Du Niger à la Guinée, le ras-le-bol des «routes fantômes»

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Au Niger et au Mali, envoyé spécial.– « Même les moutons ne traversent pas ici. » Le conducteur rit de sa blague en jouant du volant sur une route où semble s’être abattue une pluie de météorites. Sur le siège passager, Issa Diawara voit défiler les collines de Kati à l’allure d’un escargot. « La route est tellement impraticable que certains camions entrent dans les quartiers », raconte le jeune professeur de lettres. En sens inverse, la file de poids lourds soulève une poussière rouge qui ne retombe jamais. Les véhicules viennent du Sénégal et de la Mauritanie, deux débouchés maritimes essentiels pour un Mali enclavé. Pourtant, de Kati jusqu’à Kayes, la grande ville de l’Ouest malien, la route nationale 3 est une punition.