En Arménie, Pachinian suspend sa campagne de désobéissance civile

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Le chef de l'opposition arménienne, Nikol Pachinian, a annoncé la suspension pour la journée de jeudi du mouvement de contestation qu'il mène en Arménie, afin de prendre le temps de discuter avec le parti au pouvoir de sa nomination comme Premier ministre.
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EREVAN (Reuters) - Le chef de l'opposition arménienne, Nikol Pachinian, a annoncé la suspension pour la journée de jeudi du mouvement de contestation qu'il mène en Arménie, afin de prendre le temps de discuter avec le parti au pouvoir de sa nomination comme Premier ministre.

Nikol Pachinian a lancé mercredi une vaste campagne de désobéissance civile au lendemain du rejet par le Parlement de sa candidature à la tête du gouvernement.

Mais de nouvelles déclarations du Parti républicain, laissant entendre que les députés du parti au pouvoir pourrait finalement voter en sa faveur, l'ont persuadé de laisser du temps à la négociation.

Toute la journée de mercredi, les partisans de l'opposant ont bloqué à son appel de nombreuses routes du pays, dont les principales artères de la capitale, Erevan.

Les manifestants ont disposé des véhicules et des poubelles au travers des grandes rues de la capitale et d'autres villes. A la nuit tombée, les barrages ont cependant été levés jusqu'à jeudi matin à la demande de Nikol Pachinian pour éviter tout incident.

Le Parlement arménien votera de nouveau le 8 mai pour tenter de désigner un nouveau Premier ministre, a fait savoir son service de presse. Deux tours de scrutin sont programmés. En cas d'échec, l'Arménie ira à des élections législatives anticipées.

Le président de la République, Armen Sarkissian, et le Premier ministre par intérim, Karen Karapetian, ont tous deux réclamé mercredi l'ouverture de négociations.

"Je regrette profondément la poursuite de la crise politique alors que tout le monde sait combien elle est dangereuse pour le pays", a dit le chef de l'Etat, qui a appelé à des négociations cette semaine.

DÉMISSION D'UN MINISTRE

Le ministre de la culture par intérim, Armen Arminian, a démissionné mercredi après avoir reçu les protestataires au ministère, a annoncé sa porte-parole.

Des policiers ont tenté de persuader les manifestants de rouvrir les routes mais n'ont pas eu recours à la force.

Nikol Pachinian, ancien journaliste devenu député en 2012, a pris la tête de la contestation à l'origine de la démission du Premier ministre et ancien président Serge Sarkissian le 23 avril dernier après onze jours de manifestations.

Il présente son élection au poste de Premier ministre par intérim comme le seul moyen de sortir de la crise qui secoue le pays depuis près de trois semaines. Mais sa candidature n'a obtenu mardi que 45 voix sur 105 à l'Assemblée nationale, le parlement monocaméral, contrôlé par le Parti républicain de Sarkissian (58 élus).

L'Arménie, dont les relations avec l'Azerbaïdjan voisin demeurent conflictuelles, est proche de Moscou et héberge plusieurs bases militaires russes.

Le Kremlin suit avec attention l'évolution de la situation dans ce pays de trois millions d'habitants, qui n'est pas sans rappeler les exemples de la Géorgie et de l'Ukraine, où des soulèvements populaires ont porté au pouvoir des dirigeants qui ont sorti leurs pays de l'orbite de Moscou.

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