples de courage. Son sacrifice - et celui de Khizr et de Ghazala Khan - doit être honoré à jamais. Point », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Ana Navarro, spécialiste électorale au Parti républicain et chroniqueuse sur CNN, a estimé elle que les attaques du candidat du Grand Old Party contre la famille Khan étaient « grossières »« Quand je me dis que Trump ne peut pas être plus abruti, il me donne tort », a ajouté sur son compte Twitter cette ancienne conseillère de John McCain, candidat républicain en 2008.

Lors d'un rassemblement organisé samedi soir dans l'Ohio, Hillary Clinton a affirmé elle que la famille Khan, et les musulmans dans leur ensemble, étaient les derniers d'une longue liste de personnes visées par les insultes de Trump, rappelant les nombreux dérapages de ce dernier.

La candidate démocrate avait déclaré plus tôt dans un communiqué avoir « été très émue de voir Ghazala Khan se tenir courageusement (au côté de son époux) et avec dignité jeudi soir. (...) Et avoir été très émue de l'entendre la nuit dernière, courageusement et avec dignité, évoquer la vie de son fils et le sacrifice ultime qu'il a fait pour son pays. »

Tentant de changer de sujet, Trump, qui n'a jamais occupé de fonctions électives, a rappelé dimanche sur Twitter que Clinton avait voté pour l'intervention militaire de 2003 en Irak. 

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